L’Edito d’un Lundi accablant à câbler

N’ayant pas de dessins à poster du fait d’un assèchement des réunions (vacances obligent), me voici contraint et forcé de raconter un truc pas forcément intéressant mais qui aura au moins valeur de preuve de vie.

Je ne sais pas si « ça mérite un article » comme qui dirait mais je me lance.

Je tiens d’abord à m’excuser du mauvais temps subi par tous ce Week-End : après deux semaines de beau temps et de chaleur, on s’est pris un WE de grisaille, de froid et d’Ukrainiens/Russes se tapant dessus.

Je ne vois qu’une seule raison à ce revirement météorologique : J’ai acheté une nouvelle toile de hamac et il me tardait de l’essayer ce week-end. Et comme le veut la loi de Murphy, il a fait un temps de merde. Je n’ose pas imaginer ce qui se serait passé si j’avais envisagé un barbecue ou de tondre la pelouse.

Avec l’impossibilité d’accomplir mon farniente dominical, il a fallu trouver une occupation à la hauteur des enjeux. Croyez bien que la tâche fut rude étant donné le peu de motivation qui m’animait alors que le gris concurrençait le vent pour bien pourrir la vue depuis la fenêtre.

Et c’est en regardant la téloche que mon projet herculéen prit forme entre deux passages aux toilettes : et si je faisais le ménage de mon meuble télé….

Je sais bien qu’en disant cela, je soulève à la fois un débat stérile et de la poussière qui l’est un peu moins.

En général, nettoyer le meuble télé, c’est l’aspirateur à l’aveugle où on peut passer, en espérant ne pas aspirer un objet planqué. Nettoyer le meuble télé, c’est passer le chiffon  entre les divers obstacles électroniques indéplaçables du fait de l’exigüité du lieu. Nettoyer le meuble télé, c’est enlever les quelques traces de doigts sur l’écran laissés par votre fils après un bon goûter bien sucré et collant. Nettoyer son meuble télé, c’est souffler ici et là pour évacuer la poussière des trappes de ventilation des appareils électroniques. Nettoyer son meuble télé, c’est surtout chiant.

 

Le mythe de Sisyphe prend toute son ampleur avec cette tâche ingrate et périlleuse : A quoi bon puisque dans une semaine, le lieu reprendra son apparence moutonneuse et filaire. C’est la plus grosse procrastination que je connaisse en matière de ménage (et pourtant je suis pas regardant sur la dépense d’excuse concernant le ménage).

Déjà, décrivons le chantier : un bon meuble en bois massif sur lequel prône une une télé en soit légère mais portée par un pied qui pèse sa demie-tonne. A tous ça il convient de rajouter une xbox, un NAS, un décodeur satellite, un lecteur Blue-ray, un pc multimédia et un ampli. Ça c’est pour la phase respectable, la vue de façade qui peut passer pour propre pour une observateur peu avisé.

Mais le véritable bordel, la pieuvre tentaculaire, l’hydre néfaste, le nœud gordien se planque dans l’arrière boutique entre le dit meuble et les 20 cm qui le sépare du mur. Là se cache la forêt des fils électriques, la pelote des câbles réseaux, le scoubidou des prises hdmi. Bref plein de trucs où je suis obligé de trouver des synonymes à « câble ». J’oubliais la multiprise, un switch réseau et des blocs d’alimentation de tailles variées.

Mais ne baissons pas les bras. On y croit, on est des winners….

 

Étape1 : dégager l’aire de jeu, ce qui incombe de dégager un autre emplacement pour y déposer télé et autres appareils : ce qui oblige à dégager un troisième espace pour mettre le bazar du second espace. ce qui oblige à….

Étape 2 (si vous n’avez rien cassé ce qui stopperait net l’opération par simple découragement total) : tirer le meuble télé pour dégager de l’espace et de la visibilité. En général, c’est là que les fils des enceintes se désolidarisent de l’ampli et que je regrette de ne pas avoir noté où relier qui à quoi.

Étape 3: éviter les hauts le cœur en découvrant que c’est vraiment pire que ce que l’on croyait. En fait, non, ce n’est pas vrai : on sait bien que c’est dégueulasse mais le déni est un monde merveilleux.

Étape 4 : la plus dur, avancer lentement dans l’étroit couloir et délicatement débrancher un à un tous les câbles en balançant des cris de pucelle effarouchées à chaque frôlement de matières inconnues. Car il y en a des choses rebutantes dans cette terra incognita : On découvre aussi des câbles qui en fait ne servait à rien, à part à retenir un peu plus la saleté.

Des moutons et bouloches qui se dispersent à peine vous tentez de les attraper

Des strates de poussière assez importantes pour envisager d’ouvrir un chantier de fouilles.

Des cadavres d’insectes desséchées depuis 50 générations que même que tu découvres des espèces inconnues. Il faut dire que la chaine alimentaire est coriace sous un meuble télé : poussières -> acariens et cloportes et mouches -> cousins, scutygère et mille pattes -> Araignées. A partir de là c’est plus simple : les araignées se mangent entre elles jusqu’à ce que le gagnante repue se mange le dessous d’une de mes pompes en tentant d’aller voir ailleurs.

La vis que vous recherchiez depuis deux ans, le lego que vous aviez cherché pendant des heures où des restes de nourriture (enfin, je crois mais vu la couleur c’est pas sûr).

Etape 5 : enlever les tiroirs, retourner le meuble pour voir s’échapper aux quatre coins du salon les insectes qui avaient survécu à ce monde impitoyable….

 

Ne reste plus qu’à frotter, décrasser, nettoyer intensément, polir, désinfecter ce haut lieu pathogène.

Mais l’étape la plus cruciale restera le réassemblage de la connectique. Là aussi, on se berce d’illusions en pensant qu’attacher les câbles, éviter les nœuds rendra la prochaine opération plus propice à un nettoyage. Mais vos 50 câbles seront tout aussi bordéliques la prochaine fois. Le câble est retors et joueur, c’est comme ça.

On espère ne rien oublier avant de fermer le sarcophage. On se plie en deux pour réintroduire les fils des enceintes dans des connectiques sadiques inventées par le petit fils de l’inventeur de la Péritel.

Et là enfin, tout est remis en place, tout brille comme dans une pub télé. Miraculeusement, tout marche, aucun fil n’a été inversé. Vous êtes heureux. cette félicité tiendra bien un an avant de vous y remettre. C’est le minimum…

Bonne semaine 🙂

 

 

 

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