Tâche sur la nappe

je ne sais pas pour vous mais je n’ai jamais compris en quoi l’informatique simplifiait la vie ou était un outil de progrès. Aussi loin que je me souvienne, les ordinateurs c’est avant tout des câbles, des nappes, des cartes et un énorme tas de poussière.

C’est surtout un défi de tous les jours pour comprendre comment installer un bidule qu’on branche dans un machin pour faire marcher un bitonio.

exemple de base et historiquement véridique : les nappes IDE

Dans un temps reculé, les disques durs (d’une capacité monstrueuse de 80 Mo) et autres lecteurs/graveurs CD était reliés à la carte mère via une nappe.  Cet objet est un ensemble de fils (40 ou 80) gainés reliés à plat d’une longueur certaine (au minimum 50 cm). A chaque extrémité, des connecteurs s’enfichait sur la carte mère ou les unités de stockage, un petit détrompeur permettant d’éviter de se planter de sens. Je crois me souvenir que le fil d’un côté de la nappe arborait une couleur différente.

Certaines nappes avaient un connecteur intermédiaire permettant de brancher un second appareil sur la même nappe.

Un PC bien rangé, la rançon du succès

malgré tout ce luxe de raffinements et de prévention, l’installation était un joyeux bordel.

Un bon PC de l’époque avait besoin de 3 ports IDE : pour le disque dur, pour le lecteur cd-rom et pour le graveur de cd (c’était il y  longtemps je vous dis)

Là une question devrait vous effleurer l’esprit : pourquoi avoir un lecteur et un graveur de cd-rom puisque ce dernier peut faire lecteur? Parce qu’on considérait qu’utiliser le graveur comme lecteur abimait l’appareil et qu’il fallait uniquement le réserver à un usage de copie !! Quelle était la valeur réelle d’une telle affirmation, je ne sais pas. mais dans le doute on se conformait au dogme.

Résumons la situation : 3 appareils et deux connecteurs sur la carte mère, ce qui ne donne pas d’autres choix que de caser 1 mètre de nappes au forceps dans un boitier métalliques déjà pas mal occupé en évitant qu’elles se prennent dans les ventilos.

 

Spécial Gros doigt

Il est temps d’introduire un nouveau concept pas du tout perturbant pour arranger ce joyeux merdier : le maître et l’esclave. Ces termes, qui ne doivent rien à Hegel dans ce cas précis, permettaient de distinguer qui sur la nappe était le chef de l’autre. Techniquement parlant, on positionnait sur les appareils des petits cavaliers (un peu comme les fusibles de voitures) pour décider qui était qui. Ces cavaliers avaient la bonne idée d’être petit et de se loger dans des endroits peu accessibles Une fois sur deux, on se trouvaient à quatre pattes à le chercher après qu’il ait glissé entre nos gros doigts.

mais le plus pénible à ce stade n’était pas le branchement lui même mais l’ordre de branchement. Qui doit être maître ou esclave?  Le disque dur avec le lecteur, le lecteur avec le graveur, le disque dur seul… Inutile de chercher de l’aide sur Internet où chaque paroisse avait sa théorie. Une simple recherche sur Google vous en convaincra.

Pour peu qu’une solution ai trouvé un écho favorable, il y a une chance sur deux pour que les nappes se retrouvent avec un gros noeud au milieu.

Pour conclure en beauté , il ne restait plus qu’à relier le lecteur cd à la carte son 8 bits grâce à un autre fil d’une longueur conséquente pour avoir le plaisir d’écouter les copies légales de nos cd musicaux préférés.

Et là, fébrile, vous allumiez votre PC, tout fier de votre maîtrise de la techenologie pour vous manger un message d’erreur genre « no boot partition » pour bien vous faire comprendre que Maître et Esclave, c’est pas votre philosophie.

 

mais bon, bien sûr tout est largement plus simple maintenant….

 

 

 

 

 

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