L’Océan au bout du chemin

oceanL’Océan au bout du Chemin de Neil Gaiman

 

J’ai fini ce livre hier; Quand je l’ai refermé, bien calé dans ma chaise longue face au soleil, je me suis rendu compte que j’avais repris mon souffle, comme si j’avais fini le livre en apnée ou du moins essoufflé.

Les livres de Neil Gaiman, c’est souvent comme ça : on croie que c’est léger, que ça ricane, que ce n’est que du récit saupoudré de Lewis Carroll, de vieilles fables anglaises et de peurs enfantines.

Mais c’est aussi une respiration, un traquenard littéraire qui vous emmène là où vous ne pensiez pas aller mais si vous vous y sentez guider avec un délice presque masochiste.

Pour tout dire, malgré l’énorme appétit à vouloir dévorer ce livre, j’ai marqué une pause au milieu du bouquin histoire de….. Je ne sais pas en fait. Peut être parce qu’à ce moment là, j’étais chez mes parents, que le vent soufflait en rafale dans la nuit et que ça craquait de partout. Comme un gamin qui flippe seul dans son lit. Quand on lit Neil Gaiman, on n’est plus un adulte mais un gamin dans un corps un peu plus grand. Comme dirait l’un des personnages du livre « il n’existe aucun adulte dans ce monde ». On n’a pas peur véritablement, juste dérangé, bousculé et sans repère.

Ce n’est donc qu’un mois plus tard, sous un soleil diablement protecteur que j’ai terminé ce livre

Concernant l’histoire, je vous renvoie vers le résumé habituel : « De retour dans le village de sa jeunesse, un homme se remémore les événements survenus l’année de ses sept ans. Un suicide dans une voiture volée. L’obscurité qui monte. Et Lettie, la jeune voisine, qui soutient que la mare au bout du chemin est un océan… »

Le plus difficile dans cette histoire est qu’on est balancé sans trop de repères. On se sent perdu et cette sensation ne fera que s’accentuer quand elle se confondra avec celle du jeune héros avec qui on arrive à se confondre tellement ses réflexions et ses peurs nous touchent comme tout enfant que nous avons été. Que se passe t-il quand le lieu qui vous rassure le plus et qui vous angoisse le plus est le même, à savoir le domicile familial? Là où l’ennemi a construit sa tanière et retourné tout le monde contre vous.

D’autant plus que l’auteur, plutôt que se référer à un bestiaire fantasque existant, invente son propre univers de monstres et créatures rampantes suintantes et effrayantes (trou de ver, puces et vermines), construit une réalité qui nous échappe ou ancien monde et nouveau monde cohabitent. Ici on découpe aux ciseaux les vêtements pour réécrire la réalité, La lune est pleine ou ne l’est pas selon… La famille où l’enfant trouve refuge, celle des Hempstock, est hors du temps, hors de la réalité. S’y côtoient les frontières d’un monde moderne rural en déliquescence et un monde très ancien où les créatures ne sont que noirceurs, griffes et chiffons…

Comme chez Lovecraft, la description détaillée des personnages restent assez vague pour nous laisser imaginer  leur apparence selon nos propres peurs. On se sent oppressé dans ce petit village du Sussex où il semble n’avoir point de salut pour un enfant de sept ans.

Neil Gaiman est un putain de conteur….. et je l’en remercie

 

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