Archives de catégorie : Séries

The Expanse : un équilibre réussi

Les séries de science fiction à la télé souffrent souvent de plusieurs handicaps : un manque de moyens et une tendance à lorgner un peu trop sur des œuvres déjà existantes.

C’est encore plus vrai quand il s’agit d’une série de Space Opéra, entendons par là une série où les combats spatiaux et l’affrontement technologique restent un élément moteur de l’histoire.

Devant le coût important des effets spéciaux, les producteurs ont tendance à raboter leurs ambitions pour n’offrir que des cinématiques froides et abondamment réutilisées. Autant dire que cela gâche le plaisir

Seule une série a su les années précédentes atteindre un niveau de qualité digne de son intrigue : Battlestar Galactica

Et depuis, j’ai du mal à nommer une série qui ai pu reprendre le flambeau.

Syfy essaie depuis une locomotive du genre et s’est plutôt cantonné à des séries de SF plus terre à terre (Defiance, Continuum)

Elle pourrait enfin tenir le bon filon avec the Expanse. La saison 1 est maintenant disponible sur Netflix.

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Futurama : c’est reparti

La saison 7 vient enfin de démarrer sur Comedy Central !!

C’est un vrai bonheur de retrouver la joyeuse équipe de Planet Express.

Pour ceux qui ne connaissent pas, cette série a été conçue par Matt Groening, le créateur des Simpsons. Elle se déroule au 31ème siècle sur une Terre où robots, extraterrestres pullulent. Fry un jeune crétin de notre époque s’y retrouve catapulté après avoir été cryogénisé 1000 ans.

Plus adulte que les Simpsons, plus cynique aussi, Futurama aborde bien entendu les différents thèmes chers à la science-fiction. Il n’oublie pas non plus de se faire critique sur l’humanité en général ni de traiter de sujets plus actuels

Les deux premiers épisodes ne dérogent pas à la règle :

The Bots and the Bees : cet épisode nous apprend tout sur la sexualité des robots et leur reproduction. Et oui, ils se reproduisent !! La production ne suivant pas la demande, on a pourvu les robots de cette capacité, comme Bender va le découvrir à ses dépens

A Farewell to Arms : La prophétie l’a annoncé, la fin du monde aura lieu en 3012. Chacun se prépare à sa manière à l’événement. Heureusement les anciens mayas Martiens ont tout prévus.

En attendant de profiter de cette saison (enfin du moins pour certains), voici la bande annonce qui reprend le générique de la série mais en plus « artisanal »

Bite my Shiny metal ass !!!

 

Ne regardez pas…

Les séries qui ne seront pas reconduites faute d’audience

On avait déjà eu le droit à « Flash Forward » et « The Event ». En ce moment, le couperet est en train de tomber pour celles démarrées l’année dernière

Exit donc :

Alcatraz : nous ne seront jamais le pourquoi du comment de la disparition des locataires de la prison d’Alcatraz. Tant pis pour le Cliffhanger…

Awake : Nous ne serons jamais quelle est le vrai monde de Michael Britten, celui avec son fils vivant ou celui avec sa femme vivante.

C’est aussi le cas de : Ringer, The Secret Circle, Are You There, Chelsea, BFF and Bent que je ne connais pas.

Par contre les séries « Once upon a time« , « Touch » ont été renouvelées ainsi que Fringe pour une ultime saison.

Alors pour ceux qui compte les regarder sur TF1 ou Canal, réfléchissez y à deux fois

Pour un récapitulatif complet, le site Sérieslive fait ça très bien.

 

 

Game of Thrones : saison 2

J’ai réussi à éviter de regarder les nombreux teasers, de lire les commentaires, critiques, remarques, allusions sur la saison 2.

Hier soir, c’est vierge de toute influence que j’ai enfin pu regarder le premier épisode….

N’ayant pas lu les livres, je suis aussi émancipé de toute comparaison objective ou subjective entre les deux. Bien que j’ai cru comprendre que la retranscription est assez fidèle

Ce chapitre sert bien entendu de passage entre la saison 1 et les futurs bouleversements que va connaître le continent de Westeros. Certains événements sont néanmoins vite balayés pour accélérer le récit : des batailles ont été menées mais nous ne les verrons pas.

Pour le reste, le récit reprend là où il s’est arrêté :

[spoiler]

Joffrey : Coupeurs de têtes et tête à Claques

Joffrey Baratheon, assoit son pouvoir sur le trône tout en cruauté puérile et couardise : assassinat des bâtards nés des coucheries de son père, asservissement de sa mère. Seul l’arrivée de Tyrion, son oncle, au poste de Main du Roi semble pouvoir mettre un frein à sa méchanceté.

Les rumeurs sur ses origines entrainent beaucoup de question sur la légitimité des son accession, notamment par les frères de son père, Renly et Stannis qui font sécession.

Du côté des Stark, toujours désireux de venger leur père et de récupérer leurs soeurs, ils remportent bataille sur bataille et se rapproche de Port Real. Le plus jeune des frères se charge de gouverner le royaume du nord tandis que John Snow s’enfonce dans les royaumes glacés.

Daenerys targaryen, après la mort de Khal Drogo fuit vers l’Est avec ce qui reste du Khalasar emportant les trois petits dragons nés sur le bucher. Perdu au milieu du Désert, l’espoir de survivre semble mince .

Pendant ce temps, dans le ciel une comète rougeoyante traverse le ciel.

[/spoiler]

Pour le reste, on retrouve toujours la qualité de la première saison : pas de compromis sur les décors, une réalisation solide et des acteurs ancrés dans leur personnage.

Si les intrigues et l’atmosphère semblent s’inspirer pleinement des Rois maudits, la tragédie grecque n’est jamais très loin entre malédiction et infanticide.

Seul bémol : il va falloir encore ronger son frein pendant sept jours entre chaque épisode et ça c’est dur….

 

 

The IT Crowd

Comme précédemment annoncé, j’ai récupéré la série « The It Crowd » et j’ai commencé à la regarder hier soir

Bilan : j’ai du me faire violence pour m’arrêter après deux épisodes tellement l’envie d’enquiller toute la série me taraudait. Vous aure évidemment compris que j’ai beaucoup aimé

ROY

Comme les précédentes créations de Graham Linehan, la dramatique se construit autour d’un vase clos, un microcosme où l’extérieur intervient peu. Après l’intérieur vieillot d’un presbytère, les recoins poussiéreux d’une bibliothèque, nous voici propulsé au coeur de l’équipe de support informatique d’une grande entreprise londonienne. Propulsé n’est pas le mot exact puisque l’action se situe aux derniers sous-sols du bâtiment où Ross et Moy assure l’assistance informatique aux personnels. C’est encore là un bien grand mot. Quand il daigne répondre c’est pour demander « est que vous avez éteint et redémarré ».

Méprisés par les autres employés qui ne leur parlent que le temps d’une réparation, Ross et Moy se moquent facilement de l' »inculture » informatique de leurs collègues.

Ils sont le condensé des travers des geeks, no life et autres nerds qui hantent ce genre de services. inadaptés sociaux, immature, toute leur journée ne tend que vers un seul but : en faire le moins possible et philosopher dans le vide.

Derrière cette uniformité, chacun a ses propres travers :

MOS

Roy est plutôt geek, fainéant, d’une hygiène douteuse et a tendance à s’exciter très vite en hurlant d’une voix aigüe. Il a toute une collection de t-shirts qui sont autant d’allusion à la culture geek. C’est le moins asocial des deux car il arrive à communiquer avec d’autres personnes.

Mos est le nerd du couple : plutôt calme et discret, il a tendance à parler tout seul, à se lancer dans de grandes expériences inutiles. D’une logique extrême, il est pourtant incapable de résoudre les problèmes bassement quotidiens : il enverra un mail au pompier plutôt qu’éteindre par lui-même un incendie. sa tenue vestimentaire est la chemise rentrée dans le pantalon, le pull jacquard et les grosses lunettes.

Pas de duo sans un trio avec Jen, leur responsable. Inculte en informatique, elle a été catapultée dans le service à cause d’un CV trafiqué où elle étalait des connaissances dans ce domaine. Menteuse, obnubilé par les chaussures, désireuse d’être reconnu dans la société, elle tente de survivre en espérant quitter un jour le sous-sol.

Au dessus du lot, très au dessus, on trouve Deynholm Reynholm, fondateur et PDG de la société, tyrannique, égocentrique et pétri de grandes pensées stratégiques sans queue ni tête.

N’ayant vu que deux épisodes, je ne pourrais pour l’instant vous causer de l’évolution de cette série.

Elle reprend les ressorts comiques des séries anglaises : satire et caricature à outrance, situation ubuesque et délicate et un non-sense à toute épreuve. Il n’y a eu que quatre saison de six épisodes.  C’est donc très vite plié.

Inutile d’être un expert en informatique pour regarder cette série même si les clins d’oeil et références sont nombreuses.

Les épisodes trainent sur Youtube et DailyMotion en Vo sous titrée.

 

Leur bureau

 

 

Le générique

 

 

Contre l’intégrisme : Father Ted

Un seul remède  : Father Ted

Je ne sais pas pourquoi je repense à cette série. Peut-être parce que j’y pense souvent en fait.

 

Livrée à mes yeux humides et nubiles à la fin des années 90 sur Canal Jimmy, à l’époque où cette chaine valait encore quelque chose (avec des séries comme Star Trek, The new stateman, Bottom, Seinfeld et autre Dream On), cette série met en scène trois prêtes catholiques perdus sur l’ïle de Craggy Island, rôcher misérable au large de l’Irlande. Version abrutie et consanguine du Village du Prisonnier, cette île regorge d’idiots du village. ceci dit nos trois prêtres ne font pas tâche car ils sont sur cette île pour de mauvaises raisons.

Father Ted Crilly pour avoir détourné l’argent de sa congrégation pour aller le claquer à Las vegas. C’est un peu le « leader ».

Father Jack est un poivrot fini, grossier et obscène, ne communiquant qu’à coup de jargon (Fuck, ass, girl mal prononcé) ou d’appel à la boisson : Drink, Drink, Drink.

Father Dougal, un simple d’esprit ne sachant même pas pourquoi il est prêtre et recordman de la personne vivante ayant été le plus touché par la foudre.

Ils s’emmerdent royalement sur lîle entre sermons soporifiques et parties de petits chevaux

Pour les seconder dans cette noble tâche, ils peuvent compter sur Mrs Doyle la gouvernante, prête à faire du thé à toute heure : elle ne dort pas pour cette raison.

 

Et avec tout ça on arrive à faire une série extrêmement drôle, cinglante qui se moque des mauvais côtés de la religion mais sans que cela devienne un sacerdoce (sic). Le ressort comique de la série s’appuie sur des quipropos improbables (un concours de sosie d’elvis, l’eurovision,) ou la confrontation avec d’autres prêtres plus ou moins timbrés.

Il y a tout d’abord father Dick Byrne, l’ennemi juré de Ted Crilly avec qui tout est bon pour faire des paris stupides dignes d’une cour de récré : arrêter de fumer, un matche de foot. Il est lui aussi affublé d’un prêtre alcolo et d’un simplet.

Il y a aussi leur supérieur, l’évêque Brennan qui les déteste. C’est à lui que les prêtres doivent leur exil. ceci dit, il n’est pas exempt de pêché puisque marié et père d’un rejeton.

On a ensuite Father Noël, un prêtre tout le temps hystérique et hyperactif, Father Larry Duff que ted appelle toujours au mauvais moment (pendant un hold-up, quand il conduit au bord d’une falaise, à côté d’un rottweiller), Father Fintan Stack, prêtre envahissant et tyrannique qui écoute de la Jungle à fond, father Austin Purcell, le prêtre le plus ennuyeux au monde,etc.

L’île regorge aussi d’habitants hors du commun comme John and Mary O’Leary qui passe leur temps à s’insulter et se cogner sauf quand ted est dans les parages en devenant  tout sourire. Il y a aussi Tom qui est l’archétype de l’idiot du village : regard abruti, pratiquant la vivisection, maniant l’arme à feu et portant tout le temps le même t-shirt avec marqué dessus « I shot Jr ».

En à peine trois saisons, cette série a rejoint le panthéon de mes classiques inaliénables. Il est malheureusement impossible de se la procurer légalement en France. C’est un peu le cas de toutes les séries anglaises de cette époque comme The new stateman, Bottom ou Game On.

A l’origine de cette série, on retrouve Graham Linehan, génial créateur de Black Books et It Crowd (que je ne connais pas mais ça va changer dans pas longtemps)
Pour finir sur une note musicale, il faut savoir que la chanson du générique et autres ritournelles (comme celle de la vidéo un peu plus bas) sont l’oeuvre de Neil Hannon, le chanteur de The Divine Comedy.

En ce qui concerne le petit extrait qui suit : Ted Crilly et Dougal, tout excité de participer à l’Eurovison s’endorment en rêvant conjointement du clip de leur chanson. Si les paroles sont d’eux (ça se voit tout de suite, ils ont piqué la mélodie à une chanson de face B d’un groupe norvégien décédé dans un accident d’Avion. En préambule : la séance d’écriture.

 

 

 

Spéciale dédicace : Comment Father ted remonte le moral à un jeune prêtre et comment Radiohead fout tout en l’air. Il faut savoir que father Ted est de bon humeur car on lui propose un poste aux Etats Unis. Il utilise une manière très expéditive.

 

Les années déprime

Chien de Presta a dégainé le premier. La réponse du quizz de Vendredi était en effet Joey des Années Collège.

Souvenez vous de cette série de la fin des années 80 tellement moche qu’on aurait cru qu’elle était allemande alors qu’en fait elle était canadienne.

Cette série a eu une longévité extraordinaire. Degrassi (son nom original) a connu un préquel original en France : Degrassi street où on suivait déjà les petits morveux en primaire. Degrassi est un quartier de Toronto

La série a depuis connu une nouvelle vie avec Degrassi : la nouvelle génération, toujours en cours et qui en est à sa 10ème saison.

Les années collège étaient réputées pour leur ultra réalisme face à des séries américaines où tous les collégiens étaient beaux, riches et sans acné.

 

Tous les sujets étaient abordés sans tabou, ce qui parfois donnait l’impression de comprimer tous les malheurs du monde dans un seul épisode : viol, inceste, alcool, drogue, homosexualité, mort, Sida. Il y avait de quoi aller se pendre à la fin d’un épisode. J’imagine un ado de l’époque regarder ça et danser de joie.

Diffusé en 1988 en France, c’est du coin de l’oeil que je regardais les épisodes. Mais je crois que j’ai du quand même tout regarder, en critiquant bien sûr à chaque fois ou en dissertant sur son côté insupportable, encore plus quand ma soeur regardait (qu’elle me pardonne).

Pour les plus jeunes d’entre vous, la série gravitait autour de trois boutonneux inséparables, membre d’un groupe de musique les Zit Remedy.

 

Il y avait tout d’abord Joey, chargé d’être le mec cool de la bande (accessoire indispensable : le chapeau ) mais aussi souffre-douleur, tête à claques et petit de surcroit. En plus d’être boutonneux, c’est un cancre notoire.

On a ensuite Wheels : tout droit sorti d’une série allemande ou fils caché d’un joueur de foot bavarois, il arbore une magnifique crinière blonde et de grosses lunettes, genre les seules remboursées par la Sécu. C’est le monsieur Loose de la série : ces parents meurent, il vit chez ses grands parents qu’il déteste et vole. Il se fait d’ailleurs éjecter et se fâche avec tout le monde. La loose l’a poursuivi dans la vraie vie quand on a appris en 2012 qu’il était mort…. En 2007.

Reste Snake : le représentation des minorités du groupe : il était en effet très grand et rouquin de surcroit. Grand benêt naïf, il cumule pas mal les problèmes. C’est un peu le Averell de la Bande.

Autour de ce trio gravitent deux filles : Caroline, mèches décolorées et geignarde, véritable bourreau des coeurs (un suicide à son actif) et Spike, espèce de Hérisson peroxydé et mère enfant.

Il y a d’autres personnages valant leur pesant de cacahouètes : Dwayne, l’abruti cogneur à qui tout arrive (drogue, Sida), monsieur Raditch, le prof sévère, Lucy Fernandes, la fille mature.

Aussi énervante que cette série puisse être, elle a quand même marqué les esprits, plus que Seconde B en tout cas….

Sinon, je trouve que les acteurs se sont quand même biens améliorés avec l’âge (enfin presque).

 

       

 

       

 

 

Awake

C’est toujours un exercice périlleux de regarder le pilote d’une nouvelle série.

– Si celui-ci est nul, vous avez perdu votre temps

– Si celui-ci est bon, vous prenez le risque que la série ne dépasse pas le seuil de cet épisode unique.

 

C’est peu le pari fait hier soir avec Awake.

Cette série nous raconte l’histoire d’un inspecteur de police, Michael Britten, victime d’un accident de la route dans lequel il perd son fils.

Nous le voyons donc essayer de reprendre le cours de sa vie entre une hiérarchie qui doute de ses capacités, une femme qui combat son deuil en réhabilitant leur habitation à coups de pinceaux et des séances chez le psy.

Mais au lieu de dire un psy, on devrait dire deux psys car Michael Britten, dès qu’il ferme les yeux en se couchant se réveille dans une autre réalité où son fils a réchappé à l’accident mais où sa femme est morte. Le soir suivant, c’est le scénario inverse qui s’accomplit.

 

Dans chacun de ces mondes, notre policier reprend ses enquêtes, sort avec sa femme, accompagne son fils à des matchs de Tennis. Cette continuité lui permet de continuer à vivre sans connaître le deuil. A part les psys, seule sa femme est au courant de cette situation mais n’y voit que des rêves et non une réalité. Pour Michael, au contraire, pas question de remettre en cause cette dualité par un quelconque traitement : il va aux séances de thérapie car sa hiérarchie l’y oblige, point barre.

Cet état de fait n’est pas sans conséquence sur son travail où chacune des enquêtes des deux mondes semblent s’interfacer.

Mais là n’est pas le principal intérêt de ce pilote. Le côté le plus croustillant restent les tentatives continuelles des psys pour expliquer que leur monde est bien réel et non l’autre. A coups d’explications de déni, de rêve éveillé et autres poudres aux yeux thérapeutiques, chacun s’évertue à donner un sens au trauma du policier. Certains effets de manches sont d’ailleurs bien trouvés et il m’a fallu à deux fois pour comprendre leur subtilité. 

Seule constance des deux mondes, Michael ne se rappelle pas des circonstances de l’accident.

Pour le reste, c’est bien interprété et la série s’accommode d’un déroulement tout en douceur. Reste à voir comment une bonne idée de départ survit après plusieurs épisodes.

Prochain épisode le 8 avril.

La loi des séries : épisode 4

Période de vache maigre sur les séries

Certaines s’achèvent comme Chuck et bientôt House et il faut se contenter des miettes pour passer le temps jusqu’au démarrage de certaines.

Il y a bien sûr la saison 2 de Game of Throne qui se rapproche avec un démarrage au 1er avril.

Avant cet événement de taille, nous aurons :

– La saison 2 de Breaking in  le 6 avril

– La saison 5 d’Eureka le 16 avril

– Le démarrage d’une nouvelle série mi fantastique-mi policière le 1er mars : Awake.

En attendant que reste t-il au menu?

 

Une saison 2 de Walking dead qui a repris du poil de la bête avec plus d’actions, plus de zombis et moins de prêchi-prêcha. Pour que ce soit parfait, il faudrait que la confrontation latente entre Rick et Shane arrive à sa conclusion. Elle m’exaspère de plus en plus.

Alcatraz gagne en consistance. Certains personnages plutôt discrets au début s’imposent un peu plus et apportent un regain d’intérêt à cette série. Je pense notamment au directeur de la prison ou à la psy. Sinon, chaque épisode distille une sa part de questionnements qui donne envie d’aller plus loin.

En ce qui concerne Grimm, j’ai beau regarder chaque épisode avec assiduité, il m’est impossible de n’y voir autre chose qu’une copie de Buffy avec ses monstres pas bien faits, son côté bébête et surtout sans moyens. Once upon a time, son alter ego, sans être réellement captivant la dépasse allègrement ne serait ce que par son jeu d’acteurs réellement meilleur.

Person of interest, série conjuguant gros bras et technologie n’est pas non plus une série extratordinaire. Certains personnages continuent à manquer d’épaisseur ou d’intérêt malgré les efforts des scénaristes. je pense aux deux flics principalement. Pourtant, cette série garde assez d’attrait pour rester un spectacle appréciable chaque semaine.

C’est un peu le même phénomène avec Unforgettable mais avec un effet inverse : les personnages secondaires sont de plus en plus agréables et sympas tandis que les deux protagonistes principaux sont pénibles dans leur petit jeu du chat et de la souris.

Mentalist reste  Mentalist : souvent bancal et un peu gros, la série reste malgré tout divertissante et travaille bien ses intrigues et ses ressorts dramatiques.

Fringe : Surprenant, captivant. Chaque saison est un cran au dessus. C’est la seule série où j’attends impatiemment l’épisode suivant. Si individuellement, chaque personnage est « pénible », les histoires sont rondement menés avec un parfaite maîtrise de la mise en scène et de l’intrigue.

Reste deux autres séries qui trainent mais que je n’ai pas reprise : House of Lies, White Collar (quand j’aurai rattrapé mon retard par ailleurs) et la 3ème saison dEastbound & Down. Pour cette dernière, il faut juste que je me mette en condition pour supporter cette tête à claques de Kenny Powers.

 

Résumons ( sur 10)

Fringe : 8

Walking Dead : 7

Alcatraz : 7

Grimm : 3

Once upon a time : 4

Person on interest : 5

Unforgettable : 6

 

 

 

Chuck

C’est toujours avec un petit pincement au coeur qu’on se résigne à la fin d’une série.

En ce début d’année, ce fut le cas de Chuck qui tire sa révérence après 5 saisons (dont une dernière in-extremis).

 

Chuck, c’est l’histoire d’un p’tit gars à qui la vie n’a pas fait de cadeau : brillant étudiant, il a été renvoyé après avoir été accusé de tricherie. Le voici simple réparateur en informatique dans un magasin d’électroménager où les autres vendeurs se battent à celui qui en fera le moins possible. Désoeuvré, il doit subir les conseils avisés d’une soeur omniprésente, brillante médecin affublée d’un compagnon idéalement parfait. Chuck passe ses soirées à pleurer sur son sort avec son ami d’enfance, Morgan, éternel imbécile infantile.

Pourtant, un jour, notre Looser  se retrouve avec la base de données de la CIA (L’Intersec) squattant dans sa tête, lui permettant de savoir démonter une bombe nucléaire ou pratiquer le kungfu. Devenu quasiment propriété du gouvernement, Chuck se retrouve chaperonné par Sarah Walker, espionne aussi sexy que dangereuse et John Casey, armoire à glace mercenaire de la NSA.

C’est le début de toute une série d’aventures rocambolesques qui vont contraindre Chuck à revêtir la panoplie de l’espion international amateur.

Série d’espionnage à l’ancienne, ça sent bon le James Bond ou les Thunderbirds quand il s’agit des moyens mis en oeuvre : Ordinateurs en pagaille, base secrète, palace, jet privé. Le budget des espions est sans limite. très tape à l’oeil, la série n’hésitant pas à sombrer dans le cliché notamment avec l’apparition fréquente d’espionnes ou de mata hari tout droit sorti des pages de Sports Illustrated.

Heureusement, plein de petites choses viennent sauver la série :

– Tout d’abord, de très bons comédiens et une évidente implication à nous faire sentir comme faisant partie de la « famille ».

– Ce sentiment de communion est renforcée par la lente évolution des personnages, la découverte de leurs racines ou de leurs parents.

– Un côté ludique et rafraichissant qui fait du bien entre deux séries plus contraignantes.Et pour faire passer la pilule souvent un peu grosse, toute occasion est bonne pour faire un clin d’oeil à une autre série (Lost, Breaking Bad), un film (Star Wars, Matrix, The big lebowsky).

– Chuck c’est aussi une pelletée de seconds rôles qui marquent la série (Big Mike, Jeff et Lester), de guest stars au long cours (Scott Bakula, Linda Hamilton, Timothy Dalton, Mattew Bommer, Brandon Routh).

Chuck, c’est sans conteste une série pour Geek rien que par les nombreuses références sur lequel elle s’appuie. Mais ce positionnement qui pourrait paraître une faiblesse est au contraire un fort courant fédérateur : le Geek a depuis longtemps quitté les chemins embourbés de donjons et dragons et de Tron pour arpenter des chemins aussi divers que le cyberpunk, le fanboy ou le spécialiste du cinéma underground. Le geek est l’encyclopédie de la la sub-culture devenue mainstream.

C’est la fin d’un plaisir coupable à regarder cette série un peu fleur bleue et rigolote que certains jugeraient insupportables.

 

 

 

 

Alcatraz

Alcatraz

créée par Elizabeth Sarnoff, Steven Lilien et Bryan Wynbrandt

produite par J. J. Abrams


 

les wc : au fond à droite

J‘ai trainé des pattes avant de regarder cette série. C’est tout simplement la crainte d’être déçu qui semaine après semaine m’a empêché de visionner la dernière production de JJ Abrahams (Alias, Fringe, Lost). J’ai le même blocage avec la dernière saison de Breaking Bad : allez savoir pourquoi, je ne suis pas allé plus loin que l’épisode 2 alors que j’ai englouti les autres saisons à la vitesse V.

Alors hier soir, dans un acte de folie que je ne m’explique pas encore, j’ai regardé les deux premiers épisodes.

Posons tout d’abord le décor, ce qui n’est pas trop dur avec un tel titre.

Officiellement la Prison d’Alcatraz (dans la baie de San Francisco sur l’île du même nom) a été fermée en 1963 pour des raisons de coût de rénovation trop important. Mais que nenni pas du tout en fait, bandes de pauvres hères crédules. Lors d’une visite de routine le 21 mars 1963, deux policiers retrouvent la prison vide : prisonniers et gardiens (300 personnes) se sont évaporés. Rien ne permet d’expliquer ce phénomène, tout semble normal hormis ces disparitions : les moteurs ronronnent, tout est éclairé, et chaque cellule conserve les affaires des prisonniers.

50 ans plus tard, des prisonniers réapparaissent aussi mystérieusement, non affectés par le temps et les événements. encore plus mystérieux, chacun se retrouve en possession d’objets (en général une clef) , de moyens de paiement et semble animé d’un but précis (en général rattraper leur passé en se vengeant).

Je crois qu'on qu'on a endormi tout le monde

Avec les cadavres qui apparaissent dans leur sillage, inévitablement la police s’en mêlent en la personne de L’inspecteur Rebecca Madsen (on a fait mieux au niveau charisme) qui plus fufutte que les autres comprend que c’est pas normal tout ça. Pour l’épauler dans cette enquête hors normes, elle fait appel à Diego Soto, un spécialiste d’Alcatraz, scénariste de BD à ces heures, geek, spécialiste de Photoshop et de la répartie inutile.

Pour que le série gagne en épaisseur (ou en lourdeur au choix), une personne un peu mystérieuse débarque comme de par hasard pour dire que cette histoire le concerne, badge super sérieux à l’appui, circulez, y a rien à voir. Dans le rôle du méchant pas méchant, on a déterré Sam Neill spécialiste du genre.

Mais comme faut bien faire une série, on met tout ça ensemble, on secoue bien fort à coups d’antagonismes, de révélations chocs sans trop en dire parce qu’on a prévu une saison. Car pour qu’une série pas d’un statut « un épisode, une histoire » vite pénible, il faut y rajouter un fil conducteur mi-fantastique mi-complotiste à la sauce Lost.

Pour résumer, après deux épisodes, on se demande comment tout cela va continuer tellement on se sent saisi par l’ennui. La réalisation et la savoir faire américain permet de sauver les meubles et de nous permettre de gober ça sans trop nous plaindre

Il faut vraiment espérer qu’on aura droit à un coup d’accélérateur sous peine de s’endormir au volant.

 

 

 

Californication Saison 5

Ce qui est bien dans cette série, c’est qu’elle ne change pas….

Même décor, même personnage, même finesse.

5 ans ont passé. Hank a quitté Los Angeles pour la méga pouponnière de New-York. Il semble avoir pondu un nouveau bouquin à succès sur ses aventures californiennes et se la coule douce entre aventures sans lendemain.

Mais pour ne pas dénaturer le titre de la série, il faut bien que notre héros reprenne le chemin de l’ouest et c’est chose faite après un coup de fil de son agent chauve. Ce départ est aussi précipiter par les désirs de vengeance d’une femme éconduite.

 

En même pas quelques minutes d’épisode, la machine à baiser et fantasmer carbure à fond : évocation de la sodomie, partie de cul dans des toilettes d’avion,etc.

Certaines choses ont un peu bougé chronologie oblige : la femme de Hank s’est mis en couple avec un briscard qui tient tête à Hank (on sent la paix des braves), sa fille est à l’université et Ruckle s’apprête à accomplir son pari : coucher avec 100 femmes.

Etre spectateur prend tout son sens avec Californication : on suit nonchalamment ces personnages comme dans une émission de téléréalité mais on glousse intérieurement à chaque transgression ou enfantillage des personnages. C’est comme un petit shoot hebdomadaire que permet le format court de cette série.

Hank poursuit sa longue (qué)quête auto destructrice au gré des flots, sans réfléchir plus loin que ne lui permet son entrejambe. Bizarrement, ce libertaire infatigable laisse vite place au père à principe quand il s’agit de sa fille. Néanmoins, soucieux de ne pas se faire détester, Hank freine des quatre fers pour ne pas s’en prendre à son petit copain fumiste et impétueux.

Runckle est pratiquement en ménage à trois avec son ex-femme hystérique et son ami. Il doit aussi s’occuper de son fils de deux ans, très peu protégé des sauteries à répétition des adultes qui l’entourent. Cette promiscuité n’est pas sans entraîner quelques troubles de comportement

Finissons par nous pencher sur le pseudo fil conducteur de cette saison. Hank rencontre une Star du gangsta rap qui lui demande d’écrire un scénario pour un film à sa gloire : surement une occasion de faire frotter notre littéraire de héros aux archétypes du genre : démesure, flingues, drogues pépés et mauvais goût.

Du tout bon !!

 

TOUCH : une série sur le fil

TOUCH : Episode Pilote

Par Tim Kring.

avec Kiefer Sutherland, danny Glover.

Cette nouvelle série du créateur de Heroes nous compte la destinée d’un enfant autiste de 11 qui n’a jamais prononcé un mot. Elevé par un père (Kiefer Sutherland) qui a sacrifié sa carrière de journaliste pour s’occuper de son fils, Jake passe ses journées à poser sur le papier des suites de chiffres qui semblent sans queue ni tête. Echappant à toute logique et tout contrôle, le père voit son fils lui échapper aussi bien dans une relation ou l’affect n’existe pas que dans une séparation en institut spécialisé.

Mais derrière ce chaos de chiffres, Jake trace les grandes lignes qui font la trame du monde à travers l’espace et le temps. Il voit les destins qui se croisent et les harmonies mathématiques qui se déploient. Loin d’être coupé du monde, il le vit au delà de toute perception humaine, ce qui le bannit définitivement des autres humains.

Ce pilote (qui pourrait aussi bien être un one shot par son histoire) nous montre comment jake voit le monde . Nous suivons tout d’abord le destin de téléphones perdus dans des aéroports qui ,passant de mains en mains à travers le monde, enclenchent toute une série d’actions contradictoires mais qui tendent en fait vers un unique but, l’accomplissement d’une destinée : une chanteuse en irlande, un jeune irakien, un VIP qui a perdu sa fille, un pompier du 11 septembre 2001.

 

Il a fallu attendre un instant T pour que l’enchevêtrement de fils, de corrélations, de hasard arrive au but fixé par Jack : que son père le comprenne enfin. Loin d’être l’enfant isolé qu’il est, c’est au contraire jake qui manipule le destin.

 

Cet épisode n’est pas sans défaut : On a bien sur un gros sentiment de déjà vu. on pense à des films (le 6ème sens, Prédictions) où à la série Heroes par les portraits croisés aux quatre coins de monde, le côté mystique, con côté niaiseux

Le plus ennuyeux reste le côté grosse ficelle. Pour exemple : le père commence à se poser des questions, tape trois mots clefs sur un moteur de recherche, tombe comme par hasard sur le site internet d’un institut. Quand il rencontre le pseudo savant (Danny Glover) responsable de l’institut, celui-ci sait pile poil sortir la phrase qui va mettre le père en confiance.

Néanmoins, ne venons pas nous plaindre du côté Deus Ex machina puisque justement c’est le propos fondateur de la série. Même quand Kiefer Sutherland croit agir, il n’est qu’une variable d’ajustement dans les plans de Jake. C’est gros, c’est énorme mais c’est le principe de l’improbable non?

Malgré tout, cet épisode m’a particulièrement touché car les images, les histoires, la musique véhiculent une atmosphère propice à l’émotion. sans compter que je ne peux m’empêcher de me transposer en tant que père face à cette histoire.

 

Reste la grande interrogation : comment faire de cet exercice une série qui tient sur la durée.

– Verra t-on à chaque épisode apparaître une nouvelle série de chiffres et une course contre la montre pour essayer de comprendre ce que dit Jack?

– La série s’épaissira t-elle à travers des trames hors épisode (en évitant la théorie du complot, une agence mystérieuse à la con)?

L’ennui avec Tim Kring, c’est qu’il accouche en général d’un très bon concept et qu’il n’arrive pas à le mener à bout avec la qualité espérée.

Nous verrons bien en Mars quand la série débutera vraiment.