Archives de catégorie : Critiques

A Scanner Darkly

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A Scanner Darkly

  • Réalisé par Richard Linklater
  • Avec Keanu Reeves, Winona Ryder, Robert Downey Jr.


Nous voilà rendu à l’un de ces Week-Ends pluvieux et maussades qui nous greffent sur le faux cuir des nos canapés. Bizarrement, ma lecture et le film qui ont accompagné cette intense activité se sont rejoints par leur aspect métaphysique : la perception de notre réalité.

Commençons tout d’abord par le film avec une oeuvre sortie il y a bien longtemps (6 ans déjà) mais conservée depuis au sein d’un bel étui à DVD. D’un autre côté, je ne crois pas qu’elle soit beaucoup passée à la télé.

Il fut un temps où j’ai dévoré de la science-fiction comme certains dévorent des chips. Ceci dit, l’un n’empêche pas l’autre. Parmi les Asimov, Vogt, Herbert et autres Clarke, Philippe K. Dick trouva sa place. D’ailleurs pendant que j’écris, ils prennent la poussière au dessus de ma tête bien en rang : Les machines à illusions, Le Dieu venu du Centaure, le Maître du haut Château,etc.

Dick fait partie de ces auteurs au style ardu, désorientant mais d’une originalité sans faille. Substance Mort, dont le film est tiré est certainement une des oeuvres les plus personnelles et les plus dures. Toxico et pas mal schizophrène lui-même, Philippe K. Dick y décrit sans recherche d’aucune morale le quotidien de drogués, leurs choix, leurs errances et leurs destins funestes. S’y rajoute juste une dimension parano avec l’idée que la société lutte moins contre la toxicomanie qu’elle ne l’encourage.

 

Ce film est une retranscription fidèle du roman : Fred (Keanu Reeves) est un policier de la brigade des stups. Ses supérieurs ne connaissent pas sa véritable identité. Ces agents infiltrés revêtent une tenue de brouillage qui altèrent leur apparence. Il est aussi Bob Arctor, un paumé vivant avec d’autres drogués. Ils consomment abondamment la substance D (Death), une drogue bon marché qui détruit petit à petit le cerveau et altère la réalité. Ses colocs sont Barris (Downey Jr), un huluberlu infiniment bavard et brillant, Luckman, une brute primaire et Frecks le plus atteint de tous, persuadé que son corps grouille d’insectes.

Tout ce complique le jour où les supérieurs demandent à Fred de surveiller Bob Arctor, le soupçonnant d’être impliqué dans le trafic de la substance D. Commence alors une plongée vers la folie entre enquête schizophrénique et descente aux enfers.

Ce film est plutôt glauque et démoralisant. Pourtant, il ne sacrifie pas l’humour entre dialogues sans queue ni tête (le nombre de vitesses d’un vélo, la prédictibilité d’un cambriolage, le long détail des pêchés). La prestation de Robert Downey Jr vaut le détour.

Pour renforcer ce sentiment  de distorsion et de balancier entre réalité et folie, le cinéaste a utilisé un procédé de rotoscopie qui donne un effet d’animation psychédélique à l’image. Rien n’est jamais figé et tout oscille même les objets.

C’est franchement un très beau film, très prenant. J’ai particulièrement été touché quand le film s’est conclu sur les dernières pages du livre où Philippe K. Dick dédit ce livre par un hommage à ses amis morts ou cérébralement atteints par la consommation excessive de drogues (je l’ai mis plus bas).

Un film ovni et précieux : 8/10

 

 


 

Ce roman se proposait de parler de certaines personnes qui durent subir un châtiment entièrement disproportionné à leur faute. Ils voulaient prendre du bon temps, mais ils ressemblaient aux enfants qui jouent dans les rues ; ils voyaient leurs compagnons disparaître l’un après l’autre – écrasés, mutilés, détruits – mais n’en continuaient pas moins de jouer. Nous avons tous été heureux, vraiment, pendant quelque temps, coulant nos jours en douceur loin de la sphère du travail – mais tout cela fut si court… La punition qui suivit dépassait l’entendement : même lorsque nous en étions les témoins, nous n’arrivions pas à y croire. Un exemple : pendant que j’écrivais ce livre, j’ai appris que la personne qui servit de modèle à Jerry Fabin (Nota : un personnage du roman) s’était tuée. Celui de mes amis que j’ai utilisé pour construire le personnage d’Ernie Luckman était mort avant que j’entreprenne mon roman. Et j’ai été, moi aussi, un de ces enfants qui jouent dans la rue ; j’ai été comme eux ; j’ai voulu jouer au lieu de grandir et j’ai été puni. Je fais partie de la liste, de cette liste où figurent tous ceux à qui mon livre est dédié, ainsi que leur sort à chacun.
L’abus de drogues n’est pas une maladie ; c’est une décision, au même titre que la décision de traverser la rue devant une voiture lancée à vive allure. On n’appelle pas cela une maladie, mais une erreur de jugement. Et quand un certain nombre de gens s’y mettent, cela devient un style de vie – dont la devise, dans le cas présent, serait : « Prends du bonheur maintenant parce que demain tu seras mort. » Seulement la mort commence à vous ronger presque aussitôt, et le bonheur n’est plus qu’un souvenir. Il ne s’agit en somme que d’une accélération, d’une intensification de la vie telle qu’elle est vécue ordinairement. Cette existence ne diffère pas de votre propre style de vie ; elle va simplement plus vite.

Tout arrive en quelques jours, en quelques semaines, en quelques mois au lieu de quelques années.
S’argent avez, il n’est enté
Mais le despensez tost et viste

… comme l’a dit Villon en 1460. Prenez l’argent comptant et ne vous souciez pas des dettes. Mais c’est une faute, si l’on obtient qu’un sou comptant, et que les dettes durent toute la vie.
Ce roman ne dispense aucune morale ; il n’est pas bourgeois ; il ne prétend pas que ses héros ont eu tort de jouer au lieu de travailler dur ; il se contente d’énumérer les conséquences. Dans la tragédie grècque, la société commençait à découvrir la science, c’est à dire les lois de la casualité. Némésis figure dans ce roman, non sous la forme du destin, car n’importe lequel d’entre nous aurait pu décider de ne plus jouer dans la rue, mais une Némésis terrifiante qui s’acharna sur ceux qui voulurent continuer à jouer. J’en fais le récit du plus profond de mon coeur et de ma vie. Pour ma part, je ne suis pas un personnage du roman ; je suis le roman. Mais tout notre pays (Nota : l’amérique) l’était, dans ces années-là. Ce roman parle de plus de gens que je n’en n’ai connus personnellement. Le sort de quelques-uns, nous l’avons appris par les journaux. La décision de traîner avec nos copains, de passer le temps en déconnant et en jouant avec nos cassettes, ce fut l’erreur fatale des années soixante. Et la nature nous est durement tombée dessus. Nous avons dû tout arrêter en affrontant l’horreur.
S’il y a eu un « pêché », il aura consisté en ce que les gens voulaient continuer éternellement de prendre du bon temps. Ils ont été punis pour cela. Mais, je le répète, le châtiment fut démesuré. Je préfère considérer la chose d’une manière « grècque » ou moralement neutre, comme pure science, comme un jeu déterministe de la cause et de l’effet. Je les aimais tous. Voici leur liste, et je leur dédie mon amour.

À Gaylene, décédée
À Ray, décédé
À Francy, psychose permanente
À Kathy, lésion cérébrale permanente
À Kim, décédé
À Val, lésion cérébrale massive et permanente
À Nancy, psychose permanente
À Joanne, lésion cérébrale permanente
À Maren, décédée
À Nick, décédé
À Terry, décédé
À Dennis, décédé
À Phil, lésion pancréatique permanente
À Sue, altération vasculaire permanente
À Jerri, psychose permanente et altération vasculaire

Et ainsi de suite…
In memoriam. Ceux-là furent mes camarades ; il n’en est pas de meilleurs. Ils demeurent dans mon esprit, et l’ennemi ne sera jamais pardonné. « L’ennemi » fut l’erreur qu’ils commirent en jouant. Puissent-ils jouer encore, tous, de quelque autre manière, et puissent-ils être heureux.

Les Immortels

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Les immortels

de Tarsem Singh

avec Henry Cavill, Mickey Rourke, Freida Pinto, John Hurt


 

Il m’a fallu deux soirs pour regarder ce film long très long (1h50). Contrairement à ce que pourrait faire croire le titre, le film est mortel, mortellement ennuyeux.

Se revendiquant Peplum, il reprend le côté en toc du genre mais avec plus de moyens et d’effets spéciaux. Là où les films italiens en carton pâte et polystyrène peuvent se targuer d’un côté kitsch laissant libre court au lyrisme le plus débridé, le film de Tarsemn Singh est plat, soporifique et de mauvais goût.

L’histoire tout d’abord : ne cherchez pas une quelconque retranscription d’une légende de la mythologie grecque. Si on retrouve Thésée, Phèdre et les dieux grecs, le film en fait une mixture sans queue ni tête. Mais soyons bon joueur et reconnaissons le droit à l’auteur de développer sa propres histoire, les auteurs antiques grecs ne s’étant pas privés de faire de même. L’écueil vient plutôt du fait que c’est service minimum quand il s’agit d’expliquer certains éléments de l’histoire.

Re donc l’histoire : Le roi Hypérion (Mickey Rourke) est très remonté contre les Dieux qui ne sont pas intervenus pour sauver sa famille morte dans d’atroces souffrances. Voulant se venger des Dieux, Hypérion monte une armée pour libérer les Titans emprisonnés par Zeus sous le mont Tartare. Pendant ce temps, Thésée et sa mère vivent comme des parias (pourquoi?) dans un village de pêcheur. Hyperion part à la recherche de l’arc d’Epiros qui permettrait de libérer les Titans de leur prisons. Pour ce faire, il pille le temple de l’oracle et fait prisonnières les prêtresses. Comme il a un peu de temps à perdre, il va massacrer le village de pêcheurs, tuer la mère de Thésée mais laisser ce dernier en vie sinon il n’y  a pas de films. Pour finir sa boulette, il emprisonne  les prêtresses et Thésée dans une prison paumée avec trois gardes. Comme résumer l’histoire est aussi chiante que la voir, j’accélère.

– Thésée se libère, fait crac-crac avec la prêtresse

– Thésée retrouve l’arc qui est caché en fait dans le caveau familial.

– Thésée qui est un gros nigaud se fait piquer l’arc

– Thésée tente d’empêcher Hypérion de libérer les Titans et se vautre

– Les Dieux descendent pour se battre contre les titans.

– Thésée se bat contre Hypérion et le tue

– Dieux / Titans : match nul : Thésée est transféré à l’Olympe

– Fin à chier.

 

Ce film ne possède pas le souffle épique que ce genre d’oeuvre demande obligatoirement. Les acteurs sont inexistants ou sans charisme. Mickey Rourke est risible en roi sanguinaire à grosse bedaine. Pour les reste, les décors font tous carton pâte avec une couche numérique baveuse par dessus. Tout le film se pare d’une couche huileuse badigeonnée aux gros pinceaux infographiques. L’auteur a déclaré avoir voulu donner à son film des tons correspondants aux peintures de la renaissance. Et bien ça sent la mauvaise copie à plein nez.

Huileux, le film avance dans la mélasse et l’indigence cinématographique. Pas un seul instant, on ne sent transporté par l’histoire ou les acteurs ni par le saupoudrage de symboles mythologiques mal maîtrisés.

Deux choses sont positives dans ce film : la bande son et le combat final entre les dieux et les Titans où l’esthétique du combat est plutôt bien réussie. Luke Evans (Zeus) est peut être le seul acteur du film qui s’en sort pas trop mal. Il faut dire que ces pauvres Dieux ont été affublés de costumes plutôt gratinés.

Pour le reste tout est à jeter dans les oubliettes du Tartare : 2/10

 

 

 

Les aventures de TINTIN : le secret de la Licorne (version 3d)

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Les aventures de TINTIN : le secret de la Licorne (version 3d)

de Steven Spielberg et Peter jackson

 

avec les voix de Jamie Bell, Andy Serkis,

Daniel Craig, Nick Frost, Simon Pegg

 


C’est toujours avec une certaine réticence qu’on regarde une adaptation d’une bande dessinée sur le grand écran. Il est impossible de transcrire l’imaginaire déployée par chaque individu à la lecture de la BD dans une interprétation personnelle du réalisateur : Quelle voix a le le héros? Comment court-il, comment se retourne-t-il? Obligatoirement, quelque chose sonnera faux pour toute personnage qui a baigné dans les aventures sur papier. La BD est le royaume de l’ellipse : on sous entend l’action entre chaque case. La supprimer par le mouvement et la mise en scène jette un trouble

 

Voilà pour l’introduction. Et maintenant qu’en est-il pour cet épisode de Tintin. On peut sans nul doute déclarer que le travail de réalisme est magistralement réussi.

Le réalisme des décors, qui passe de la ligne claire à une vraie mise en situation, est franchement génial. Voir le Karaboudjan sur les mers, la bataille entre la licorne et le bateau de Rackham le rouge sont un vrai régal. La ville de Bagghar (un nom prédestiné) avec son palais et ses ruelles entremêlées restera comme un grand moment d’animation avec les virevoltes de Tintin et de ses poursuivants à travers le souk et autres batiments précaires.

Le réalisme du dessin est aussi préservé que ce soit par l’ambiance année 50 des lieux et la technologie. Mais la plus belle réussite à mes yeux est d’avoir réussi le passage au réalisme 3d des personnages de Tintin. Un compromis a été trouvé entre visage humain réel et personnage de BD : Tintin, Haddock, la Castafiore  et Allan sont les trois plus belles réussites (Milou s’en sort pas mal). Par contre, certains personnages d’arrière plan semblent moins bien travaillés et plus gauche (le cheikh Omar Ben Salaad par exemple).

L’histoire fait le mix entre le Crabe aux pinces d’or (indispensable pour introduire Haddock) et le Secret de la Licorne. Le trésor de Rackham le rouge a été mis de côté pour servir de base à un second film. A partir de là, tout y est : le marché aux puces (avec Hergé en portraitiste de Tintin), le Karaboudjan, la traversée en Chaloupe, le Désert (avec les mouchoirs sur la tête). D’autres éléments ont été retravaillés pour l’occasion : le combat en mer entre le Chevalier de Haddoque et Rackham le Rouge, la poursuite dans Bagghar. C’est dans ces deux scènes qu’on ressent tout ce qu’Indiana Jones doit à Tintin.

 

Le film est clairement un hommage réussi où les réalisateurs se sont un maximum effacés pour donner l’impression que c’est toujours une aventure de Tintin qu’on regarde.

Pour l’anecdote, le scénario a été plutôt conçu par des anglais dont Edgar Wright, le réalisateur de Shaun of the dead, Hot Fuzz et autre Scott Pilgrim (déjà adapté d’une BD). D’ailleurs les rôles de Dupond et Dupont sont tenus par Simon Pegg et Nick Frost, les acteurs fétiches de Wright.

Il n’y a pas à dire, on pourra penser ce que l’on veut sur l’aspect nécessairement commercial d’un tel film mais l’oeuvre est largement respectée et contentera tout tintinophile de base.

Bien sûr, le film est bourré de petits détails faisant allusion à l’univers de Tintin (articles de presse épinglés sur les murs, boites de crabe, sculpture d’un crabe aux pinces d’or). Il faudrait regarder le film à la loupe pour voir ce qui peut s’y cacher. Je suis sûr que la boucherie Sanzot traine quelque part.

Pour toute ces belles choses je mets la note de 8.5/10

 

 

 

Le casse de Central Park

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Le casse de Central Park

Réalisé par Brett Ratner


Avec : Ben Stiller, Eddie Murphy, Casey Affleck,

Matthew Broderick, Tea Leoni, Michael Peña…


 

Prenez un réalisateur/producteur spécialiste du film blockbuster, Brett Ratner (Rush Hour, Comment tuer son boss, Xmen3), faites un scénario surfant sur l’actualité (l’affaire Madoff, les méchants financiers), embauchez un acteur bankable (Ben Stiller, Casey Affleck)), des acteurs un peu oubliés mais avec du capital sympathie (Murphy, Broderick, Leoni), figolez ça avec des scénaristes rompus au genre et vous obtiendrez un film calibré pour avoir une carrière correcte.

J’attaque directement avec une critique du système avant d’aborder les bons côtés.

Certes, le site donne  l’impression d’être un clone des Océan’s eleven (Casey Affleck y officie d’ailleurs). L’affiche renforce ce sentiment avec l’étalage de la brochette d’acteurs. Je passe rapido sur le titre français qui déforme quelque peu le véritable sujet du film (Tower Heist en VO).

Pourtant le film reste assez original pour offrir un bon spectacle. Le film est plutôt bien rythmé et les acteurs font bien leur boulot. Même Eddie Murphy s’en sort très bien avec son côté roublard de voleur de bas étage.

Josh Kovaks (ben Stiller) s’occupe de gérer le quotidien d’une Tour d’habitation de Manhattan. Réservé à une population richissime, il doit pourvoir au moindre petit besoin d’une clientèle exigeante et manager un personnel multiforme. Parmi ces locataires se trouve Arthur Shaw, magnat de la finance, qui occupe le sommet de la tour. Tout se passe bien jusqu’au jour ou le banquier est arrêté pour avoir escroqué l’ensemble de ses clients. Parmi ses victimes, on retrouve les employés de la tour qui lui avaient confié leurs économies.

Les voici sur la paille, confronté à un homme dont la rapacerie fait jeu égal avec son mépris pour les gens qui l’ont servi toutes ces années. Décidé à se venger, Kovacs et les autres employés fomentent un plan pour récupérer le magot que le banquier aurait planqué dans son appartement. Peu enclin à ce genre de pratique, ils font appel à une petite frappe (Eddie Murphy) pour les aider dans cette opération.

L’intérêt de cette opération est que derrière la bonne volonté à géométrie variable des protagonistes, ces personnes ne sont vraiment pas douées autrement que dans leur domaine respectif. C’est cet amateurisme sans bornes et la candeur des personnages qui font le charme du film.

Seul bémol toutefois : le personnage de l’inspectrice du FBI (Tea Leoni) trop vite sympathique à la limite complice pour être crédible.

Vous l’aurez compris, ce film rejoint la longue famille des films sympas qui se laisse regarder avec plaisir mais qui ne restera pas pas dans les annales.

Et pour ces raisons jointes à un WE ensoleillé, je mets une note de 7/10

 

 

 

 

Les années déprime

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Chien de Presta a dégainé le premier. La réponse du quizz de Vendredi était en effet Joey des Années Collège.

Souvenez vous de cette série de la fin des années 80 tellement moche qu’on aurait cru qu’elle était allemande alors qu’en fait elle était canadienne.

Cette série a eu une longévité extraordinaire. Degrassi (son nom original) a connu un préquel original en France : Degrassi street où on suivait déjà les petits morveux en primaire. Degrassi est un quartier de Toronto

La série a depuis connu une nouvelle vie avec Degrassi : la nouvelle génération, toujours en cours et qui en est à sa 10ème saison.

Les années collège étaient réputées pour leur ultra réalisme face à des séries américaines où tous les collégiens étaient beaux, riches et sans acné.

 

Tous les sujets étaient abordés sans tabou, ce qui parfois donnait l’impression de comprimer tous les malheurs du monde dans un seul épisode : viol, inceste, alcool, drogue, homosexualité, mort, Sida. Il y avait de quoi aller se pendre à la fin d’un épisode. J’imagine un ado de l’époque regarder ça et danser de joie.

Diffusé en 1988 en France, c’est du coin de l’oeil que je regardais les épisodes. Mais je crois que j’ai du quand même tout regarder, en critiquant bien sûr à chaque fois ou en dissertant sur son côté insupportable, encore plus quand ma soeur regardait (qu’elle me pardonne).

Pour les plus jeunes d’entre vous, la série gravitait autour de trois boutonneux inséparables, membre d’un groupe de musique les Zit Remedy.

 

Il y avait tout d’abord Joey, chargé d’être le mec cool de la bande (accessoire indispensable : le chapeau ) mais aussi souffre-douleur, tête à claques et petit de surcroit. En plus d’être boutonneux, c’est un cancre notoire.

On a ensuite Wheels : tout droit sorti d’une série allemande ou fils caché d’un joueur de foot bavarois, il arbore une magnifique crinière blonde et de grosses lunettes, genre les seules remboursées par la Sécu. C’est le monsieur Loose de la série : ces parents meurent, il vit chez ses grands parents qu’il déteste et vole. Il se fait d’ailleurs éjecter et se fâche avec tout le monde. La loose l’a poursuivi dans la vraie vie quand on a appris en 2012 qu’il était mort…. En 2007.

Reste Snake : le représentation des minorités du groupe : il était en effet très grand et rouquin de surcroit. Grand benêt naïf, il cumule pas mal les problèmes. C’est un peu le Averell de la Bande.

Autour de ce trio gravitent deux filles : Caroline, mèches décolorées et geignarde, véritable bourreau des coeurs (un suicide à son actif) et Spike, espèce de Hérisson peroxydé et mère enfant.

Il y a d’autres personnages valant leur pesant de cacahouètes : Dwayne, l’abruti cogneur à qui tout arrive (drogue, Sida), monsieur Raditch, le prof sévère, Lucy Fernandes, la fille mature.

Aussi énervante que cette série puisse être, elle a quand même marqué les esprits, plus que Seconde B en tout cas….

Sinon, je trouve que les acteurs se sont quand même biens améliorés avec l’âge (enfin presque).

 

       

 

       

 

 

On ne se Москва

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Toujours à la recherche de sensation fortes et de films à récupérer pour ne pas les voir, je vois passer depuis pas mal de temps une incitation à découvrir « Dark Fantasy 3d », un film qui est passé directos à la case Blue-ray.

A part le côté 3d qui pourrait éventuellement procurer un semblant d’intérêt, on sent bien que ça va être moisi. Au départ, j’ai cru que c’était soit une production des studios Asylum (dont la prochaine production, je l’annonce sera « Nazis at the Center of the Earth ») ou un film de Honk-Kong.

Mais non pas du tout que nenni, c’est un film qui nous vient tout droit de la Russie éternelle.

Ne soyons pas plus médisant que la normale (ce qui est un gros effort) : il y a du budget. Pourtant, on ne peut s’empêcher de voir dans ce film qu’une version longue d’un clip de métal scandinave avec des projections de flammes et des armures louées au marchand du coin.

Vous en pensez quoi?

 

 

C’est pas pire que du métal Finlandais

 

ou du « je chante dans un champ en communiant avec la nature »

Awake

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C’est toujours un exercice périlleux de regarder le pilote d’une nouvelle série.

– Si celui-ci est nul, vous avez perdu votre temps

– Si celui-ci est bon, vous prenez le risque que la série ne dépasse pas le seuil de cet épisode unique.

 

C’est peu le pari fait hier soir avec Awake.

Cette série nous raconte l’histoire d’un inspecteur de police, Michael Britten, victime d’un accident de la route dans lequel il perd son fils.

Nous le voyons donc essayer de reprendre le cours de sa vie entre une hiérarchie qui doute de ses capacités, une femme qui combat son deuil en réhabilitant leur habitation à coups de pinceaux et des séances chez le psy.

Mais au lieu de dire un psy, on devrait dire deux psys car Michael Britten, dès qu’il ferme les yeux en se couchant se réveille dans une autre réalité où son fils a réchappé à l’accident mais où sa femme est morte. Le soir suivant, c’est le scénario inverse qui s’accomplit.

 

Dans chacun de ces mondes, notre policier reprend ses enquêtes, sort avec sa femme, accompagne son fils à des matchs de Tennis. Cette continuité lui permet de continuer à vivre sans connaître le deuil. A part les psys, seule sa femme est au courant de cette situation mais n’y voit que des rêves et non une réalité. Pour Michael, au contraire, pas question de remettre en cause cette dualité par un quelconque traitement : il va aux séances de thérapie car sa hiérarchie l’y oblige, point barre.

Cet état de fait n’est pas sans conséquence sur son travail où chacune des enquêtes des deux mondes semblent s’interfacer.

Mais là n’est pas le principal intérêt de ce pilote. Le côté le plus croustillant restent les tentatives continuelles des psys pour expliquer que leur monde est bien réel et non l’autre. A coups d’explications de déni, de rêve éveillé et autres poudres aux yeux thérapeutiques, chacun s’évertue à donner un sens au trauma du policier. Certains effets de manches sont d’ailleurs bien trouvés et il m’a fallu à deux fois pour comprendre leur subtilité. 

Seule constance des deux mondes, Michael ne se rappelle pas des circonstances de l’accident.

Pour le reste, c’est bien interprété et la série s’accommode d’un déroulement tout en douceur. Reste à voir comment une bonne idée de départ survit après plusieurs épisodes.

Prochain épisode le 8 avril.

Walking dead 15 : Deuil et espoir

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J’ai lu cette après midi le nouveau tome du soap opéra zombiesque de Kirkman.

Après un épisode précédent plus dans l’action et le stress, cette nouvelle fournée fait plus pâle figure.

On peut comprendre que cet album fait office de pause narrative afin de souffler un peu et de recentrer l’histoire sur la psychologie des personnages à coups de huis clos. C’est bien ce qui se passe avec une bonne pelletée de livraison d’états d’âmes, de sentimentalisme et de conflits de personnalités.

Ca pourrait passer si on avait pas cette impression de déjà-vu manifeste au bout de tout ce temps. Le dessin noir et blanc à moitié cradingue d’Adlard n’améliore pas une lassitude qui s’installe. On tourne les pages très vite, on revient en arrière parfois. J’ai surtout eu la flemme d’aller regarder l’ancien tome pour recoller les morceaux.

J’espère franchement que ce n’est pas le début de la fin pour une série qui a quand même l’argument de l’originalité.

 

La loi des séries : épisode 4

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Période de vache maigre sur les séries

Certaines s’achèvent comme Chuck et bientôt House et il faut se contenter des miettes pour passer le temps jusqu’au démarrage de certaines.

Il y a bien sûr la saison 2 de Game of Throne qui se rapproche avec un démarrage au 1er avril.

Avant cet événement de taille, nous aurons :

– La saison 2 de Breaking in  le 6 avril

– La saison 5 d’Eureka le 16 avril

– Le démarrage d’une nouvelle série mi fantastique-mi policière le 1er mars : Awake.

En attendant que reste t-il au menu?

 

Une saison 2 de Walking dead qui a repris du poil de la bête avec plus d’actions, plus de zombis et moins de prêchi-prêcha. Pour que ce soit parfait, il faudrait que la confrontation latente entre Rick et Shane arrive à sa conclusion. Elle m’exaspère de plus en plus.

Alcatraz gagne en consistance. Certains personnages plutôt discrets au début s’imposent un peu plus et apportent un regain d’intérêt à cette série. Je pense notamment au directeur de la prison ou à la psy. Sinon, chaque épisode distille une sa part de questionnements qui donne envie d’aller plus loin.

En ce qui concerne Grimm, j’ai beau regarder chaque épisode avec assiduité, il m’est impossible de n’y voir autre chose qu’une copie de Buffy avec ses monstres pas bien faits, son côté bébête et surtout sans moyens. Once upon a time, son alter ego, sans être réellement captivant la dépasse allègrement ne serait ce que par son jeu d’acteurs réellement meilleur.

Person of interest, série conjuguant gros bras et technologie n’est pas non plus une série extratordinaire. Certains personnages continuent à manquer d’épaisseur ou d’intérêt malgré les efforts des scénaristes. je pense aux deux flics principalement. Pourtant, cette série garde assez d’attrait pour rester un spectacle appréciable chaque semaine.

C’est un peu le même phénomène avec Unforgettable mais avec un effet inverse : les personnages secondaires sont de plus en plus agréables et sympas tandis que les deux protagonistes principaux sont pénibles dans leur petit jeu du chat et de la souris.

Mentalist reste  Mentalist : souvent bancal et un peu gros, la série reste malgré tout divertissante et travaille bien ses intrigues et ses ressorts dramatiques.

Fringe : Surprenant, captivant. Chaque saison est un cran au dessus. C’est la seule série où j’attends impatiemment l’épisode suivant. Si individuellement, chaque personnage est « pénible », les histoires sont rondement menés avec un parfaite maîtrise de la mise en scène et de l’intrigue.

Reste deux autres séries qui trainent mais que je n’ai pas reprise : House of Lies, White Collar (quand j’aurai rattrapé mon retard par ailleurs) et la 3ème saison d‘Eastbound & Down. Pour cette dernière, il faut juste que je me mette en condition pour supporter cette tête à claques de Kenny Powers.

 

Résumons ( sur 10)

Fringe : 8

Walking Dead : 7

Alcatraz : 7

Grimm : 3

Once upon a time : 4

Person on interest : 5

Unforgettable : 6

 

 

 

Chuck

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C’est toujours avec un petit pincement au coeur qu’on se résigne à la fin d’une série.

En ce début d’année, ce fut le cas de Chuck qui tire sa révérence après 5 saisons (dont une dernière in-extremis).

 

Chuck, c’est l’histoire d’un p’tit gars à qui la vie n’a pas fait de cadeau : brillant étudiant, il a été renvoyé après avoir été accusé de tricherie. Le voici simple réparateur en informatique dans un magasin d’électroménager où les autres vendeurs se battent à celui qui en fera le moins possible. Désoeuvré, il doit subir les conseils avisés d’une soeur omniprésente, brillante médecin affublée d’un compagnon idéalement parfait. Chuck passe ses soirées à pleurer sur son sort avec son ami d’enfance, Morgan, éternel imbécile infantile.

Pourtant, un jour, notre Looser  se retrouve avec la base de données de la CIA (L’Intersec) squattant dans sa tête, lui permettant de savoir démonter une bombe nucléaire ou pratiquer le kungfu. Devenu quasiment propriété du gouvernement, Chuck se retrouve chaperonné par Sarah Walker, espionne aussi sexy que dangereuse et John Casey, armoire à glace mercenaire de la NSA.

C’est le début de toute une série d’aventures rocambolesques qui vont contraindre Chuck à revêtir la panoplie de l’espion international amateur.

Série d’espionnage à l’ancienne, ça sent bon le James Bond ou les Thunderbirds quand il s’agit des moyens mis en oeuvre : Ordinateurs en pagaille, base secrète, palace, jet privé. Le budget des espions est sans limite. très tape à l’oeil, la série n’hésitant pas à sombrer dans le cliché notamment avec l’apparition fréquente d’espionnes ou de mata hari tout droit sorti des pages de Sports Illustrated.

Heureusement, plein de petites choses viennent sauver la série :

– Tout d’abord, de très bons comédiens et une évidente implication à nous faire sentir comme faisant partie de la « famille ».

– Ce sentiment de communion est renforcée par la lente évolution des personnages, la découverte de leurs racines ou de leurs parents.

– Un côté ludique et rafraichissant qui fait du bien entre deux séries plus contraignantes.Et pour faire passer la pilule souvent un peu grosse, toute occasion est bonne pour faire un clin d’oeil à une autre série (Lost, Breaking Bad), un film (Star Wars, Matrix, The big lebowsky).

– Chuck c’est aussi une pelletée de seconds rôles qui marquent la série (Big Mike, Jeff et Lester), de guest stars au long cours (Scott Bakula, Linda Hamilton, Timothy Dalton, Mattew Bommer, Brandon Routh).

– Chuck, c’est sans conteste une série pour Geek rien que par les nombreuses références sur lequel elle s’appuie. Mais ce positionnement qui pourrait paraître une faiblesse est au contraire un fort courant fédérateur : le Geek a depuis longtemps quitté les chemins embourbés de donjons et dragons et de Tron pour arpenter des chemins aussi divers que le cyberpunk, le fanboy ou le spécialiste du cinéma underground. Le geek est l’encyclopédie de la la sub-culture devenue mainstream.

C’est la fin d’un plaisir coupable à regarder cette série un peu fleur bleue et rigolote que certains jugeraient insupportables.

 

 

 

 

Le Chat Potté

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Le chat Potté

de Chris Miller

avec les voix d’Antonio Banderas, Salmah Hayek.


J’imagine déjà la réunion à l’origine du Film chez Dreamworks.

Le Boss : « Bon les Gars, Shrek, c’est fini. On a usé l’idée jusqu’à la corde. Il va falloir trouver une autre idée super originale pour fair un super film d’animation, vendre du popcorn et acheter un nouveau 4×4 Hyundai. Alors je vous écoute, lâchez-vous bande de Guedins de créatifs de mes deux !!! »

Les créatifs : « ……..hum….. Euh… Gaaah…. Sniiif (rail de coke) »

Le Boss : : « Sinon ma fille aime beaucoup le chat quand il fait les gros yeux, il est trop mignon… »

Les Créatifs : « brillant, magnifique, faisons un film sur le chat Potté !! »

Le Boss : « Ok, on la tient notre idée. Et sinon pour l’histoire? »

Les créatifs : « snif, sniiif,sniiiiiiiiif….. »

Pensez à mes Stock Options....

Quelques réunions de brain storming plus tard, on rajoute une histoire récupérée à la va vite d’un conte populaire (Jack et le haricot magique), une composante féminine pour équilibrer et fédérer, des trucs qui faut pas que ce soit des chats parce que sinon ça va se voir : Humpty Dumpty, l’Oeuf de la comptine et du roman de Lewis Carroll, au delà du miroir.

Comme on a collé un côté latino au chat (mix de zorro et de Juan Sanchez Villa-Lobos Ramirez), on balance une ambiance mexicaine.

C’est pour vous dire combien c’est service minimum….

Reste une réalisation parfaite et une 3d maîtrisée.

Ce film sent l’arnaque à plein nez mais ravira à coup sûr tout bambin calé dans le canapé et tout parent l’accompagnant.

Derrière un savoir faire indéniable, voici un film jetable dont le souvenir s’évaporera aussi vite qu’une méduse dans une poêle à frire

4/10 pour un moment cinéma

6/10 pour une séance familiale à la Casa…

 

Tiens pour finir quand même sur une anecdote : Pourquoi Chat Potté et pas chat Botté (au delà du jeu de mot pitoyable)? Dans Shrek, Le matou signe son nom d’un « P » sur un arbre (en anglais, son personnage s’appelle Puss in Boots) obligeant le traducteur paniqué à modifier le nom original.

 

La saga des sept soleils

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La saga des sept soleils

de Kevin Anderson


Pourquoi se cogner 3500 pages de Space opéra indigeste alors qu’on sent que ça va va pas voler haut (ce qui est contradictoire dans l’espace) dès le premier tome.

Depuis 2008, j’ai acheté chaque volume en ressassant à chaque fois les mêmes critiques :

– L’histoire n’est franchement pas originale :on a des sensations de déjà vu de bout en bout : Une civilisation terrienne expansionniste, une civilisation extraterrestre raffinée mais décadente, des supers aliens élémentaux, des combats en veux tu en voilà.

– Le style est lourd : Autant de personnages que dans un annuaire téléphonique, des chapitres trop courts à l’infini, des caractères caricaturaux à l’extrême, des réparties catastrophiques digne de Blek le Rok

 – L’intrigue a été construite au fur et à mesure et on sent bien que l’auteur ne savait pas vraiment où il allait.

Conclusion : plus que du Space Opéra, voici du Soap Opéra. C’est un savant mélange de « plus belle la vie » et de Côte Ouest. On ne peut rêver pire pour faire penser que la Science Fiction est une littérature d’arriérés. Tiens, pour bien enfoncer le clou, même Bernard Werber écrit mieux.

 

Alors Pourquoi?

– Parce qu’ayant acheté le premier tome, je me suis senti obligé d’aller jusqu’au bout.

– Parce que c’est pratique à bouquiner avant de pieuter, dans un hamac où dans tout autre lieu où l’on a envie de lire vite sans avoir besoin d’une concentration extrême.

– Parce que j’ai voulu croire jusqu’au bout que ça s’améliorerait

– Parce je suis assez curieux pour me demander comment une histoire chiante finie.

 

A moins d’aimer les histoires vues et revues mais dans l’espace au lieu d’un ranch au Texas, passez votre chemin.

Et j’achève par un 2/10 !!

Brick

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BRICK

de Rian Johnson

avec Joseph Gordon-Levitt, Nora Zehetner, Lukas Haas


 

Du teen movie, on en a vu en masse… du bon et du franchement pourri, si bien qu’on se demande ce qui peut bien sauver le genre.

Brick est un film de Rian Johnson (réalisateur du fameux épisode « la mouche » de Breaking Bad) promu en 2005 à Sundance et son originalité réside dans le fait que l’histoire se calque sur les codes du polar le tout chez des étudiants aux US…. et c’est franchement bien !

 

Brendon est un jeune un peu asocial, à l’imper gris de Columbo et au look atypique. Il sort de sa routine en recevant un coup de fil affolé d’une amie : Emilie.
Ce synopsis suffit ! Ne lisez rien d’autre, ne cherchez rien d’autre sur le net et ne regardez pas la bande annonce qui en dit trop. Regardez le film.

Vous détestez les polars, et vous n’avez pas pu blairer American pie ? Entrez-donc par içi…

 

 

D’ordinaire le cliché, c’est l’ennemi du bon film. Le chat noir qui sort du placard dans le film d’horreur, la fête orgiaque dans le teen movie, la veuve noire du polar… autant de promesses non tenues qui se solderont par des déceptions… autant de minutes gâchées et qui perturbent le propos.

D’ordinaire…

Brick n’est pas que la coexistence des clichés, de codes liées au genre… Le scénariste et réalisateur n’hésitent pas à mettre directement en scène les codes eux même, si bien que l’on ne sait plus si c’est le teen movie qui rend hommage au polar… ou bien l’inverse !

Brick : Brendan en voitureLa force du mélange donne lieu à un mystère épais qui entoure le dessein même du film : tout de suite on est perdu quand aux intentions des personnages et d’un seul coup,  on ne sait plus dire s’ils appartiennent à un monde ou à un autre.

A chaque scène, on devient donc enquêteur sur le film et sur ses personnages, un peu par réflexe. c’est assez déroutant, ça tombe bien, c’est un thème du film.

Quand nos idées reçues alimentent le récit…

Quand Brendon prend son rôle, petit à petit on l’imagine de plus en plus en jeune sans repère … ou en enquêteur de police. Il en va de même pour tout les personnages.
Brick, c’est l’attraction de faire son propre récit: le spectateur ne peut s’empêcher de superposer des souvenirs d’autres films à ces lycéens que l’on croiraient tous sortis d’un reportage sur la jeunesse américaine perdue.
Et on se prend au jeu tant le sentiment de d’inclusion au récit en renforcé par une tension maitrisée et une dispensation d’indices précieux et précis.

C’est bien simple, tout ce qui n’est pas montré à l’écran n’est que noirceur, digne de Breaking bad… c’est à s’y méprendre d’ailleurs sur le rôle du réalisateur dans la conception de la série.

 

Au final, le scénario est surréel, mais le sentiment à la fin du film est celui de la résignation : toutes les histoires sordides on un aspect surréalistes.
Visuellement certains passages du films rappellent Elephant de Gus Van Sant, notamment sur la description d’un lycée américain. Mais encore une fois, Breaking Bad n’est jamais loin avec ses musiques oppressantes et son vide qui devient personnage à part entière.

Brick ne fera certainement pas l’unanimité, mais rien que pour l’histoire et les jeux d’acteurs de qualité, n’hésitez pas.


Fiche sur Allociné : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=108595.html