Epuisante SF

La Science Fiction est un genre mal aimé. Considérée comme de la mauvaise littérature pour un public attardé, elle tente de survivre tant bien que mal.

Pourtant la France a toujours été une terre d’accueil pour la SF. Historiquement notre pays est même l’un des berceaux du genre : Cyrano de Bergerac, Jules Verne, René Barjavel, Pierre Boulle et autres Jeury, Curval et Andrevon. La science fiction anglo-saxonne a été aussi bien accueillie. On peur rappeler par exemple combien les traductions françaises ont souvent été réalisées par de grandes plumes. La traduction par Boris Vian du Monde des Ā de Van Vogt dans les années 50 fut ainsi le début d’un engouement sans faille.

 

Dans toutes librairies, on trouve le rayon SF, en général accolé au rayon policier (autre grande spécialité française) avec les collections biens connues de tous aux tranches reconnaissables : bleue pour J’ai Lu , Grise pour Presse Pocket,etc.

Malgré cette implantation historique, la science fiction est reléguée bien bas par rapport à ces petits copains des autres rayons.

– Jamais on ne parle de science fiction dans les émissions littéraires ou on n’invitera d’auteurs, sauf à citer les quelques icônes qui vont bien : Bradbury, K Dick.

– L’explosion de la littérature pseudo fantasy à l’usage des ados, resucée infinie d’histoires de vampires et autres sorciers ténébreux.

– Les tentatives de récupération d’auteurs français faisant preuve d’originalité en repompant 40 ans de SF américaine (Bernard Werber).

– Un public fan et fidèle mais néanmoins limité (pas plus de 15 000 personnes).

 

Malgré tout, de part l’historique de son implantation en France (et le travail d’éditeurs passionnés), on continue à pouvoir découvrir le meilleur de la SF anglo-saxonne

Par contre, du fait de tirages limités, remettre à plus tard l’achat de tel ou tel livre peut être très dangereux.

Pour mieux illustrer mon propos, je vais vous causer du bouquin que je lis actuellement : il s’agit que du quatrième tome de la saga du centre galactique de Gregory Benford.

Benford, à la fois écrivain et physicien, fait partie du courant Hard science : les descriptions font la part belle à la physique, à la biologie et à l’astronomie. Il fait donc partie de ces auteurs dont le style est très hermétique voir pénible voir chiant s’il n’y avait pas l’originalité du discours. On peut citer Stephen Baxter ou Greg Bear comme autres auteurs du genre.

Le cycle du centre galactique nous convie à suivre l’évolution de l’humanité entre balbutiement, essor et décadence. C’est avant tout le théâtre du conflit entre la vie biologique et la vie mécanique comme seul évolution possible et nécessaire dans le futur. Au final, l’humanité n’est plus qu’une race subsistant parmi les grands, comme des insectes rampants ne méritant pas qu’on s’y intéresse pour les écraser. Benford nous convie à suivre l’épopée de survivants cherchant leur destin en fonçant vers le centre de la galaxie. C’est l’occasion pour l’auteur d’exposer sa vison du cosmos et d’imaginer des formes de vie exotiques.

J’ai commencé à lire les 3 premiers tomes,il y facilement dix ans, lentement mais surement.

Mais quand il me vint l’envie d’acheter le quatrième tome, seul le cinquième était présent dans la rayons. Il était considéré comme épuisé que ce soit dans les librairies physiques ou virtuelles. Frustré, j’ai tenté de le trouver chez des bouquinistes sans plus de succès. Depuis, les livres trônent sur une étagère poussiéreuse et je repense à tout cela quand je les croise du regard.

Et Miracle !!! Le Livre de Poche a édité le livre de nouveau en 2010 et j’ai eu le plaisir de l’acheter l’année dernière. Ayant bien baissé la pile des trucs à lire, j’ai commencé à le lire il y a 3 jours. Bien entendu, j’avais à peu près tout oublié des trois premiers tomes et j’ai du rafraîchir ma mémoire à coup d’internet.

Et maintenant que sa lecture s’est achevée paisiblement allongé sur un hamac, je pensais entamer le cinquième tome aperçu il y a fort longtemps. J’ai eu beau le chercher partout, j’ai du me rendre à l’évidence que je ne l’avais pas acheté.

Et comble du dégout, sur les sites marchands : un seul mot apparaît quand je tente de l’acheter : Epuisé….

Encore quelques années à attendre.

Et le pire dans tout ça, c’est que le dernier tome n’a jamais été édité en France….

Si c’est pas être maso…

 

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2 réflexions sur « Epuisante SF »

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