Archives de catégorie : Livre

Les univers parallèles

Univers parallèles , Du géocentrisme au multivers

Tobias Hurter, Max Rauner

CNRS Editions


Voici un livre que j’avais commencé il y a deux semaines sans dépasser la quarantième page. Il a fallu un après midi pluvieux pour que je le finisse.

Comme je l’ai déclaré dans la critique de « A Scanner Darkly« , ce week-end a vraiment été l’occasion de réfléchir sur la notion de réalité.

Ce livre, acheté un peu au pif, est un très ouvrage de vulgarisation scientifique. Construit comme une enquête policière à charge et à décharge, Il nous relate l’histoire de la cosmologie depuis la plus haute antiquité avec ses dogmes, ses précurseurs, ses combats et ses interrogations. Si, comme l’indique la couverture, le sujet reste la notion d’univers parallèles, les auteurs relatent avec talent les chemins sinueux de la science pour aborder le sujet.

Les univers parallèles ne sont pas une invention récente. Leur hypothèse a été abordée à chaque période de l’histoire humaine par quelques penseurs éclairés : Lucrèce, Giordano Bruno, Spinoza et bien d’autres ont émis l’idée de mondes divers et variés. L’idée d’une création multiple si elle ne remet pas en cause les dogmes de l’église a plutôt mal été accueilli par le clergé qui préféra conserver l’idée géocentriste de l’univers. Mais siècle après siècle, les coups de butoir du rationalisme scientifique eurent raison de la vision ptoléméenne de l’univers : Copernic, Kepler, Newton érigèrent les règles constitutives de l’astronomie « moderne » (avec une certaine réticence religieuse de ces auteurs).

Ne restaient plus qu’à faire tomber d’autres murs comme l’idée d’un univers fini et immuable, ce que fit le 20ème siècle avec Hubble, Gamow et bien d’autres qui démontrèrent le Big Bang, l’expansion de l’Univers et l’accélération de celle-ci.

 

Malgré ces progrès fantastiques, les scientifiques butent dorénavant sur d’autres problèmes physiques voir métaphysique : pourquoi l’Univers est-il ainsi et pas autrement ?, comment expliquer qu’on ne trouve pas l’énergie ou la matière nécessaire à la validation des théories (les fameuses matières et énergies noires), pourquoi la théorie des cordes sensée être le pont entre l’infiniment grand et l’infiniment petit ne fait que compliquer le problème (10500 possibilités)?

C’est dans ces conditions que les univers parallèles ont retrouvé leur attrait pour expliquer l’inexplicable (et permettre comble du luxe de se passer de créateur). Bien entendu, il faut s’étendre sur les définitions et les auteurs s’y emploient judicieusement.

4 niveaux sont potentiellement théorisables :

le niveau 1 : L’univers est infini et donc assez vaste pour contenir en son sein une combinaison infinie de même représentation. Plusieurs terres, soleils cohabitent ici et là en variances infinies. Les lois physiques sont les mêmes pour tous.

le niveau 2 : Les univers cohabitent ensemble comme des bulles de savon dans un bain moussant : ils naissent, gonflent et éclatent à des rythmes différents. La différence vient que les règles physiques varient d’un univers à l’autre.

le niveau 3 : on passe d’un espace physique à un espace de configuration mathématique. Faisant appel aux fondements de la théorie quantique, chaque univers nait d’un état de superposition d’événements probables. On retrouvera avec plaisir le chat de Schrodïnger dans cette aventure ainsi qu’un physicien nommé Hugh Everett, père du chanteur du groupe Eels.

le niveau 4 : c’est celui où tout ce qui est imaginable est envisageable comme le fait que l’univers connu ne soit qu’une énorme simulation informatique (ça me rappelle quelque chose).

 

Si toutes ces théories et approches ont un intérêt certain, elles se heurtent malheureusement à l’impossibilité de leur vérification par l’expérimentation. Cette ambiguïté fit que l’on s’en référa à l’anthropisme : l’univers existe tel quel car nous ne serions pas là pour l’observer.

 

Au final, c’est un livre passionnant, très instructif, jamais obscur et qui donne à réfléchir : 8/10

 

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La saga des sept soleils

La saga des sept soleils

de Kevin Anderson


Pourquoi se cogner 3500 pages de Space opéra indigeste alors qu’on sent que ça va va pas voler haut (ce qui est contradictoire dans l’espace) dès le premier tome.

Depuis 2008, j’ai acheté chaque volume en ressassant à chaque fois les mêmes critiques :

L’histoire n’est franchement pas originale :on a des sensations de déjà vu de bout en bout : Une civilisation terrienne expansionniste, une civilisation extraterrestre raffinée mais décadente, des supers aliens élémentaux, des combats en veux tu en voilà.

– Le style est lourd : Autant de personnages que dans un annuaire téléphonique, des chapitres trop courts à l’infini, des caractères caricaturaux à l’extrême, des réparties catastrophiques digne de Blek le Rok

 – L’intrigue a été construite au fur et à mesure et on sent bien que l’auteur ne savait pas vraiment où il allait.

Conclusion : plus que du Space Opéra, voici du Soap Opéra. C’est un savant mélange de « plus belle la vie » et de Côte Ouest. On ne peut rêver pire pour faire penser que la Science Fiction est une littérature d’arriérés. Tiens, pour bien enfoncer le clou, même Bernard Werber écrit mieux.

 

Alors Pourquoi?

– Parce qu’ayant acheté le premier tome, je me suis senti obligé d’aller jusqu’au bout.

– Parce que c’est pratique à bouquiner avant de pieuter, dans un hamac où dans tout autre lieu où l’on a envie de lire vite sans avoir besoin d’une concentration extrême.

– Parce que j’ai voulu croire jusqu’au bout que ça s’améliorerait

– Parce je suis assez curieux pour me demander comment une histoire chiante finie.

 

A moins d’aimer les histoires vues et revues mais dans l’espace au lieu d’un ranch au Texas, passez votre chemin.

Et j’achève par un 2/10 !!

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Tchou Tchou

De temps en temps, mon fiston ramène des livres de l’école. En général, on lui lit l’histoire en prélude au « bonne nuit, dors bien, chht, je ne veux plus t’entendre, TU FAIS DODO !!!!!« .

Selon l’ouvrage, on rame plus ou moins :

– S’il est court, genre une illustration par page, un mot écrit en très gros et 5 feuilles, il faut broder sec pour rendre ça intéressant aussi bien pour l’enfant que pour le parent.

– S’il est long, c’est d’autant plus pénible si c’est ennuyeux ou si l’histoire traine en longueur à cause des « mais pourquoi? » à répétition du gamin.

 

Comme il ne sait pas lire, on peut gruger en disant n’importe quoi pour aller plus vite. Mais avec l’âge, il est devenu méfiant et plus malin. Il sait repérer des mots que j’aurais pu discrètement oublier. Autre méthode qu’il applique dernièrement : obligation de lire avec le doigt qui suit le texte comme une espèce de karaoké mais en slam.

 

Tout ça pour dire que dans la masse des histoires lénifiantes et cucul, une petite exception s’est glissée dernièrement.

Il s’agit du livre Tchou-Tchou d’une artiste japonaise Naokata Mase. Nous y suivons les pérégrinations d’un petit train à travers le Japon : forêts, plage, montagnes enneigées sont autant de paysages qui sont traversés avec luxe de détail et de raffinement. Chacune de ces fresques est ponctuée par un passage dans un tunnel sombre où les passagers du train rit, mange et s’agite. Des découpes dans les pages simulent une vraie entrée et sortie du tunnel vers les pages de paysage.

Le trait rappelle à la fois la famille Yamada pour les petits personnages et les estampes japonaises pour les dessins.

Le texte en lui même est très discret et ne fait qu’orienter le lecteur vers le plaisir de la découverte dans les petits détails qui parsèment les dessins.

 

 

 

D’autres ouvrages ont été édités en France :

Fonce petit train

Tut Tut C’est Noël

Voilà le facteur

et Pin Pon

 

 

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Les Enfers Virtuels de Iain Mc Banks

Les Enfers virtuels de Iain Mc Banks

Robert Laffont

En deux tomes pour des raisons d’édition : Il faut lire les deux livres l’un à la suite de l’autre.


Mais quel plaisir de lire ce genre de livres après un Greg Bear si éprouvant.

Nous voici revenu dans la Culture, cette civilisation hédoniste et anarchiste où les humains vivent dans l’insouciance sous l’oeil bienveillant d’Intelligences artificielles, les Mentaux.

 

Pourtant, dans cet ouvrage, nous sommes plus mêlés à des races hors culture plus ou moins avancées technologiquement.

Ce livre qui paraît très linéaire de prime abord nous permet d’appréhender pas mal de questionnements : l’opposition réel/virtuel, la moralité des nos actes ou tout simplement la notion de pérennité de la conscience.

Ce qui frappe avant tout, c’est que les simples individus dont nous suivons les histoires sont totalement soumis aux forces gigantesques qui façonnent les sociétés. Ballotés, utilisés , ils ne sont là que pour être témoins des combats violents et des manoeuvres d’échiquiers inter galactiques.

Le combat qui sert ici de fil conducteur sont les enfers virtuels. Dans ce futur lointain, la mort a été vaincue technologiquement. Chaque individu peut choisir d’être téléchargé dans un substrat virtuel où il passera l’éternité s’il le désire. Les individus sont équipés de lacis neural qui leur permet de se sauvegarder en temps réel et d’éviter ainsi l’oblitération en cas de mort subite.

Mais cette disparition de la mort qui justifierai à elle seule la disparition de la religion embarrasse certaines civilisations pour qui la morale ne peut reposer que sur celle-ci et notamment son au-delà le plus tragique : L’Enfer. Si celui-ci n’existait plus, ce serait la fin de la cohésion sociale, les gens n’étant plus soumis à un jugement dernier.

On retrouve ici l’argument comme quoi il n’existe pas de morale en dehors de l’existence de la religion. Les chapitres qui décrivent ces enfers n’ont rien à envier à des peintures de Jérome Bosch. Les tortures et supplices décrits dans le livre sont d’un raffinement extrême où chaque individu broyé, dépecé, brulé vit une éternité de supplice pour le « bien » d’une société bien réelle.

Cette pratique est la cause d’une guerre larvée entre Pro et anti enfers au travers d’autres univers virtuels où des soldats désincarnés se battent sous divers formes. Les Antis, sentant qu’ils sont en passe de perdre la bataille joue leur va-tout en essayant de déplacer le conflit dans le réel et d’annihiler physiquement les lieux de stockage de ces enfers.

Au milieu de ce cauchemar, nous suivons le destin d’individus qui sont plus des pions qu’autre chose.

Lededje Y’brecq, est une esclave d’un richissime homme d’affaires, Veppers, de l’Habilitement Sichultien. Marquée à vie par des tatouages complexes, elle est un paiement pour dette d’une famille déchue. Egocentrique, violent et tyran sans bornes, Veppers traite Lededje pour ce qu’elle est : un objet de luxe, symbole de sa puissance. Ne supportant plus d’être violée et maltraitée, Lededje s’enfuit mais est rattrapée et tuée. Mystérieusement elle se retrouve ressuscitée à bord d’un vaisseau monde de la Culture, le VSG Sens dans la Démence, Esprit parmi la Folie. Saisissant cette chance et les possibilités infinies de son protecteur, elle cherche par tous les moyens à retourner chez elle pour tuer Veppers.

Vatueil fait partie de ses soldats tués et ressuscités maintes fois dans ces guerres entre Antis et Pros Enfer dans des mondes désincarnés et délirants. Réduits à sa plus simple essence, Vatueil n’arrive plus à savoir ce qui reste de réel en lui.

Yime Nsokyi travaille pour la Culture, dans le cadre de Contact et plus précisément de Quiétus, la branche chargée de gérer les relations avec les mondes virtuels. Craignant un embrasement du conflit, elle est envoyerenquêter à la frontière d’autres civilisations , le Reliquariat de Nauptre (pro enfers) et la Fédération Culturelle Géseptienne-Fardésile. Celles-ci contrôlent le Disque Tsungariel, une espèce de conglomérat de « Fabricaria » pouvant construire rapidement des centaines de millions de vaisseaux spatiaux. RDN, FCGF, Sichultien, tous tentent de tirer profit du conflit pour gravir des échelons dans l’échelle galactique.

Prin et Chay, deux Pavuléens ont volontairement rejoint l’Enfer de leur monde pour témoigner des atrocités qui y sont faites.

 

Moralité : tout le livre tourne autour de ce concept.

Une société peut elle être morale sans l’existencet d’un châtiment post Mortem?

Peut-on juger de la moralité d’une autre société sans être taxé d’ethnocentrisme. Pouvons nous de même intervenir si cela entraine des entorses à notre propre morale. Bizarrement, la récente polémique sur les civilisations qui secouent le cénacle politique trouve un écho dans ce livre

 

Autre moment fort abordé dans ce livre: qu’est ce qui fait l’essence de notre personnalité?

Personnage sauvegardé, ressuscité, transformé, amélioré, dupliqué, que reste t-il de l’essence même de l’individu? Malgré toute ces prouesses technologiques, la mort est toujours présente. Un individu qui ressuscite n’est pas le même qui celui qui meurt.

 

En fait, les personnages les plus humains de ce livre sont les mentaux des vaisseaux spatiaux, notamment Demeister, l’avatar du « En Dehors des Contraintes Morales Habituelles« . Excentrique, gamin, énervant, disposant d’une force capable de balayer des armadas entières, il reste quand même un vaisseau de la Culture qui cache sous une fausse nonchalance, les visées interventionnistes de notre super civilisation.

Vous l’aurez compris, c’est un très bon roman, formidablement bien écrit, lisible et fluide et plein d’humour. Sous son côté Space Opéra, c’est un formidable moment de réflexion

Et paf :  8/10

 

 

 

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La cité à la fin des temps

La cité à la fin des temps

Greg Bear

Editions Bragelonne

 

 

 


J’ai enfin fini le livre !!!

Commencée exactement le 14 novembre 2011, la lecture de ce livre a été un véritable parcours du combattant, quasiment une souffrance.

Je ne sais pas si cela vous ai déjà arrivé : vous lisez un livre, les phrases s’enchainent, l’intrigues se met en place. Et pourtant, malgré toute la concentration du monde, vous ne comprenez rien à rien !!! Les chapitres s’enchainent et vous espérez tant bien que mal qu’à un moment du livre tout deviendra limpide.

Et bien non !!! Arrivé au milieu du livre, rien n’y fait, j’étais toujours à la traine pour comprendre la logique et les aboutissements.

Toutes les descriptions apportées par l’auteur ne m’ont jamais permis de me raccrocher à un semblant de réalité me permettant de souffler un peu : tout est très abstrait ou englué dans un discours ésotérico-scientifique indigeste. on a beau chercher le mode d’emploi à la fin, on erre complètement paumé. Pourtant l’auteur dans sa grande magnanimité a fourni en début d’ouvrage un plan de la dite cité mais je n’ai jamais pu rapprocher cet élément factuel de ce que je pouvais lire.

A ce moment, vous commencez à douter de votre intelligence : suis-je trop bête pour comprendre? D’autant plus qu’on se sent malgré tout saisi par le texte mais sans bien comprendre pourquoi. Je me suis retrouvé à l’époque de la Terminale en train de rédiger une dissertation de philosophie, alignant des mots que je ne comprenais pas mais qui semblait si emprunt de pouvoir et de justesse : « transcendant », « métaphysique », « ontologique ». Je n’étais pas digne de ce texte exclu d’une herméneutique réservée à plus scientistes que moi.

Autre possibilité : le livre est nul, mal écrit ou pensé par une personne trop impressionniste. Cette possibilité n’est pas à écarter sachant que Greg Bear a toujours pondu des livres difficiles d’accès à toute personne ne possédant  pas un certain bagage culturel (on parle de hard science). Je m’étais bien cassé les dents sur sa trilogie des Eons. Greg Bear a par contre toujours eu le souci de l’originalité et c’est ce qui m’a poussé à lire son dernier livre.

L’erreur que j’ai surtout commise en lisant est de l’avoir pris pour un livre de science fiction alors qu’il est tout autant un livre mythologique, ésotérique et finalement eschatologique.

Mais qu’en est-il de l’histoire?

Elle dans l’Histoire, dans les histoires et hors du temps.

Deux endroits pour le lieux de tous les affrontements :

Le futur le plus éloigné qu’on puisse imaginer (genre 100 mille milliards d’années dans le futur) : la civilisation terrienne après avoir atteint son apogée et conquis l’univers se retrouvent à survivre cernée par le chaos dans la cité de la Kalpa. Ce chaos (appelé aussi Typhon) s’est nourri de la structure de l’Univers l’émiettant en lambeaux putrides, tordant la réalité dans un maelstrom infernal . Détruisant tout sur son passage, l’univers n’existe plus et la seule réalité persistante réside en cette cité assiégée. A l’intérieur, les derniers descendants de l’humanité résistent grâce à des générateurs de réalité :  les Eidolons,sorte de hautes castes,constituées de matières Noötiques (de purs esprits), les modeleurs et les soigneurs (caste intermédiaire) et le peuple des gradins, la basse caste constituée de matière primordiale. Un personnage à part hante cette cité : le bibliothécaire qui par le passé (genre quelques millions d’années) a sauvé la cité du chaos. celle ci semble immense, bien qu’on a du mal à l’appréhender à travers le livre. Elle semble toute entière construites de vestiges de l’histoire de l’humanité.

Le presque présent où nous suivons deux paumés, Jack et Ginny, connectés avec des habitant de la cité.  à travers leurs rêves. Ces « changeurs de destin » sont capables de glisser d’une réalité vers une autre pour trouver refuge. Des pierres bizarres, les messagers, les suivent inexorablement à travers ces mondes. On croise aussi Daniel, qui lui ne rêve pas et se balade de la même manière. A chaque fois il sont traqués par de sinistres individus qui tentent de s’emparer d’eux pour le compte d’une mystérieuse entité malfaisante, la princesse de craie.

Mais ces deux mondes si éloignés vont bientôt se rapprocher quand le chaos repus du futur va commencer à dévorer le passé.

Plusieurs constats :

Tout d’abord c’est ouvrage relève plus du fantastique que de la science-fiction. L’histoire balayée est tellement vaste qu’elle dépasse notre entendement et la plupart du temps celle des protagonistes du livre : Comment comprendre des humains ou des civilisations de 10 billions d’année dans le futur. Même les deux jeunes personnages de la Kalpa maintenus dans l’ignorance sont ballotés par les événements.

Il me manquait une grille de lecture que je n’ai compris qu’à la fin de ma lecture : l’histoire s’appuie largement sur la cosmogonie hindouiste et de sa relation avec le temps et la fin de celui-ci. Pour preuve, la cité du futur prend le nom de Kalpa qui est une unité védique durant 4 milliards d’années. L’intrusion de Bhramâ (le dormeur) dans l’histoire renforce l’idée que toute l’histoire est en fait basée sur la légende ce dieu créateur dont la vie correspond peu ou prou à la fin de l’univers dans ce livre.

Mais au final de l’histoire, c’est le livre qui est remis au centre de l’histoire et la réalité de l’homme. C’est le livre qui est le tenant de notre réalité en perpétuant la mémoire. Tout au long de l’histoire, les personnages se heurtent à l’altérité du texte dans les ouvrages qui se délitent au fur et à mesure que le chaos progresse. Mais face à ce dernier, seule la bibliothèque reste le dernier rempart.

Trop métaphysique, trop dense, trop abstrait, ce livre déçoit énormément d’autant plus quand on découvre au final qu’il touche à des sujets poétiques et mythologiques. Sans de solides connaissances du védisme et autres mystiques hindouistes, on passe complètement à côté

Dommage…

 

 

 

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Gentleman Lecteur

L’année 2012 commencera avec une très bonne nouvelle.

les oeuvres littéraires de maurice Leblanc tomberont dans le domaine public au 1er janvier 2012

Pour ceux qui ne le savent pas, c’est l’auteur des Aventures d’Arsène Lupin.

Si comme moi, vous avez adoré l’aiguille creuse, l’éclat d’obus et autres péripéties du Gentleman Cambrioleur, c’est l’occasion de redécouvrir l’ensemble de ses aventures à moindre frais

Alors dès les douze coups de minuit, rendez-vous sur Ebooks gratuits pour les récupérer.

Bon, selon l’avancée du réveillon, vous pouvez attendre quelques jours quand même…

 

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Alastair Reynolds : Janus

Alastair Reynolds : Janus

Bon disons le tout de go : j’ai été très très déçu par ce livre. J’avais particulièrement aimé la série des inhibiteurs mélange très réussi de hard science, d’horreur et d’une ambiance dégoulinante et suintante (je pense à Giger). Et depuis cette réussite magistrale, Reynolds ne signe que des oeuvres fades ou sans originalité. Après un « pluie du siècle » ratée, ce dernier livre rate tout :

– Une énième histoire de l’humanité confrontée à un artefact extra-terrestre planqué dans les système solaire (ici une lune de saturne).

– Un appel à de l’ingénierie sans saveur.

– Des longueurs, des longueurs, des longueurs…

– Quand vers la fin, ça commence enfin à bouger et qu’on s’approche d’un dénouement, on a droit qu’à une explication évasive en forme de pétard mouillé.

Pour parler de l’histoire : en 2057, Janus, satellite de Saturne, quitte son orbite pour une destination inconnue. Seul vaisseau capable de l’intercepter, le rockhopper se lance à sa poursuite. L’équipage dont la mission première est l’extraction de la glace des comètes devra prendre la cruelle décision de continuer sa mission au détriment d’un retour possible vers la terre. Cette aventure entraînera des tensions entre les protagonistes et notamment entre le capitaine Bella Lind et Svetlana, sa meilleure amie. L’aventure les obligera à survivre dans les conditions les plus extrêmes et traverser des millions d’années.

Un livre à éviter à tout prix. J’ai été soulagé de le finir.Lisez plutôt Diamond dogs, une petite histoire qui rapellera que Alaisair Reynolds a été un grand auteur de SF.

 

 

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I Bouse

Le lundi, j’ai pour habitude de pratiquer une petite balade digestive dans le centre commercial attenant au resto chinois où je mange. Cette balade est très formalisée

  1. Passage par le rayon bricolage/jardinage
  2. Arrêt au rayon librairie presse
  3. Pause au rayon traiteur pour écouter Dire Straits qui passe en boucle
  4. Final en fanfare au rayon multimédia pour vérifier si les disques durs sont bien rangés en taille de capacité.

Et Lundi dernier, pendant l’étape 2, je suis tombé par hasard sur ce livre :

Dont voici le résumé : La vie de Tom Harvey bascule du jour au lendemain, lorsqu’un iPhone lui  tombe sur le crâne du haut d’un immeuble et le plonge dans le coma. En  se réveillant, il découvre avec stupeur que des morceaux de l’appareil  sont restés incrustés dans son cerveau et lui permettent d’intercepter  des connexions Internet et téléphoniques. Ce « iPouvoir » inclut aussi  un champ de force électrique, sorte d’armure « iPeau », et la capacité  de délivrer des électrochocs paralysants.Lorsque Tom apprend que son  amie Lucy a été agressée par plusieurs membres du gang des « Corbeaux »,  qui terrorise toute la Cité, il décide d’agir.Pour punir les agresseurs  et combattre cette bande sans pitié, Tom va utiliser ses pouvoirs. Mais  pour cela, il doit gérer les deux personnalités qui sont en lui : « Tom  », le garçon sain et bienveillant et « iBoy », le super héros aux  désirs de pouvoirs implacables.Tom sera-t-il capable de cohabiter avec  l’ego impitoyable de l’iBoy ? Réussira-t il à trouver l’équilibre entre  faire le bien et faire justice soi-même ? Ce duel moral accompagnera  notre héros tout au long de ces aventures.La lente éclosion des  sentiments entre Tom et Lucy dans un contexte violent et inhospitalier,  l’intrusion du fantastique dans un monde ultra-contemporain, font d’iBoy  un concept original et un cocktail détonnant.Le styleUn ton simple et  direct, une écriture visuelle et forte, s'autorisant un réalisme cru  lors des scènes d'action.L’écriture, fluide et dynamique, est «  infiltrée » par l’univers et le vocabulaire technologique, comme les  pensées de Tom, rythmées par les logiciels qu’il télécharge dans son  cerveau.Les personnagesTom Harvey/iBoy : Tom est intelligent, loyal,  courageux et romantique. IBoy est attachant, orgueilleux, impulsif, et  dépassé par ses pouvoirs.Lucy : Belle, forte, courageuse, mais brisée  par l'agression qu’elle a subie, elle va aider Tom à affronter ses  démons tout en combattant les siens.Howard Ellman : sociopathe notoire,  il organise des trafics de drogue et sème la violence dans la Cité. Sa  noirceur grandit à mesure qu’iBoy le traque.

Bon c’est un peu long mais ça vaut son pesant de cacahouètes quand même non (et j’ai écrit petit pour que ce soit plus pénible encore) ?

Bon déjà, se prendre un iphone sur la tronche c’est déjà pas banal. Mais j’aimerais connaître l’hôpital qui vous laisse des bouts de composants dans le crâne. CA veut quand même dire que le choc a été assez violent pour lui défoncer la boite crânienne, et égratigner le cerveau. Passons sur la nocivité des composants électroniques d’une manière générale (mercure, arsenic, plomb), sur l’incompétence du chirurgien. Mais bon, un type qui dit qu’il a internet dans la tête suite à son accident, il finit en général dans une pièce capitonnée ou dans Secret Story.

Soyons bon public et imaginons que vrai de vrai, il peut téléphoner et accéder à internet. mais dans ce cas là qui est son fournisseur? Où insère t-il sa carte SIM? Comment navigue t-il ? En fermant les yeux, s’il voit un navigateur, est ce Explorer, Firefox, peut-il faire du FTP ou télécharger des divx? Autant de questions qui reste en suspens.

Avouons le : tout ado normalement constitué avec Internet dans la tête aurait une espérance de vie limitée : arrêt cardiaque au bout d’un mois non stop sur Youporn.

 

Et ensuite, c’est le festival du n’importe quoi : il a un champ de force, il peut envoyer une décharge électrique. Moi je veux bien. mais on dit pas qu’il est obligé de se balader avec une batterie de 12kg pour recharger ses accus.

 

Après Ça part sur des pseudos concept philosophiques (le bien ou le mal, ketchup ou mayonnaise), sur du verbiage marketing pour te dire que le style est fluide, le personnage attachant, de l’amour, un méchant très méchant. En langage plus clair, ça veut dire que c’est écrit gros, avec des mots simples, pleins de smileys et de kikoo lol pour que lecteur puisse le lire tout en regardant la télé.

 

Vous l’aurez compris, cher lecteur, je trouve ça atterrant, infantilisant et d’une médiocrité sans nom. Je ne l’ai pas lu et je ne le lirai pas. Les amateurs rétorqueront que c’est faile de critiquer quand on l’a pas lu et qu’en fait c’est super et même que bernard Werber a trouvé ça génial; Bin je n’ai pas besoin de lire le programme du Front national pour me faire à l’idée que ça va pas ma plaire. Certaine me rétorqueraient que là aussi… Bé ta Gueule !!!

Et pour finir de prouver que ce livre est une sombre merde, il suffit de dire que son blog est sur Skyrock.

Par contre on peut décliner à l’infini le concept :

  • un homme reçoit sur la tête une vache. En sortant du coma, il se rend compte qu’il fait du lait. Et quand il fait le poirier, un « meeeeeeeuh » sort de son ventre
  • un homme reçoit du Rouy sur la tête. En sortant du coma, il se rend compte qu’il a une haleine de chacal
  • un homme reçoit un piano sur la tête. en sortant du coma…. Ah bé non, il sort pas
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patate actu

j’ai un tel retard sur ce que je lis, fais, vois que je vais essayer de faire un condensé ici.

Bouquin :

J’ai enfin lu la suite de Spin de Robert-Charles Wilson, à savoir Axis. Comme d’habitude, nous avons plus à faire à un roman psychologique, lent et contemplatif. Pas de hard-science, de combat spatiaux, juste le croisement de différents destins. Ce n’est pas déplaisant mais pas transcendant non plus.

Film :

Je suis allé voir Tron Legacy et j’ai été agréablement surpris. Ce n’est pas révolutionnaire mais le scénario tient la route. L’esthétique en elle-même est très réussie. Mais je pense que ça ne peut intéresser que ceux qui ont aimé le premier sorti il y a moults temps.

Série :

Pour patienter jusqu’à la reprise de Breaking Bad, j’ai regardé de nouveau la série Twin Peaks. A part un petit côté vieillot, c’est toujours une très bonne série dont le côté décalé m’a encore plus séduit que lors de sa première diffusion. Par contre, il est vrai que la saison 2 traine en longueur.

J’en profite pour rattraper mon retard sur mes séries Geek préférées : Chuck puis Eurêka. C’est divertissant et sans prétention. Prochaine série dans la pile : Warehouse 13.

Une série pour laquelle j’ai de plus en plus de mal, c’est V. Mal joué, pas crédible : c’est à la limite du supportable.

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Son enfance, mon enfance

Tous le matins, mon fils regarde les dessins animés de France 5. Je n’ai rien contre, ils sont plutôt intelligents, éducatifs. L’un d’entre eux, Didou, raconte les tribulations d’un petit lapin qui nous fait découvrir les joies du dessins. C’est calme, colorés et en général, je fredonne le générique pendant mes premières heures de boulot.

Un jour, en regardant le générique, j’ai vu que ce dessin animé était inspiré d’une série de livres pour enfants dont l’auteur était Yves Got.

Ce nom ne m’était pas inconnu. Une petite recherche sur Internet a confirmé mon intuition. C’est bien l’auteur d’une bande dessinée : le Baron noir !!

Bon là attention, on ne doit pas être très nombreux à connaître cette série, pourtant excellent datant de la fin des années 70. En fait ces bds appartiennent à ma tante. Et je les lisais quand j’étais jeune quand on allait chez ma grand-mère. Je me souviens avoir trouvé ça génial, surtout après qu’on m’ait expliqué le sens caché.

Il s’agit d’une critique de la société Française durant la présidence Giscard. La société française est représentée sous les traits de tout un bestiaire animalier :

  • le baron noir : un prédateur sans scrupule représentant un capitaine d’industrie cynique
  • les hippopotames : la police passant leur journée à écraser des fourmis
  • les moutons : le peuple plus ou moins soumis (certains sont syndicalisés ou jeune rebelle)
  • un tatou : la police secrète (de mémoire)
  • un éléphant et une tortue : les intellectuels et les droits de l’hommiste comme qui dirait

les histoires souvent absurdes sont toujours porteurs de messages politiques ou philosophisues. Loin d’avoir vieilli, c’est encore plus d’actualité avec un sarkozisme qui rappelle un peu trop l’époque dirigiste pompidolienne-giscardienne.

je crois que l’ensemble des albums a été réédité en oeuvre complète et je me tate fortement pour les acheter.

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Onirique hunter : quatrième tome des notes de Boulet "Songe et mensonge"

La jalousie m’étreint à la lecture des albums de Boulet. Je parle de ses recueils qui font la compilation de ses notes sur son blog.  Cet individu fait ce que j’aurai rêvé de faire si j’avais le talent et la patience de le faire. Croquer le quotidien de ses états d’âme et du monde qui l’entoure. En plus ce saligaud  est grosso modo pourvu du même bagage d’influence que moi, d’un regard sur le monde pas si différent et un intérêt pour le rangement et le ménage aussi pitoyable que le mien

C’est toujours aussi agréable à lire, drôle, tendre, crétin, intelligent et porté par un trait aussi bien nerveux qu’appuyé. Ici et là, l’auteur s’essaie à d’autres styles plus réalistes ou plus 8 bits.

Aussitôt acheté, aussitôt lu. Obligé, ma femme est encore plus Fan de ce gars….. Et ça me rend encore plus jaloux 🙂

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L'EHPAD notre monde celui là!!!

J’ai encore cédé aux sirènes des têtes de gondole de Librairie.  Et allez savoir pourquoi, cela semble me réussir. Voilà un petit livre dont le titre résume à lui tout seul son contenu

Une fausse autobiographie du fils du président qu’on ne présente plus tant sa crinière blonde occupe les médias.

Cet ouvrage est excellent !!! Le style excelle dans l’exagération outrancière des tics de langage de cette famille si envahissante (« ni plus ni moins », « légitime », « moi je dis…. »), les variations sur la lettre de guy moquet en toute occasion.  mais c’est un aussi un décorticage complet du parcours de ce jeune prodige venu de la Cité Interdite Neuilly et catapulté vers autant d’aventures tournées en dérision : le théâtre, vendeur chez Darty, les élections municipales et bien sûr l’EHPAD.

Comme dans Tintin, ce sont aussi les personnages qui gravitent autour de lui qui sont truculents : Hortefeux jamais avare d’une blague raciste, Beson toujours à penser qu’il y a un plan de trahison derrière toute action, Pierre Charron, Lefêbvre (c), Bertrand et bien sûr Papa omniprésent Omni président !!!

Un très bon bouquin très rigolo et tellement vrai.

Un livre approuvé à 63 % !!  (*)

(*) Les sarkozy passent leur temps à voter en famille pour pendre des décisions avec un résultat statistique impossible (genre 63% avec deux votants)

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tête d'up Look

La semaine dernière, j’ai cédé aux sirènes commerciales d’une  promo télévisuelle au grand journal. Les auteurs du livre ci-contre sont venus présenter leur ouvrage. J’ai trouvé la promo assez nulle autant par le caractère tout aussi bâclé de cette émission où les invités semblent passer comme des plats de sushi sur un tapis roulant d’un resto japonais que par  la présentation de l’argumentaire des invités : un défilé de clichés vestimentaires.

Pourtant en retombant sur ce livre quelques jours plus tard  dans une librairie, c’est plutôt le souvenir d’un regret de l’enfance qui m’a conduit à l’achat. Dans les années 80 étaient sorti un livre appelé « Les mouvements de mode expliqués aux parents » en format poche qui faisaient l’état des lieux des styles de l’époque. J’avais eu super envie de l’acheter. Je devais avoir 12-13 ans, en pleine sculpture de soi. Par timidité, par peur (ou manque de pognon certainement), je n’avais pas acheté le livre. Et cette histoire fait partie des souvenirs qu’on oublie jamais.

Et là dans cette antre de la consommation multimédia, j’ai voulu prendre une revanche sur la vie (oui !!!) et j’ai acheté le livre. Et plus de 20 ans plus tard, j’ai pu m’informer du look actuel des jeunes, moi qui ne le suis plus maintenant.

Sur la forme, le livre est très joli, fortement illustré et lisible.

Sur le fond, derrière les clichés et une certaine moquerie obligatoire dans ce style d’exercice, le livre s’appuie sur une analyse sérieuse des tendances actuelles. J’ai comme l’idée que certaines populations visées se sentiront trahies genre « ils ont rien compris » « ouah même pas vrai ». Enfin bref tout ceux qui ne supportent pas que l’exposition vestimentaire a pour pendant la moquerie, la critique ou la satire.

Bon j’avoue, ça a bien flatté mon côté langue de pute.  Mais tout le monde y retrouvera ses petits comme j’ai pu y retrouver les miens (moitié geek, moitié bobo, je suis le plus grand des blaireaux!!!) Spéciale dédicace au look « Punk à chien » , joyeuse tribu de nos rues commerçante à qui je dédie ma petite monnaie et une chanson des fatals picards

En conclusion, un bon cadeau de Noël pour les moins jeunes (qui n’ont pas peur des tous ces petits cons)  et les jeunes (qui savent encore lire dans smileys)

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