Le Jeu Vidéo de Bastien Vivès

Le Jeu Vidéo

de Bastien Vivès

Shampooing

 


 

Etonnant comment certaines choses se rappellent à vous alors que vous ne faites rien de spécial.

Prenez par exemple Bastien Vivès, jeune auteur de BD, très tendance ces derniers temps pour ses derniers ouvrages : « Polina », « Le gout du chlore » ou le sulfureux « Melons de la colère ».

Il a dernièrement reçu le prix de la critique BD au festival d’Angoulême. Il est plutôt classé comme auteur de Roman graphique où le dessin très épuré fait plus place à la narration.

En général, c’est pas trop ma tasse de thé étant très sensible à l’accroche graphique d’une BD. Parfois je me fais violence quand l’histoire ou le talent efface ce préjugé.

Donc Bastien Vivès, j’en entendais surtout causer à travers les blogs BD que je lis ici et là. Son style plutôt décrit comme décalé et parfois pince sans rire avait tout pour me plaire. Mais mon budget n’étant pas extensible, il n’était pas ma priorité.

Et pourtant ce matin en allant chercher ma baguette de pain à la librairie du coin, je suis tombé sur ce petit ouvrage : « Le Jeu vidéo« .

 

Passe ton chemin si cet objet ne te dit rien

Disons le tout de suite : le dessin est minimaliste et donne parfois l’impression d’être bâclé : personnage à la grosse plume à peine silhouetté et sans yeux, un lavis vite posé. Mais ne nous y trompons pas. Si le style est brut, le trait est juste, les expressions superbement rendus même à travers l’aspect figé et répétitif des personnages.  Il y a de quoi rebuter le lecteur néanmoins.

Mais ce qui sauve ce livre, c’est son humour, sa sociologie fine du jeux vidéo et de la psychologie des gamers. Tout le monde y passe : le mec qui se veut cool, la relation père-fils gamer, les filles et les jeux vidéos, le marketing machiste, les potentats des serveurs privés. Chaque petite tranche de vie fait mouche et le plus souvent l’auteur porte un regard cynique sur l’influence grandissante du jeu vidéo sur nos comportements en société.

Mais attention là encore, pour que vous soyez emballé comme je l’ai été, il faut avoir été initié au code du gamer, avoir traversé les grands âges de la console et du jeu en réseau. Sans ça vous serez, soit certainement perdus, soit vous trouverez cela puéril et con.

Mais pour peu que vous soyez un vieux broussard comme je le suis ou que vous ayez tâté du gamepad, vous serez à coup sûr touché et emprunt de nostalgie par ce petit bouquin sans prétention.

Un gros 9/10 (ouais je suis comme ça )

 

Share Button

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *