Lunette Optic coin

A la COGIP (par respect pour la boite qui m’emploie, je prendrai ce nom), au premier étage aile Est, nous vivons un drame. Du moins, la gente masculine vit un drame. Pendant pratiquement 2 mois, la lunette des WC gisait (verbe gésir) piteusement sur le sol carrelé et froid des toilettes. A l’origine de ce drame, une simple loi de la physique : la gravité.

Depuis que l’Homme avec un grand « H » a acquis la station debout avec l’Homo Erectus, l’homme avec un petit « h » honore cette étape cruciale de l’évolution en urinant de cette manière, fier, le regard portant au loin (en général 30 cm. après c’est un arbuste, un mur, une bagnole, un poteau, un flic).

La même évolution ayant doté l’homme de capacités remarquables de raisonnement, il a rajouté un système de charnières ingénieuses aux lunettes de WC. Bien sûr, on aurait pu contourner le problème en supprimant carrément cet adjonction. Mais bon, la faïence, c’est froid quand même !!!

Le binôme lunettes/charnières, pour jouer pleinement son rôle doit permettre une élévation au delà d’un angle de 90°. Ainsi la lunette par la loi physique précédemment nommée se maintient contre le réservoir au lieu de retomber traitreusement sur un homme bien occupé par ailleurs.

Malheureusement, avec l’usure des matériaux et les chocs causés par les gestes brusques de vilains incontinents, toute cette belle mécanique tend à s’enrayer : les charnières se tordent, la lunette se gonde et la gravité reprend ses droits mais dans le mauvais sens. Et arriva ce qui devait arriver : la lunette finit échouée, brisée tel le bouquet de chrysanthèmes près d’une tombe après un fort coup de vent de Toussaint.

Je vous passe la période qui a suivi avec son lot d’angoisse : devoir repositionner la lunette à la mano pour la grosse commission avec le risque d’un glissement latéral en plein effort. Et ça pas facile à gérer quand vous faites une partie de solitaire en même temps sur le téléphone.

Bref, hier, je me pointe dans ce lieu de perdition. Et là, oh surprise, une nouvelle lunette, brillante solide (sculptée à même le cœur d’un séquoia millénaire) solidement amarrée aux WC grâce à des charnières issues de la recherche spatiale allemande.

L’œil humide  et un peu plus bas aussi, je m’approche de ce nouvel autel prêt à le consacrer à mon tour. D’une main tremblante, je soulève le couvercle, solide, lourd et encore chaud d’un postérieur précédent. Le claquement du contact contre le réservoir m’apprend qu’il est temps pour moi de m’épancher… Avant de déchanter en voyant la lunette retomber comme une merde.

Misère……

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