De temps en temps, mon fiston ramène des livres de l’école. En général, on lui lit l’histoire en prélude au « bonne nuit, dors bien, chht, je ne veux plus t’entendre, TU FAIS DODO !!!!!« .
Selon l’ouvrage, on rame plus ou moins :
– S’il est court, genre une illustration par page, un mot écrit en très gros et 5 feuilles, il faut broder sec pour rendre ça intéressant aussi bien pour l’enfant que pour le parent.
– S’il est long, c’est d’autant plus pénible si c’est ennuyeux ou si l’histoire traine en longueur à cause des « mais pourquoi? » à répétition du gamin.
Comme il ne sait pas lire, on peut gruger en disant n’importe quoi pour aller plus vite. Mais avec l’âge, il est devenu méfiant et plus malin. Il sait repérer des mots que j’aurais pu discrètement oublier. Autre méthode qu’il applique dernièrement : obligation de lire avec le doigt qui suit le texte comme une espèce de karaoké mais en slam.
Tout ça pour dire que dans la masse des histoires lénifiantes et cucul, une petite exception s’est glissée dernièrement.
Il s’agit du livre Tchou-Tchou d’une artiste japonaise Naokata Mase. Nous y suivons les pérégrinations d’un petit train à travers le Japon : forêts, plage, montagnes enneigées sont autant de paysages qui sont traversés avec luxe de détail et de raffinement. Chacune de ces fresques est ponctuée par un passage dans un tunnel sombre où les passagers du train rit, mange et s’agite. Des découpes dans les pages simulent une vraie entrée et sortie du tunnel vers les pages de paysage.
Le trait rappelle à la fois la famille Yamada pour les petits personnages et les estampes japonaises pour les dessins.
Le texte en lui même est très discret et ne fait qu’orienter le lecteur vers le plaisir de la découverte dans les petits détails qui parsèment les dessins.
Une bande dessinée, c’est comme un album de musique, il faut le lire plusieurs fois avant de savoir si on l’appréciera ou pas. Ou du moins en ce qui concerne la page blanche se laisser le temps de la digestion.
Car de prime abord, sa lecteur laisse une impression de creux, d’inutilité et d’inintérêt.
Ce livre nous raconte l’histoire d’Eloïse qui sur un banc de Paris ne sait plus qui elle est. Amnésique, elle ne se souvient de rien en ce qui la concerne, sa vie et son entourage. Autant elle se souvient qui est Britney Spears et Marc Levy, autant rien ne lui vient à l’esprit quand elle essaie de se souvenir de son nom ou de son travail.
A partir de là, de quelques indices, elle va tenter de remonter la piste de son identité et des raisons de son amnésie.
On pourra surement faire beaucoup de critiques sur le dessin (parfois très moche), sur le scénario parfois trop empreint de Boulet dans les délires (le coup des fins multiples). On pourra regretter l’étalement sur 200 pages trop clair et trop en ligne claire. On pourra s’étonner de la manière dont Eloïse mène l’enquête en se défaussant des manières les plus logiques de le faire (Elle traine à passer par la case Médecine). Parfois, certaines scènes sont cousues de fil blanc ou ont un air de déjà-vu (le coup du passage chez les psys).
Tout ça laisse certainement un gout amer quand on a payé 22 euros ce pavé un peu léger.
Mais on peut reconnaître que Pénélope Bagieu a abattu un sacré boulot avec des planches au découpage complexe et souvent chargé. Certaines cases souffrent cependant de problème de perspective (la plus bizarre à mon sens est celle avec les agents du FBI du début). Ensuite on ne peut pas lui faire le reproche d’avoir son style bien à elle.
Ensuite on peut s’interroger pour voir ce qui se cache derrière ce creux ou pour se rassurer de son achat, au choix
Car ce n’est pas l’amnésie qui frappe Eloïse mais juste le fait d’avoir oublié ce qu’elle elle est. Sans vouloir vous révéler la fin de l’intrigue, Eloïse cherche souvent plus à s’imaginer qu’à se retrouver (il suffira de penser à l’épisode de la balançoire).
Après tout, le mythe de la page blanche renvoie plutôt à l’angoisse de l’écrivain qui partant de rien invente une histoire. Il en va de même ici.
6/10 avec ma bienveillante indulgence.
PS : Pour ceux qui veulent avoir un avant goût, Boulet a mis en partage le premier chapitre sur son site : Cliquer ici.
En deux tomes pour des raisons d’édition : Il faut lire les deux livres l’un à la suite de l’autre.
Mais quel plaisir de lire ce genre de livres après un Greg Bear si éprouvant.
Nous voici revenu dans la Culture, cette civilisation hédoniste et anarchiste où les humains vivent dans l’insouciance sous l’oeil bienveillant d’Intelligences artificielles, les Mentaux.
Pourtant, dans cet ouvrage, nous sommes plus mêlés à des races hors culture plus ou moins avancées technologiquement.
Ce livre qui paraît très linéaire de prime abord nous permet d’appréhender pas mal de questionnements : l’opposition réel/virtuel, la moralité des nos actes ou tout simplement la notion de pérennité de la conscience.
Ce qui frappe avant tout, c’est que les simples individus dont nous suivons les histoires sont totalement soumis aux forces gigantesques qui façonnent les sociétés. Ballotés, utilisés , ils ne sont là que pour être témoins des combats violents et des manoeuvres d’échiquiers inter galactiques.
Le combat qui sert ici de fil conducteur sont les enfers virtuels. Dans ce futur lointain, la mort a été vaincue technologiquement. Chaque individu peut choisir d’être téléchargé dans un substrat virtuel où il passera l’éternité s’il le désire. Les individus sont équipés de lacis neural qui leur permet de se sauvegarder en temps réel et d’éviter ainsi l’oblitération en cas de mort subite.
Mais cette disparition de la mort qui justifierai à elle seule la disparition de la religion embarrasse certaines civilisations pour qui la morale ne peut reposer que sur celle-ci et notamment son au-delà le plus tragique : L’Enfer. Si celui-ci n’existait plus, ce serait la fin de la cohésion sociale, les gens n’étant plus soumis à un jugement dernier.
On retrouve ici l’argument comme quoi il n’existe pas de morale en dehors de l’existence de la religion. Les chapitres qui décrivent ces enfers n’ont rien à envier à des peintures de Jérome Bosch. Les tortures et supplices décrits dans le livre sont d’un raffinement extrême où chaque individu broyé, dépecé, brulé vit une éternité de supplice pour le « bien » d’une société bien réelle.
Cette pratique est la cause d’une guerre larvée entre Pro et anti enfers au travers d’autres univers virtuels où des soldats désincarnés se battent sous divers formes. Les Antis, sentant qu’ils sont en passe de perdre la bataille joue leur va-tout en essayant de déplacer le conflit dans le réel et d’annihiler physiquement les lieux de stockage de ces enfers.
Au milieu de ce cauchemar, nous suivons le destin d’individus qui sont plus des pions qu’autre chose.
Lededje Y’brecq, est une esclave d’un richissime homme d’affaires, Veppers, de l’Habilitement Sichultien. Marquée à vie par des tatouages complexes, elle est un paiement pour dette d’une famille déchue. Egocentrique, violent et tyran sans bornes, Veppers traite Lededje pour ce qu’elle est : un objet de luxe, symbole de sa puissance. Ne supportant plus d’être violée et maltraitée, Lededje s’enfuit mais est rattrapée et tuée. Mystérieusement elle se retrouve ressuscitée à bord d’un vaisseau monde de la Culture, le VSG Sens dans la Démence, Esprit parmi la Folie. Saisissant cette chance et les possibilités infinies de son protecteur, elle cherche par tous les moyens à retourner chez elle pour tuer Veppers.
Vatueil fait partie de ses soldats tués et ressuscités maintes fois dans ces guerres entre Antis et Pros Enfer dans des mondes désincarnés et délirants. Réduits à sa plus simple essence, Vatueil n’arrive plus à savoir ce qui reste de réel en lui.
Yime Nsokyi travaille pour la Culture, dans le cadre de Contact et plus précisément de Quiétus, la branche chargée de gérer les relations avec les mondes virtuels. Craignant un embrasement du conflit, elle est envoyerenquêter à la frontière d’autres civilisations , le Reliquariat de Nauptre (pro enfers) et la Fédération Culturelle Géseptienne-Fardésile. Celles-ci contrôlent le Disque Tsungariel, une espèce de conglomérat de « Fabricaria » pouvant construire rapidement des centaines de millions de vaisseaux spatiaux. RDN, FCGF, Sichultien, tous tentent de tirer profit du conflit pour gravir des échelons dans l’échelle galactique.
Prin et Chay, deux Pavuléens ont volontairement rejoint l’Enfer de leur monde pour témoigner des atrocités qui y sont faites.
Moralité : tout le livre tourne autour de ce concept.
Une société peut elle être morale sans l’existencet d’un châtiment post Mortem?
Peut-on juger de la moralité d’une autre société sans être taxé d’ethnocentrisme. Pouvons nous de même intervenir si cela entraine des entorses à notre propre morale. Bizarrement, la récente polémique sur les civilisations qui secouent le cénacle politique trouve un écho dans ce livre
Autre moment fort abordé dans ce livre:qu’est ce qui fait l’essence de notre personnalité?
Personnage sauvegardé, ressuscité, transformé, amélioré, dupliqué, que reste t-il de l’essence même de l’individu? Malgré toute ces prouesses technologiques, la mort est toujours présente. Un individu qui ressuscite n’est pas le même qui celui qui meurt.
En fait, les personnages les plus humains de ce livre sont les mentaux des vaisseaux spatiaux, notamment Demeister, l’avatar du « En Dehors des Contraintes Morales Habituelles« . Excentrique, gamin, énervant, disposant d’une force capable de balayer des armadas entières, il reste quand même un vaisseau de la Culture qui cache sous une fausse nonchalance, les visées interventionnistes de notre super civilisation.
Vous l’aurez compris, c’est un très bon roman, formidablement bien écrit, lisible et fluide et plein d’humour. Sous son côté Space Opéra, c’est un formidable moment de réflexion
Etonnant comment certaines choses se rappellent à vous alors que vous ne faites rien de spécial.
Prenez par exemple Bastien Vivès, jeune auteur de BD, très tendance ces derniers temps pour ses derniers ouvrages : « Polina », « Le gout du chlore » ou le sulfureux « Melons de la colère ».
Il a dernièrement reçu le prix de la critique BD au festival d’Angoulême. Il est plutôt classé comme auteur de Roman graphique où le dessin très épuré fait plus place à la narration.
En général, c’est pas trop ma tasse de thé étant très sensible à l’accroche graphique d’une BD. Parfois je me fais violence quand l’histoire ou le talent efface ce préjugé.
Donc Bastien Vivès, j’en entendais surtout causer à travers les blogs BD que je lis ici et là. Son style plutôt décrit comme décalé et parfois pince sans rire avait tout pour me plaire. Mais mon budget n’étant pas extensible, il n’était pas ma priorité.
Et pourtant ce matin en allant chercher ma baguette de pain à la librairie du coin, je suis tombé sur ce petit ouvrage : « Le Jeu vidéo« .
Passe ton chemin si cet objet ne te dit rien
Disons le tout de suite : le dessin est minimaliste et donne parfois l’impression d’être bâclé : personnage à la grosse plume à peine silhouetté et sans yeux, un lavis vite posé. Mais ne nous y trompons pas. Si le style est brut, le trait est juste, les expressions superbement rendus même à travers l’aspect figé et répétitif des personnages. Il y a de quoi rebuter le lecteur néanmoins.
Mais ce qui sauve ce livre, c’est son humour, sa sociologie fine du jeux vidéo et de la psychologie des gamers. Tout le monde y passe : le mec qui se veut cool, la relation père-fils gamer, les filles et les jeux vidéos, le marketing machiste, les potentats des serveurs privés. Chaque petite tranche de vie fait mouche et le plus souvent l’auteur porte un regard cynique sur l’influence grandissante du jeu vidéo sur nos comportements en société.
Mais attention là encore, pour que vous soyez emballé comme je l’ai été, il faut avoir été initié au code du gamer, avoir traversé les grands âges de la console et du jeu en réseau. Sans ça vous serez, soit certainement perdus, soit vous trouverez cela puéril et con.
Mais pour peu que vous soyez un vieux broussard comme je le suis ou que vous ayez tâté du gamepad, vous serez à coup sûr touché et emprunt de nostalgie par ce petit bouquin sans prétention.
créée par Elizabeth Sarnoff, Steven Lilien et Bryan Wynbrandt
produite par J. J. Abrams
les wc : au fond à droite
J‘ai trainé des pattes avant de regarder cette série. C’est tout simplement la crainte d’être déçu qui semaine après semaine m’a empêché de visionner la dernière production de JJ Abrahams (Alias, Fringe, Lost). J’ai le même blocage avec la dernière saison de Breaking Bad : allez savoir pourquoi, je ne suis pas allé plus loin que l’épisode 2 alors que j’ai englouti les autres saisons à la vitesse V.
Alors hier soir, dans un acte de folie que je ne m’explique pas encore, j’ai regardé les deux premiers épisodes.
Posons tout d’abord le décor, ce qui n’est pas trop dur avec un tel titre.
Officiellement la Prison d’Alcatraz (dans la baie de San Francisco sur l’île du même nom) a été fermée en 1963 pour des raisons de coût de rénovation trop important. Mais que nenni pas du tout en fait, bandes de pauvres hères crédules. Lors d’une visite de routine le 21 mars 1963, deux policiers retrouvent la prison vide : prisonniers et gardiens (300 personnes) se sont évaporés. Rien ne permet d’expliquer ce phénomène, tout semble normal hormis ces disparitions : les moteurs ronronnent, tout est éclairé, et chaque cellule conserve les affaires des prisonniers.
50 ans plus tard, des prisonniers réapparaissent aussi mystérieusement, non affectés par le temps et les événements. encore plus mystérieux, chacun se retrouve en possession d’objets (en général une clef) , de moyens de paiement et semble animé d’un but précis (en général rattraper leur passé en se vengeant).
Je crois qu'on qu'on a endormi tout le monde
Avec les cadavres qui apparaissent dans leur sillage, inévitablement la police s’en mêlent en la personne de L’inspecteur Rebecca Madsen (on a fait mieux au niveau charisme) qui plus fufutte que les autres comprend que c’est pas normal tout ça. Pour l’épauler dans cette enquête hors normes, elle fait appel à Diego Soto, un spécialiste d’Alcatraz, scénariste de BD à ces heures, geek, spécialiste de Photoshop et de la répartie inutile.
Pour que le série gagne en épaisseur (ou en lourdeur au choix), une personne un peu mystérieuse débarque comme de par hasard pour dire que cette histoire le concerne, badge super sérieux à l’appui, circulez, y a rien à voir. Dans le rôle du méchant pas méchant, on a déterré Sam Neill spécialiste du genre.
Mais comme faut bien faire une série, on met tout ça ensemble, on secoue bien fort à coups d’antagonismes, de révélations chocs sans trop en dire parce qu’on a prévu une saison. Car pour qu’une série pas d’un statut « un épisode, une histoire » vite pénible, il faut y rajouter un fil conducteur mi-fantastique mi-complotiste à la sauce Lost.
Pour résumer, après deux épisodes, on se demande comment tout cela va continuer tellement on se sent saisi par l’ennui. La réalisation et la savoir faire américain permet de sauver les meubles et de nous permettre de gober ça sans trop nous plaindre
Il faut vraiment espérer qu’on aura droit à un coup d’accélérateur sous peine de s’endormir au volant.
Qui dit Week-end frisquet dit une bonne occasion de regarder tranquillement un film sur le canapé à l’heure du goûter et du chocolat chaud.
Pour que la sauce prenne, il vaut mieux une comédie légère pas trop longue qui puisse divertir sans occuper à 100% les méninges. Si vous avez comme moi un gamin qui traine dans les pattes, évitez les films gore ou de zombis.
Petit zapping sur le bourrier : Et pourquoi pas Burke and Hare (in inglish) avec Simon Pegg (Shaun of the dead, spaced, hot fuzz, Paul, j’en passe et que du meilleur) et Andy Serkis (le Gollum du seigneur des anneaux).
Le propos est alléchant : deux pourvoyeurs en cadavre dans l’Ecosse du début du XIXème. Ca sent les situations cocasses et le cynisme à l’anglaise.
Ah puis tiens, c’est réalisé par John Landis, le créateur des Blues Brothers, Gremlins qui revient à la réalisation après 10 ans de silence : une nouvelle occasion de se lancer dans l’histoire d’un duo de choc.
William Burke en os mais pas en chair
Ca commence plutôt bien avec une description historique de l’intrigue : la rivalité de deux académies de médecine qui souffrent du manque de corps à disséquer
On continue avec une plongée des bas-fonds d’Edimbourg en suivant nos deux compères en manque d’argent mal acquis qui voit dans le déterrage de cadavres et l’assassinat du quidam de passage une rentrée efficace et facile de revenus.
Mais malgré un début prometteur où quiproquos et plans foireux s’enchainent plutôt efficacement, le film s’essouffle assez vite. l’accent mis sur l’amourette entre Pegg et l’actrice shakespearienne ancienne prostituée n’apporte pas grand chose à part un ennui certain. Le financement par le brigand d’une pièce d’Hamlet uniquement féminine n’a pas plus d’intérêt que son fondement pré-historique (Sarah Bernhardt jouera le rôle d’Hamlet en 1886).
La sauce ne prend pas non plus en ce qui concerne la relation entre Pegg et Serkis. On en revient vite à regretter l’absence du comparse habituel de Simon Pegg, Nick Frost.
La reconstitution historique sent clairement le manque de moyens et on tente à chaque instant d’en montrer le moins possible, par exemple avec une brigade de police de seulement trois individus.
Que reste t-il de vraiment intéressant dans ce film : peut-être bien les dix premières et dernières minutes du film qui nous rappellent la réalité historique de cette histoire (quelque peu romancée) de deux assassins et de leur triste fin. L’un des deux passera lui-même sur le billard comme objet de dissection avant de finir ses vieux jours comme squelette au musée du collège de médecine d’Edimbourg. La fin est aussi l’occasion de croiser quelques personnages au destin plus que glorieux tel Charles Darwin et Nicéphore Niepce et son héliogravure.
En sortant du cinéma, j’ai voulu comparer le deuxième opus avec le premier. Je n’ai pas pu le faire tellement l’histoire du premier épisode s’était complètement effacée de ma mémoire. Ne restent que de vagues souvenirs de scènes de bagarres et d’agitations brouillonnes.
cette fois ci, le scénario fait plus preuve de clarté en s’embarrassant moins pratiquer le rembobinage pour détricoter les actions de Sherlock Holmes. Le film joue plus la carte de l’explication anticipée en nous plongeant dans les méandres du cerveau du détective. Comme dans une partie d’échec, Sherlock Holmes anticipe plusieurs coups à l’avance avant d’agir. Cette analogie réapparaîtra d’ailleurs en vrai dans le film.
Comme d’habitude, puristes, passez votre chemin. Dans ce Sherlock Holmes, il n’y a que le nom tellement les personnages sont librement inspirés des romans. Il reste bien sûr l’esprit acéré et égocentrique, la capacité de déduction mais le reste est vraiment bien éloigné du héros de Conan Doyle. C’est avant tout le film d’un duo de choc flegmatique et ambigu. Il n’y a pas de honte à manier les genres dans cette Angleterre de fin de siècle et victorienne. Cela met fait penser à une biographie de keynes que j’ai lue il n’y a pas si longtemps : on s’y marie tout en étant ouvertement homosexuel. Mais nous nous éloignons.
La période (1891) qui s’ouvre avec cette histoire est des plus propices à l’intrigue : nous sommes aux portes de la première guerre mondiale : les nations européennes ne font guère d’effort pour atténuer leurs tensions belliqueuses. La révolution industrielle s’amplifie (on voit les travaux du métro à Londres), la technologie progresse à grand part notamment quand il s’agit de tuer. La figure du marchand d’armes Krupp n’est pas très loin, ni celle de Basil Zaharoff (merci Tintin).
Pour ne rien arranger, les attentats anarchistes se multiplient dans les capitales européennes. Le film se risque à une allusion historique avec le personnage de Ravache qui fait bien entendu penser à Ravachol.
Entraperçu dans le premier Film, Le professeur Moriarty ne se cache plus et avance ses pions à travers l’Europe. Sherlock Holmes, de son côté, semble désarmé face à cet ennemi implacable ; le mariage de Watson n’arrange rien quant à son équilibre psychologique. Mais par la force des choses la fine équipe doit s’embarquer dans un long périple à travers l’Europe pour damer le pion à un Moriarty qui semble toujours avoir un coup d’avance.
Comme je le disais, le scénario est plus reposant : pas de flashback à répétition, juste une présentation anticipée des actions de Holmes avant un combat. Comme je l’ai précédemment dit, le jeu d’échec est vraiment au coeur de l’histoire.
Et sinon, tu connais Artemus Gordon?
Du côté des acteurs, Robert Downey Jr se fond dans son personnage d’ahuri égocentrique avec délice. Jude Law l’accompagne à la perfection que ce soit dans leurs échanges verbaux que dans leurs échauffourées. Ce couple fait diablement penser à d’autres, que ce soit celui des de duos virils des séries américaines (Riptide, Simon&Simon), les séries anglaises (Amicalement Votre) pour le côté décalé entre flegme et castagne ou la série d’époque comme Les brigades du Tigre ou les romans d’Arsène Lupin (je pense à 813).
Mais la plus belle des références qui me vient à l’esprit reste « Les mystères de l’ouest« . Ici aussi, on manie l’ambiguïté et le gout du (mauvais) travestissement. Comme dans la série, on croise des inventions diaboliques et les femmes sont de simples objets d’apparat. Comment ne pas voir l’analogie entre Moriarty et le Docteur Lovelace. mais qui inspire qui après tout?
En parlant de déguisement, le film semble faire un clin d’oeil au joker de Batman (celui avec Heath Ledger) au moment où, du déguisement féminin de sherlock holmes, il ne reste qu’un visage maquillé, une tignasse hirsute et un sourire grimaçant accentué par un rouge à lèvres étalé.
Pour les autres rôles, Jared harris (un méchant de Fringe) joue un Moriarty très convaincant. Stephen Fry est aussi très bon dans le rôle du frère british mais tout aussi excentrique de Sherlock Holmes. Du côté des rôles féminins, ils sont complètement effacés que ce soit kelly reilly ou Noomi Rapace (la punk de Millenium).
Esthétiquement parlant, c’est aussi très bien réussi. Les villes européennes de la fin XIXème sont magnifiquement rendues. je mettrai un petit bémol concernant cet espèce de filtres grisâtres utilisés pour donner une patine vieux film ou crasse apparente. Je le trouve particulièrement intrusif.
Pour le reste le film est plutôt bien rythmé sans trop de passages où l’on pourrait s’ennuyer. Certaines scènes sont particulièrement bien travaillées comme celle où on s’immisce dans les rouages des machines infernales et autres canons. La plus belle réussite reste à mes yeux la poursuite dans la forêt (vous verrez bien).
Inutile de dire que j’ai beaucoup aimé ce Film : 8/10
A ma gauche, Valérian, série mythique de science-fiction dont l’influence a débordé au delà de l’hexagone (la science-fiction américaine peut lui dire merci). C’est aussi une série qui me tient particulièrement à coeur pour m’avoir ouvert à la réflexion et participé grandement au développement de mon imaginaire.
A ma droite Manu Larcenet : dessinateur talentueux et frénétique de séries comme Blast, Retour à la terre et autre Bill Baroud.
La série Valérian s’est achevée depuis quelques années un peu en eau (trouble) de boudin. J’avais été particulièrement déçu par les derniers albums où l’on avait bien senti que les auteurs s’étaient eux-mêmes lassés et avait hâte de saborder leur oeuvre.
Rien ne semble relier ces deux auteurs et pourtant le mélange réussit plutôt bien. On retrouve quelques uns des personnages récurrents des aventures de Mézières avec les Shingouz et Monsieur albert. De Larcenet on ne retrouve que le tenancier de Bar Francisque.
En ce qui concerne l’histoire, nous suivons les aventures rocambolesques d’un pilier de comptoir poète de l’infini à ses heures qui se retrouvent embringué dans une aventure spatiale à la recherche d’un tyran sanguinaire sur une planète prison. Car sous la carapace du poivrot moustachu se cache en vérité Valérian désincarné par le dit dictateur.
cet album rappelle bien sûr l’autre space-opéra de Larcenet « les cosmonautes du futur » avec sa façon de jouer sur les faux semblants. Mais dans ce dernier album la qualité et la maturité atteignent un cran de plus en matière de dessin, de couleur et d’intrigue. On retrouve quand même les réflexions de l’auteur sur « l’humanité » (assez proche de celles des auteurs de Valérian ceci dit).
J’étais assez sceptique sur cet album et j’ai mis un moment à me décider à l’acquérir. Sans être vraiment une réelle découverte, c’est un très bon album. Il peut se lire indépendamment de la série d’origine mais on passera nécessairement à côté de certaines allusions et situations
Dernière petite chose : d’autres dessinateurs ont participé à cette BD en réalisant leur propre petit extraterrestre sur certaines cases. Ces auteurs sont listés dans les remerciements. J’avoue que ce n’est pas facile de les repérer.
Ce qui est bien dans cette série, c’est qu’elle ne change pas….
Même décor, même personnage, même finesse.
5 ans ont passé. Hank a quitté Los Angeles pour la méga pouponnière de New-York. Il semble avoir pondu un nouveau bouquin à succès sur ses aventures californiennes et se la coule douce entre aventures sans lendemain.
Mais pour ne pas dénaturer le titre de la série, il faut bien que notre héros reprenne le chemin de l’ouest et c’est chose faite après un coup de fil de son agent chauve. Ce départ est aussi précipiter par les désirs de vengeance d’une femme éconduite.
En même pas quelques minutes d’épisode, la machine à baiser et fantasmer carbure à fond : évocation de la sodomie, partie de cul dans des toilettes d’avion,etc.
Certaines choses ont un peu bougé chronologie oblige : la femme de Hank s’est mis en couple avec un briscard qui tient tête à Hank (on sent la paix des braves), sa fille est à l’université et Ruckle s’apprête à accomplir son pari : coucher avec 100 femmes.
Etre spectateur prend tout son sens avec Californication : on suit nonchalamment ces personnages comme dans une émission de téléréalité mais on glousse intérieurement à chaque transgression ou enfantillage des personnages. C’est comme un petit shoot hebdomadaire que permet le format court de cette série.
Hank poursuit sa longue (qué)quête auto destructrice au gré des flots, sans réfléchir plus loin que ne lui permet son entrejambe. Bizarrement, ce libertaire infatigable laisse vite place au père à principe quand il s’agit de sa fille. Néanmoins, soucieux de ne pas se faire détester, Hank freine des quatre fers pour ne pas s’en prendre à son petit copain fumiste et impétueux.
Runckle est pratiquement en ménage à trois avec son ex-femme hystérique et son ami. Il doit aussi s’occuper de son fils de deux ans, très peu protégé des sauteries à répétition des adultes qui l’entourent. Cette promiscuité n’est pas sans entraîner quelques troubles de comportement
Finissons par nous pencher sur le pseudo fil conducteur de cette saison. Hank rencontre une Star du gangsta rap qui lui demande d’écrire un scénario pour un film à sa gloire : surement une occasion de faire frotter notre littéraire de héros aux archétypes du genre : démesure, flingues, drogues pépés et mauvais goût.
Cette nouvelle série du créateur de Heroes nous compte la destinée d’un enfant autiste de 11 qui n’a jamais prononcé un mot. Elevé par un père (Kiefer Sutherland) qui a sacrifié sa carrière de journaliste pour s’occuper de son fils, Jake passe ses journées à poser sur le papier des suites de chiffres qui semblent sans queue ni tête. Echappant à toute logique et tout contrôle, le père voit son fils lui échapper aussi bien dans une relation ou l’affect n’existe pas que dans une séparation en institut spécialisé.
Mais derrière ce chaos de chiffres, Jake trace les grandes lignes qui font la trame du monde à travers l’espace et le temps. Il voit les destins qui se croisent et les harmonies mathématiques qui se déploient. Loin d’être coupé du monde, il le vit au delà de toute perception humaine, ce qui le bannit définitivement des autres humains.
Ce pilote (qui pourrait aussi bien être un one shot par son histoire) nous montre comment jake voit le monde . Nous suivons tout d’abord le destin de téléphones perdus dans des aéroports qui ,passant de mains en mains à travers le monde, enclenchent toute une série d’actions contradictoires mais qui tendent en fait vers un unique but, l’accomplissement d’une destinée : une chanteuse en irlande, un jeune irakien, un VIP qui a perdu sa fille, un pompier du 11 septembre 2001.
Il a fallu attendre un instant T pour que l’enchevêtrement de fils, de corrélations, de hasard arrive au but fixé par Jack : que son père le comprenne enfin. Loin d’être l’enfant isolé qu’il est, c’est au contraire jake qui manipule le destin.
Cet épisode n’est pas sans défaut : On a bien sur un gros sentiment de déjà vu. on pense à des films (le 6ème sens, Prédictions) où à la série Heroes par les portraits croisés aux quatre coins de monde, le côté mystique, con côté niaiseux
Le plus ennuyeux reste le côté grosse ficelle. Pour exemple : le père commence à se poser des questions, tape trois mots clefs sur un moteur de recherche, tombe comme par hasard sur le site internet d’un institut. Quand il rencontre le pseudo savant (Danny Glover) responsable de l’institut, celui-ci sait pile poil sortir la phrase qui va mettre le père en confiance.
Néanmoins, ne venons pas nous plaindre du côté Deus Ex machina puisque justement c’est le propos fondateur de la série. Même quand Kiefer Sutherland croit agir, il n’est qu’une variable d’ajustement dans les plans de Jake. C’est gros, c’est énorme mais c’est le principe de l’improbable non?
Malgré tout, cet épisode m’a particulièrement touché car les images, les histoires, la musique véhiculent une atmosphère propice à l’émotion. sans compter que je ne peux m’empêcher de me transposer en tant que père face à cette histoire.
Reste la grande interrogation : comment faire de cet exercice une série qui tient sur la durée.
– Verra t-on à chaque épisode apparaître une nouvelle série de chiffres et une course contre la montre pour essayer de comprendre ce que dit Jack?
– La série s’épaissira t-elle à travers des trames hors épisode (en évitant la théorie du complot, une agence mystérieuse à la con)?
L’ennui avec Tim Kring, c’est qu’il accouche en général d’un très bon concept et qu’il n’arrive pas à le mener à bout avec la qualité espérée.
Nous verrons bien en Mars quand la série débutera vraiment.
Amoureux du Powerpoint et des troupeaux de consultants parasites, cette série est faite pour vous.
Nouvelle production de la chaine Showtime, elle reprend les ingrédients qui ont fait le succès des autres séries de la chaine comme Californication : cynisme, irrevérence et bien sûr des histoires de cul.
Mais ici, il n’est pas question d’écrivains à la dérive mais juste d’un consultant expert en tout, Marty Kaan (Don Cheadle) et surtout dans l’art de vous faire croire que vous avez besoin de lui aussi bien pour l’avenir de votre entreprise que pour dépenser inutilement un paquet de pognons. Cet homme, et ses trois acolytes ne sont autres que des vendeurs de leur propre soupe à coups de jargons pseudo techniques incompréhensibles, de viles flatteries et de courbes excel qui montent.
Marty s’adresse à nous chaque fois que le besoin se fait sentir d’expliquer l’escroquerie derrière le consulting. Aucun scrupule n’arrête la petite bande quand il s’agit de faire passer en notes de frais leurs soirée strip-tease et alcool à gogo.
Ce premier épisode envoie notre fine équipe se frotter avec le pdg d’une multinationale de la finance (à la Goldman Sachs), vieux briscard sans scrupules peu dupe des agitations de nos experts.
Bien sûr, ce premier épisode n’est pas sans défaut : il veut en faire trop aussi bien dans le scandale à coup de vulgarité mal placée que dans le pathos sentimental du père divorcé élevant son fils.
Les acolytes de Marty font assez palot et se révèlent pour l’instant sans saveur.
On peut regretter des facilités de dénouement, un côté très phallocrate.
Mais tous ces travers sont, je l’espère, dus à la fois au format court des épisodes (30 minutes) et à la jeunesse de la série qui oblige à en faire beaucoup et pas assez à la fois.
Tout ceci me fait penser que je regrette terriblement Better off ted.
S’il est un réalisateur contemporain qui multiplie les styles différents de cinéma, c’est bien Eastwood.
Le vieux Clint, mis à part le souvenir impérissable de l’homme des hautes plaines , a tant varié les genres, que l’on ne sait plus où on en est.
Je me demande toujours comment on peut passer de Impitoyable à Iwo Jima, du Maître de guerre à Invictus ou de La route de Madison au « tout nouveau tout beau » J. Edgar
Tout nouveau, tout vieux
Le tout nouveau traite de la vie de Hoover, le cinglé à qui les USA doivent le FBI.
Sauf que sans être désagréable à regarder, J. Edgar est long et quand même un peu loupé.
Ce film est fait de la mauvaise patte historiographique d’Eastwood qu’il nous avait déjà servi avec Invictus, et avec l’horrible duo La mémoire de nos pères / lettres d’Iwo Jima : à savoir l’attentisme, une mise en scène égalitaire souhaitant démontrer que les petites histoires font la grande histoire : une vision égalitariste des opportunités et risques qu’on su saisir les les grands hommes et ce toujours de manière partiale et surtout, beaucoup de bons sentiments.
Allez voir J. Edgar et faites face encore une fois au destin de ces hypothétique géants de l’histoire… histoire qui apparaît écrite, tracée, immuable, figée et poussiéreuse, autant de stigmates de la mise en scène volontairement longue et statique de Clint.
Une vieille histoire de style !
Le problème c’est que si le plan fixe et le silence sur fond de clair obscur se prête aux petites histoires chez Eastwood, le même calque sur les hommes célèbres ou sur les clichés historique ne peut fonctionner, chacun associant aux personnages son idée de l’homme, de l’époque de l’histoire (la grande).
Sur ce même piège s’était déjà empalé Oliver Stone avec Alexandre (blond hair re-colored ), mais pour la démonstration mieux vaut un exemple :
– Dans Invictus, Morgan Freeman qui confond le rôle de Mandela avec celui de Dieu dans Bruce tout puissant et matt damon aussi expressif que le présentateur des chiffres et des lettres… l’une des pires scènes, aucune émotion réelle, sauf que j’ai bien failli chialer (7€ la place :/ )
– Dans l’immense Impitoyable, le vieux Clint himself qui campe un péquin complètement inconnu et qui donc n’a aucun engagement historique, MAIS qui prend son temps pour le décrire
A chaque fois, les plans fixes sont répétés, pas de musique, mais la diction, l’image correspond mieux à ces scènes de vieux avec jeune qui meublent les films d’Eastwood à chaque fois qu’il aborde le thème de la transmission.
Sauf qu’en regardant les deux extraits on ne peut que taper deux sur son téléphone tant les micro expressions existent dans Impitoyable, les personnages ne sont pas contraints, et la profondeur de champ de la plaine est évocatrice. A regarder Invictus, on pourrait penser que Mandela était président d’un cabinet dentaire… pitoyable donc.
OK mais l’acteur ça compte… me direz vous … et c’est sans doute pour ça que Clint se tape lui même beaucoup de ses rôles, mais dans le cas précis de J. Edgar, Di Caprio excelle… c’est pas tant ça le hic.
Le problème est ailleurs, dans les (télé-?)lubbies du vieux qui a en sainte horreur dans ses plans planplan (haha hoo hihi) de voir un corps s’agiter. Ainsi, autour du film, vous pourrez goûter aux interviews industrielles de Di Caprio durant lesquelles on ne manquera pas de vous expliquer que pour le film, il a claquer 8M€ pour le maquillage, 7M€ pour les implants capillaire afin de mieux ressembler au facho à qui est dédié le film, et le PIB du Burkina Faso en costard.
Vraiment le hic, c’est que De Caprio est bon voir très bon, comme Damon, quand il ne reste pas statique, et là, il ne bouge dans AUCUNE SCENE BORDAYL. De même, dans le trailer on retrouve la typique voix off – scénario du pauvre inside – qui infestait Iwo Jima etc etc….
Non sérieusement, il y a rien à y faire, il a beau être filmé avec du niveau et les temps grisonnantes en 3D Dolby, si Caprio ne bouge pas, il n’insuffle pas assez d’intensité, pas beaucoup de charisme, et personne couche avec lui sur le titanic. On se demande pourquoi les gens aurait suivi un mec qui fait plus VRP de funéclair que super visionnaire. Pour exister, les personnages que le spectateur peut se représenter à l’avance ont besoin de dynamique. Je pensais pourtant que tout le monde avait vu Ali .
STP Clint, arrête l’historique…
Le film historique c’est compliqué, il ne faut pas d’anachronismes, il faut pouvoir adapter certaines valeurs morales à des idées compatibles avec nos préoccupations contemporaine, et il faut pouvoir expliquer le contexte dans les 20 -40 premières minutes.
Mémoires de nos pères et Lettre d’Iwo Jima étaient bien chiants, mais le second avait le mérite d’amener un peu de poésie et de belles images.
Rassurez vous, dans J. Edgar vous n’aurez RIEN !
Seule la photo et la perf de Di Caprio sauve un peu le truc (mais en même temps à 95% du temps à l’écran, c’est limite une expo), et si vous veniez voir J. Edgar l’un des hommes les plus puissant du 20ème siècle, vous allez découvrir le détail de psycho magazine sur les détails des relations avec maman entre deux auditions au congrès.
Plutôt que de parier sur des sources incorrectes sur la vie de Hoover j’ai tend plus à penser qu’Eastwood n’a pas cherché à faire un film d’histoire mais ENCORE une fois un film sur les origines de son pays…. des origines de sa nation et ce côté historique USA qui ne pouvait être autrement, tout comme les gens qui y ont participé n’aurait jamais pu faire d’autre choix : in USA we trust.
Une remarque sur l’histoire Lindberg par ci, une attention sur le combat anticommuniste de Hoover très détaillé par là (en passant bizarrement sous silence sa lutte contre le clan ou en surfaçant son rôle limite face au mouvement noir) … bref tout ça donne au film un ton partisan qui m’était bien pénible déjà au moment de la sortie des films sur la guerre contre ces salauds de jaunes.
Sauf que ce n’est pas en « lisant des poèmes japonais en voix off » qu’on va refaire Voyage au bout de l’enfer et ce n’est pas en faisant un plan fixe sur « le biographe du FBI en costard 3 bouton qui écoute le vieux Hoover raconter ses mémoires » qu’on va refaire vivre l’ambiance trouble du pouvoir USA façon Nixon.
–> Par contre, continue à faire des films originaux et à tordre des histoires
Où est donc passé le génie du vieux pour les métaphores, que ce soit la voiture Gran Torino que ce soit le fleuve dans Mystic River ?
Où est passée la liberté des scénarios comme dans Million dollar baby, Space cowboys ?
Quand est ce qu’on voit des répliques qui poutrent ???
-> DNC / jamais. Clint vieilli on dirait.
Parce que lorsqu’on revoit Mystic River on se convainc tout de suite qu’Eastwood sait filmer les émotions, les personnalités complexes. Ce n’est que lorsque le personnage doit apparaître au fur et à mesure du film que son cinéma est de qualité.
JE DIS CA J’DIS RIEN
après c’est sûr, y en a qui kiffent de payer 8€ pour voire un docu de qualité France 5
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