Dans la brume électrique

Dans la Brume électrique de Bertrand tavernier

Pas grand chose à se mettre sous la dent en ce moment, ni de sujets qui me motivent à pondre un article. C’est pourquoi il ne me reste sous le coude que la critique de ce film vu par hasard. En fait, il trainait depuis un moment mais je m’étais fait à l’idée que je ne le verrais jamais : j’avais une inquiétude toute manifeste à être déçu, ce qui m’empêchait de le regarder. Le sujet du film, les acteurs, le réalisateur, tout me faisait envie, ce qui logiquement renforce le blocage.

Dimanche, je me suis fait violence et j’ai franchi le pas. Et comme pour confirmer ma réticence, j’ai été pas mal déçu par ce film. Il n’y a rien à redire pourtant sur pas mal d’aspects du film :

Il s’agit tout d’une enquête policière sous fond de bayou, de tempête Katrina et de corruption généralisée. Suivant la piste d’un tueur en série sadique tueur de jeunes filles, le détective Dave Robicheaux renoue avec  de vieux démons : un ancien meurtre d’un noir il y a 35 ans, ses anciennes amitiés avec un potentat local mafieux et son passé d’alcoolique.

 

Les acteurs sont excellents (Tommy Lee Jones, john Goodman), les décors sont fabuleux et pourtant la sauce ne prend pas. ce n’est pas qu’on s’ennuie en le regardant mais on se sent comme étranger à l’histoire. Je n’ai pas réussi à entrer émotionnellement dans l’histoire. On sent c’est issu d’un bouquin tant le procédé narratif s’en inspire avec une utilisation à outrance de la voix off. Les scènes s’enchainent entre elles sans réelle logique et même la progression de l’enquête se fait sans causalité.

Il reste l’ambiance : celle du bayou et ses fantômes de l’ancien temps : ancien cadavre de noir pourchassé, garnison de confédérés perdus à jamais. Si Tavernier prend plaisir à rendre hommage au cinéma américain typique de ses atmosphères, il y arrive en tant qu’exercice de styles sans rendre transcendant ou prenant cette immersion. On ne ressent pas la moiteur (« où les moustiques ont bouffé les chauves souris »), la pourriture et la magie de ses bayous. Je préfère encore celles d’un « Angel Heart ».

Il reste au final plus un film d’auteur cinéphile qu’un film pour spectateur.

Mais cela reste à voir pour ceux ou celles qui seront plus touchés que je ne l’ai été : 6/10

 

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