L’Edito du Lundi d’après Dimanche

(mise à jour 18h54) : analyse socioloqique des électeurs

J’ai toujours ressenti une certaine fierté en allant voter. Le devoir républicain, le protocole, le fait de peser sur le destin d’un pays, ça me fait quelque chose. Et hier, ça n’a pas été autrement. Même le temps m’a paru moins dégueulasse sur le chemin.

Pourtant, depuis que je vote pour les présidentielles, mon poulain a toujours perdu..

Jospin en 1995 : perdu.
Jospin en 2002 : perdu et reperdu avec le drame que l’on connait.
Royal en 2007 : perdu.

Et hier soir, si le goût de la victoire commence à s’insinuer dans mon lobe frontal, c’est un sale goût de rance qui s’invite aussi avec le score record du Front National.

Ah le Front National…. Né de la crise (celle des années 80), armé par le parti socialiste en 86 et engraissé par la droite depuis. C’est bien là le parti de la désillusion, de la souffrance, des souffreteux et de l’über prolétariat. On aimerait en vouloir à une partie de leurs électeurs de ne pas être clairvoyant (pour l’autre partie, c’est l’historique incompressible de racistes bêtes et cons). Mais comment en vouloir à des gens perdus, abrutis par un discours ne faisant place qu’à la peur, la haine et les belles images des journaux de TF1.

Quand on regarde l’implantation des électeurs de Marine le Pen (source le Monde), on est frappé par la progression entre 2002 et 2007. Quittant les terres traditionnelles du Nord-Est et du Sud-Est, la vague beurk-Marine, s’invite au centre, les pays de la Loire, longe la méditerranée et s’incruste le long de la Garonne.

J’ai toujours rêvé d’une analyse du vote FN par rapport à des critères tels que le niveau d’éducation, la taille des villes, le nombre de logements sociaux, l’éloignement de la mer (l’ïode), le temps passé sur TF1, le taux de chômage et autres fariboles. des éléments de réponse dans cet article de rue89.

A court terme, l’entre deux tours va être simple :

– Côté Sarko, on va continuer à se droitiser à outrance en rabachant les éléments de langage « immigration », »sécurité », »préférence », « bolchevik », »faillite »

– Côté Hollande, on va continuer sans bouger : pas de vagues, militantisme et porte à porte et mise en avant du programme

En conclusion : objectivité naïve contre mauvaise foi assumée.

A ce petit jeu, on peut être sûr de deux effets inverses mais surement rassurants (hélas)

– Une exacerbation du discours boules puantes qui  va pousser les électeurs du Modem à s’abstenir ou à voter Hollande

– Un effet anti Sarkozy chez les électeurs du FN pour faire chuter l’UMP et envisager une recomposition de la Droite ou juste pour le faire chier une dernière fois : on aura une forte abstention de leur part avec à minima un vote vers Hollande.

Ce qui est sûr, c’est que ça va être deux semaines irritantes, malsaines avec un Copé excité et têtes à claques.

Bon Courage.

 

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