Vortex de Robert Charles Wilson

vortexOn pardonne toujours moins les auteurs que l’on aime d’écrire des livres décevants. Surtout quand l’auteur nous pond des oeuvres qui se placent au panthéon de la littérature SF.

Le dernier livre de Wilson n’échappe pas à cette vindicte. Après un magistral Spin, Un Axis très décevant, Vortex s’en sort tout juste.

Je le répète, ce n’est pas un mauvais livre, il manque juste de souffle, de ce qu’on appelle le « sense of wonder » en SF : un sentiment d’exaltation et de puissance qui vous transporte en imaginant les mondes hypothétiques décrits.

Dans ce troisième tome, nous oscillons entre un futur proche de l’apparition du Spin et une futur lointain alternatif. Je dis bien alternatif car en fin de compte, la cohésion ne passe qu’à travers les récits d’un jeune désoeuvré, résident d’hôpital psychiatrique.

Comme à son habitude, Wilson travaille beaucoup la psychologie de ses personnages et les dialogues s’enchaînent lentement, trop lentement. On lit ce livre comme on regarde passer les trains de marchandise : c’est lent, ça vibre sourdement.

On regrettera que Wilson passe vite fait sur cette humanité future en se contentant de décrire platement son organisation. On a vraiment l’impression que Wilson en a autant marre que nous et qu’il souhaite en finir lui aussi.

Seul la fin du livre s’accélère en s’intéressant aux derniers moments de notre univers où hypothétiques (les machines pensantes) et autres civilisations tentent de survivre à un cosmos de plus en plus froid et de plus en plus vide. C’est plutôt bien fait même si cela a un air de déjà-vu après qu’on ait lu la trilogie de Stephen Baxter « les univers multiples« .

Par contre, Wilson nous offre une conclusion cohérente avec les réponses que nous attendions. C’est déjà pas mal. Mais c’est assez rare en SF pour être souligné.

Cette trilogie n’est pas mauvaise en soit. Elle manque juste de rythme et s’essouffle même si Vortex rebooste un peu le récit. Mais cela reste un peu ennuyeux et il faut s’accrocher. On s’arrête souvent, on passe des paragraphes.

En espérant que Wilson blinde un peu mieux son récit pour le prochain : 4/10

 

 

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