L’étrange vie de Nobody Owens

 

Neil Gaiman (Auteur),

Dave MacKean (Illustrations)

 

Il est des événements qui vous gâchent un été : le mauvais temps, une panne de bagnole, la varicelle…

Mais parfois il vous suffit de peu de choses pour vous construire des souvenirs oh combien meilleurs.

En ce qui me concerne, cela s’est concrétisé pas plus tard que ce week-end grâce à la lecture de ce petit bouquin de Neil Gaiman, allongé dans un hamac sous le feuillage d’un arbre.

Je sais bien que le risque d’être déçu était bien faible sachant combien j’apprécie cet auteur par ces livres (American Gods, Anansi Boys), ces scénarios de Comics (1602, The Eternals) ou les adaptations ciné qui on été faites (Coraline, Stardust).

 

Petit apparté d’ailleurs, je viens de me rendre compte en consultant Wikipédia qu’il est marié à la chanteuse Amanda Palmer, que j’apprécie beaucoup aussi !!!

 

 

Ce livre commence par un drame des plus terribles : l’assassinat d’une famille par un tueur sans pitié appelé « le Jack » (ce qui fait penser à qui vous savez). Seul un petit enfant échappe au tueur en trouvant refuge dans le vieux cimetière situé sur la colline avoisinante. Celui ci a traversé les siècles, entre parc naturel, tombes branlantes et vieux caveaux marmoréens à l’architecture ambitieuse. Ce n’est là qu’un des aspects de ce cimetière qui semble posé là depuis que l’Angleterre est une île.

Les habitant vaporeux et fantomatiques du cimetière se chargent de protéger la petite âme sans défense et d’assurer son éducation : Voilà donc le Petit Nobody Owens (du nom de ses « parents » adoptifs) citoyen à part entière du cimetière, privilège qui lui permettra, bien que vivant, de percevoir le monde caché de cet étrange lieu. Protégé par Silas, son tuteur, personnage énigmatique qui sans être un fantôme n’est pas vraiment humain, il va partir à la découverte de ce que le commun des mortels ignore.

En grandissant, il essaiera de connaître le monde extérieur avec plus ou moins de succès surtout que l’ombre du tueur de ses parents rôdent encore, menaçante.

A chaque chapitre, nous suivons le petit garçon (puis le jeune adulte) partant à la découverte de nouveaux habitants plus étranges et farfelues que les autres : un poète maudit, une sorcière brulée, des goules, une vouivre. Même la mort fera quelques apparitions

Impossible de ne pas penser au Livre de la Jungle de Kipling en lisant ce texte : un enfant abandonné recueilli par les animaux de la jungle dont il percera les secrets en grandissant. Dans un style plus macabre mais autant poétique et merveilleux, Gaiman en profite pour sortir du grenier les contes et légendes d’autrefois comme il a su déjà si bien le faire dans American Gods. Si l’histoire se passe de nos jours, jamais la modernité ne montre son nez tellement nous nous sentons hors du temps dans ce monde ou vivants et fantômes cohabitent et dansent même parfois lors d’une nuit unique et rare. C’est aussi une leçon d’histoire sur la manière d’enterrer les morts selon la classe sociale ou les choix de vie (en terre non consacrée).

Si ce livre est classé jeunesse, il est aussi un très bon livre pour un adulte happé dans la lecture avec le même bonheur qu’on peut avoir en lisant Peter Pan ou Alice.

Un petit bijou précieux que cette étrange vie de Nobody Owens…

En plus il est sorti en poche donc ça coûte que dalle.

 

 

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