La complainte des landes Perdues : La fée Sanctus

De temps en temps la bande dessinée accouche d’une bonne série d’Héroïc Fantasy. Quand je parle de bonne série, j’entends par là celle qui ont réussi à évacuer l’héritage lourdingue de Tolkien et autres Donjons et Dragons. C’est bien sympa les elfes, les paladins et autres mages à chapeau mais quand on en a vu un, on les a tous vus.

 

Dans le années 80, on a eu la Quête de l’oiseau du temps et la légende des contrées oubliées novateurs aussi bien par leur trait que par l’originalité de leur scénario respectif.

Dans les années 90, c’est  la série « La complainte des landes perdues » scénarisée par Dufaux et dessinée par Rosinski (plus connu pour Thorgal) qui est sortie du lot.

Empruntant plus à Shakespeare qu’aux classiques thèmes du fantastique, le premier cycle composé de quatre tomes nous racontait les intrigues s’exerçant autour de la jeune Sioban, héritière du royaume de Sudenne.  Son père, Loup Blanc, fut vaincu par la magie noire du sorcier Bedlam qui depuis contrôle d’une main de fer le royaume. Mais dans toute défaite germe le ferment des légendes et l’espoir de voir les Sudenne chasser la tyrannie.

Entre sorcellerie et complot, l’histoire s’inscrit autour d’une seule et même phrase miroir : « l’amour est au coeur du mal » et « le mal est au coeur de l’amour« .

Si le premier cycle s’est échelonné de 1993 à 1998, c’est avec un rythme hautement plus lent qu’a paru le second

Dorénavant dessiné par Philippe Delaby, ce nouveau récit nous renvoie vers le passé où nous suivons les aventures de Seamus (déjà présent dans le premier cycle)  jeune novice des chevaliers du Pardon. Cet ordre dont le but est d’éradiquer le mal sur les terres des Landes doit faire face à un ennemi hautement plus cruel, les Moriganes, des sorcières maléfiques se cachant sous l’apparence d’innocentes et belles jeunes filles.

L’histoire a gardé le même style narratif et le dessin de Delaby est un vrai plaisir des yeux. Après un premier tome paru en 2004 (Moriganes) et un second en 2008 (le Guinea Lord) voic que vient de paraître le troisième opus, la Fée Sanctus.

La destinée de nos personnages s’affirment encore plus dans la lutte contre le mal qui montre d’ailleurs ici son vrai visage. L’histoire ne fait pas dans la dentelle et ça charcute pas mal dans certaines cases. Pourtant, il demeure derrière l’apparente barbarie la quête héroïque vers de plus beaux sentiments, à savoir sauver l’âme d’une Morigane devenue fée.

Voilà ce qui fait la force de cette BD : un graphisme sublime, un scénario maîtrisé qui progresse sans susciter l’ennui et le retour à un style qui tient plus de la chanson de geste qu’à du réchauffé

Le seul côté négatif, c’est qu’à vue de nez, le dernier tome ne sortira qu’en 2016 si on garde le même rythme de parution.

 

 

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