Que des salades

Comme je vieillis, je commence à avoir des souvenirs de vieux con.

Encore hier soir, ma douce et tendre s’est mise à décortiquer une salade afin de la nettoyer et extraire quelques feuilles croquantes à souhait.

Et là, dans un flashback digne de Scoubidou,  je me suis retrouvé dans les années 80 dans la cuisine de mes parents dont la déco suintait encore des relents des 70’s : du orange, du vert et du formica.

Parmi les tâches ménagères qui nous étaient octroyées à ma sœur et moi lorsque nous fumes assez grand pour boire au robinet, il y avait la noble tâche d’essorer la salade.  Autant je pouvais rechigner sur les corvées de mise en place de la table et de l’essuyage de la vaisselle, autant l’essorage de la salade relevait quasiment de la discipline olympique.

Et ce grâce à cet accessoire ô combien merveilleux : la centrifugeuse.

Doté d’un aérodynamisme que la Nasa ne renierait pas, la centrifugeuse à salades permettait d’évacuer l’eau de toute scarole ou batavia en un tour de manivelle. Enfin, quand je dis en un tour, je minimise . le mouvement relevait plus de l’épreuve de force :  l’engin bien calé entre le bras et le corps, on bourrinait comme un malade pour exacerber la force centrifuge exercée par la rotation frénétique.

Alaaaarrm !!!!!

Si je pouvais donner une comparaison, je me voyais un peu comme le militaire enclenchant la sirène d’alarme.

Surement le résultat d’années de gavage en séries américaines genre « les têtes brulées ».

On ressentait comme une certaine ivresse à essayer de tourner la poignet le plus vite possible puis à la relâcher et voir la poignée continuer à tourner un certain temps. Temps qui bien sûr faisait l’objet de concours.

Mais le meilleur moment de cette activité de panier à salades c’était l’ouverture du couvercle avant la fin de mouvement. On assistait au spectacle de la salade plaquée contre la paroi tandis que l’eau s’échappant venait nous frapper le visage de sa fraicheur. Ce qui était appréciable après l’effort consenti.

Chaud devant…

A ce moment, on parlait déjà de nations belliqueuses prêtes à obtenir l’arme nucléaire. L’actualité nous relatait que tel pays avait acquis des centrifugeuses afin d’extraire l’uranium. Encore aujourd’hui j’imagine à chaque fois une armée de types avec leur centrifugeuse sous le bras en train de mouliner pour extraire la matière radioactive. Par contre je leur déconseillerai d’ouvrir, même pour rire…

 

 

 

 

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