Univerne

Univerne – paname – de Morvan et Nesmo – Soleil productions

J’étais un peu rétif au départ à l’idée d’acheter cet album car les dernières productions du scénariste Morvan m’avait déçu (sillage, Spirou). Une rapide lecture en librairie m’a convaincu de tenter le coup et je ne le regrette pas.

 

cette bande dessinée est à la croisée de deux chemins :

– le courant steampunk qui peut se définir comme une forme d’anticipation où le monde aurait évolué en gardant les traits de la société du 19ème siècle : prépondérance de la machine à vapeur, de l’architecture victorienne et de la construction mécanique à foison.

– A cette uchronie s’en rajoute une autre: au début de l’histoire, en 1851, Pierre Jules hetzel, éditeur de Victor Hugo s’enfuit de France pour échapper à la répression de l’empire Napoléonien. Sauf que dans cette alternative, il n’atteindra pas la Belgique et mourra abattu dans Paris. le Hic, c’est que Hetzel, dans notre réalité, deviendra le futur éditeur de jules Verne, ce qui ne sera jamais le cas ici.

50 ans plus tard, paris ressemble à une vaste exposition universelle où s’étale palais d’acier, usine géante survolés par des dirigeables non moins impressionnants. On y apprend que Tesla, le savant Italien est le maître à penser de cette société moderne.

Jules Verne, qui n’est jamais devenu écrivain, a été l’instigateur d’un monde  utopique, Univerne, sur une île reculée où il a mit en pratique ses idées scientifiques et d’organisation sociale. Les autres nations se sentant menacées par cet élément rebelle ont de concert attaquées Univerne et l’ont détruit, pillant au passage sa technologie. Jules Verne selon la thèse officielle a péri dans l’opération.

dans ce premier opus, Paname, nous suivons les aventures d’une jeune journaliste, qui recevant les dernières confidences de l’ancienne maîtresse de Jules Verne se retrouve au centre d’une vaste conspiration entre sbires du pouvoir et de mystérieux robots à chapeaux melons.

L’histoire est excellente et se nourrit de cette ambiance 19ème siècle en l’agrémentant de la surcouche science-fiction. Mais c’est aussi le défaut de ce genre d’ouvrage où le foisonnement du décor se retrouve à l’étroit dans les cases. On peut aussi regretter la tendance à en faire un peu trop au niveau de l’architecture (à quoi peut bien servir des roues dentées de 20m de haut).

Au final, c’est un bel exercice de style, plutôt original et bien mené. je conseille sans réserve.

Pour ceux qui seraient intéressés de retrouver pareil ambiance, je conseille le film Steamboy d’Otomo, le créateur d’Akira ou le livre « les voies d’Anubis » de Tim Powers pour l’ambiance victorienne.

 

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