Transitions de Iain Banks

 

Voici paradoxalement ma première lecture d’un auteur que j’ai lu pourtant plus d’une fois.

Cet auteur écossais signe ses livres différemment selon qu’il s’agisse d’ouvrages de science fiction ou d’oeuvres littéraires plus réalistes : pour ces derniers, la particule « Mac » s’éclipse. Par contre le prénom avec son « i » planqué reste le même.

Voilà un gars assez doué (à la manière d’un Dan Simmons) pour s’émanciper de la SF et s’aventurer avec brio vers d’autres styles, du moins si l’on en juge par les éloges catalogués sur le quatrième de couverture : « palpitant », « flamboyant », »divertissant », j’en passe et des meilleures.

Donc pour Transitions, Iain Banks s’éloigne de la SF mais pas totalement non plus. On reste dans un registre fantastique et scientifique. Si l’intrigue semble se dérouler sur une terre bien contemporaine, c’est bien dans un multivers infini que nous nous trouvons,  où chaque terre s’est développée avec ses propres subtilités, ses propres guerres et ses propres maux. Si parfois, la différence nous saute aux yeux, elle est aussi discrète qu’une poignée de portes qui change de couleur. Naviguant entre ces mondes, une organisation tente d’influer sur leur destin en y envoyant ses agents : ici on sauve un enfant, ici on tue un milliardaire, ici on glisse une idée… Autant de manières de peser sur les trames des probabilités.

Nous voici donc plongé dans cette agence, le Concern, avec ses guerres internes, ses complots et ses manipulations. Personnage principal du livre, M. Temudjin Oh est un de ces agents, un transitionnaire, chargé de glisser à travers les mondes grâce à une drogue, le Septus. Simple pion à la solde de Mme d’Ortolan une oligarque du Concern, il s’opposera à cette dernière autant par amour que par idéalisme.

Comme tout bouquin de Banks, c’est superbement écrit (et traduit). Le découpage de l’histoire se fait par chapitres (pas vraiment chronologiques) où nous suivons le cheminement des différents personnages : le transitionnaire, le philosophe (un tortionnaire), Adrian un golden boy égotiste et ambitieux.

Cet ouvrage est aussi un pamphlet virulent contre le monde de la finance et les pensées qui honorent le monde de la high society. Les monologues d’Adrian, ces combines de dealer puis de boursicoteur sans scrupules sont autant de révélateurs du mal-être d’une société qui ne survit que par le nivellement.

Banks s’amuse aussi à imaginer des mondes où la menace terroriste principale est chrétienne et généralisée.

Honnêtement, j’ai été plutôt déçu par ce livre. Malgré ces nombreuses critiques dithyrambiques, ce livre reste plutôt conventionnel et ne m’a pas fait vibrer plus que cela : c’est un bon livre de saison dirai-je, nickel pour le hamac.

Il se lit vite et bien. Sans être emballé, on ne s’ennuie jamais. Si Banks traite un thème classique (les univers parallèles), il a le talent d’aborder ce concept à travers ces ambiguïtés : Si les mondes sont infinis, pourquoi le Concern n’a t-il jamais rencontré son équivalent)? Pourquoi ne croisons nous jamais d’univers où les extra terrestres existent?

Cela reste donc un ouvrage très divertissant, cynique, bien écrit et qui fait réfléchir. On a vu pire.

 

 

 

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