Charlie hebdo

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Sincèrement, quand j’avais vu la future Une de Charlie Hebdo, j’ai tout de suite pensé que ça allait mal finir : qu’un des dessinateurs seraient peut être poignardé, que des manifestations auraient lieu ou qu’une fatwah serait promulguée.
J’avais malheureusement vu juste mais pas sur l’ampleur des dégâts.
C’est bien là un fait d’actualité qu’il faut éviter de commenter à chaud. Il est difficile de juger avec raison un événement qui dépasse celle-ci.
Tout d’abord, je ne suis pas vraiment un lecteur de Charlie hebdo ayant déjà jeté depuis longtemps mon dévolu sur le canard enchainé. Je suis plutôt du genre athée non pratiquant traversé de quelques crises existentielles. Les religions m’intéressent en tant que fait historique, sociologique ou philosophique. En dehors de ça, j’ai plutôt du mal à les sacquer. Elles ne sont que la résultante des peurs et de l’ignorance des nos civilisations savamment utilisés par quelques illuminés à leur avantages. Et c’est pour les mêmes raisons qu’elles ne disparaîtront jamais tant que la peur de la mort existera.
Bon ça c’est fait 🙂

Concernant l’acte en lui-même, il est bien entendu impardonnable. Maintenant amusons-nous à parer les arguments apportés ici et là.

Argument 1 : Le journal a droit de se moquer des religions comme il le veut et à outrance. on est dans un pays laïc bon sang de bonsoir!!! Certes, nous sommes dans un pays laïc mais cela ne veut pas dire un pays athée. La laïcité, c’est juste un distingo entre la sphère privée et la sphère publique concernant le fait religieux. On est donc tout à fait légitime de ne pas être d’accord ou en colère sur le traitement qui est fait à l’Islam dans ce magazine (et la religion catholique qui en prend pour son grade aussi). Par contre nous sommes dans un état de droit et il existe toute une panoplie d’armes juridiques pour contester leur attitude. Il existe aussi d’autres petites choses comme le droit de réponse, la contre argumentation, le dialogue et autres petits trucs où on n’a pas besoin d’allumettes et d’alcool à brûler.

Argument 2 : Oui, c’est pas bien de mettre le feu mais d’un autre côté, ils l’ont bien cherché en stigmatisant une fois de plus l’islam. Reconnaissons en effet que l’islam est difficilement abordable en terme de caricature car elle interdit pratiquement toute représentation humaine dans son interprétation artistique. Pourquoi croyez vous qu’elle a porté aussi loin l’art de la calligraphie sinon…
Stigmatiser, voilà un bien grand mot dans un pays ou justement ce genre de manifestations outrancières libertaires (et non pas politiciennes je précise pour nos amis qui aiment godwin) se compte sur les doigts d’une main. Je crois me souvenir que la première manifestation fut une chanson de Véronique Samson pour vous dire combien ça fait bizarre. Nous avons eu dans notre histoire les bon temps du bûcher et de l’intolérance religieuse. Nous avons depuis digéré ses excès. je ne vois pas l’intérêt de nous plier de nouveau à ce genre d’excès pour d’obscures raisons de cohésion sociale.

Argument 3 : Tout ceci n’est que le résultat de la montée de l’islamisme en France.Bientôt on ne pourra plus rien dire, blablabla… Bon, faudrait pas exagérer, on a encore une sacrée marge de manoeuvre en France. Brûler un édifice ne demande pas plus que deux ou trois illuminés certainement plus crétins que religieux au final (allez soyez sympas regardez We are four Lions). On aura peut-être la divine (sic) surprise de découvrir quelques encartés d’extrême droite. Je sais, c’est pénible de voir dénigrer la religion sur laquelle vous basez les préceptes qui guident votre existence. Mais dans ce cas, acceptez la satire, la critique même sans talent.  Cette tolérance est la meilleure défense contre l’intransigeance qui peut frapper des deux côtés. Accepter les affronts permet d’émousser les attaques. Soyez plus ouverts pour que les cons la ferment.

Parce que franchement je n’aimerai pas que ça change…. Ca pourrait faire peur. Et la peur….

Crazy, Stupid, Love

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Crazy, Stupid, love de John Requa et Glenn Ficarra

 

Si vous vous souvenez bien, j’avais parlé dans un article précédent de mon hésitation entre « Comment tuer son boss » et « Crazy, Stupid, Love » pour une petite séance nocturne. j’ai choisi le premier et bien mal m’en a pris. La semaine dernière, j’ai voulu conjurer le mauvais sort en regardant le perdant.

Et cette fois, l’indice de satisfaction est grandement remonté. Cela n’atteint pas les sommets du chef d’oeuvre ni la plaine surpeuplée des consommables juste digestes. Cela navigue plutôt du côté des petites comédies sympatoches sans prise de tête et qui ma foi, mettent de bonne humeur. Déjà, les dialogues ont plutôt évité la surabondance de grossièreté et de vulgarité qui permettent de maquiller le vide scénaristique. C’est du vaudeville pur jus.

L’histoire raconte les errements amoureux et sentimentaux de cal weaver (Steve Carrell) et Emily (Julian Moore) mariés très jeunes dont le couple est en pleine crise après 25 ans de mariage. Chacun à sa manière va tenter de gérer la situation : Emily, las de la routine, a trompé son mari demande le divorce. Cal au départ décontenancé ronge son amertume tous les soirs dans un bar. Au hasard d’une rencontre avec un séducteur professionnel, jacob (Ryan Gosling toujours aussi peu bavard), Il va tenter se se remettre en selle en se moulant dans un nouveau costume de célibataire fêtard et dragueur.

Autour de ce couple, gravitent d’autres personnages autant en quête  de réponses sur la façon de gérer leur sentiment : Robbie, leur fils de 13 ans est amoureux fou de la baby-sitter Jessica qui en pince elle-même pour Cal.

Bien sûr ces tentatives de résoudre des problèmes en les éludant ne fera que rajouter de la désillusion à l’échec. Tout ceci se finit comme de bien entendu  en sac de noeud géant où tout le monde dépend des autres pour s’en sortir. Même si la fin du film force un peu dans le Happy End, l’affaire est plutôt bien menée.

On n’a bien sûr l’impression d’avoir déjà vu ça ailleurs mais les acteurs sont attachants et les dialogues évitent tout côté mièvre.

Ca met la patate et rien que pour ça : 7/10

Catalogue des horreurs de Noël 2

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J’avoue d’emblée que c’est un cadeau bien spécial dont je vais vous parler. Il me renvoie facilement 30 ans en arrière dans la demeure familiale. Vous sentez, j’imagine, poindre encore le souffle de l’instant dramatique du souvenir d’enfance traumatisant à souhait. Que nenni !!!

 

Mais tout d’abord laissez moi vous présenter l’objet. il s’agit de ce répertoire téléphonique :

 

J’ai retrouvé sa trace dans un de ces catalogues des camions magasin qui sillonne la France. L’unique but de ces camions est de vous refourguer la camelote dont les Gifi n’ont pas voulu. Le camion se présente de cette manière : la moitié est réservée au stockage des produits, l’autre moitié à l’atelier clandestin des chinois qui fabriquent à flux tendu les lots de clefs de 12 et autres chaussures rembourrées.

je suis pratiquement sûr que tout le monde a eu ou a vu ce répertoire chez lui ou dans sa famille. Issu quasiment de la technologie spatiale de la NASA (à l’époque, c’était plus vendeur que le technologie allemande), produit phare du catalogue de l’homme moderne, cadeau offert de bon coeur avec l’abonnement au Nouvel Observateur, ce produit malgré sa forme austère était un concentré d’innovation ; c’était un peu l’iphone de l’époque (merci groovy). On pouvait d’un simple geste du doigt positionner le curseur sur une lettre de l’alphabet et arriver comme par miracle à la liste correspondante. Combien de mouvements savoureux j’ai pu passer à tester les possibilités infinies des 26 entrées de cet appareil merveilleux.

Au temps pour moi, Je rectifie : les 18 entrées de ce répertoire. De hautes études statistiques sur le répartition des noms français leur avaient permis d’optimiser les coûts de fabrication en regroupant les DE, FG, IJ, KL, PQ, UV, WX et YZ.

Pour autant, on finissait avec des pans entiers de feuilles inutilisées pour certaines lettres alors que d’autres étaient occupées en moins de deux. Par exemple, quand j’étais petit, la feuille des D et E étaient totalement remplies du fait que c’était la première lettre du nom de famille. Donc les D avaient débordé sur les F. Il fallait aussi compter sur les adresses rayées, les femmes qui se marient. On peut quasiment dire qu’en l’espace d’un an, l’espace d’efficacité et d’optimisation était devenu un taudis infâme.

Ce répertoire téléphonique, c’est un peu comme l’étiqueteuse Dymo : ça amuse un moment  mais la paresse revient vite au galop.

C’est amusant de voir encore cet article proposé un peu partout alors qu’il semble dorénavant tout droit sorti d’un épisode de Derrick.