Mais pas eu le temps. Mais j’aimerais bien si je peux…
Décidément, l’automne est une saison de prédilection pour se prendre la tête. Il faudrait que je m’assoie au bord de l’océan déchainé, sur une falaise, les embruns dans la tronche, l’écharpe flottant au vent et du guano sur les épaules pour que le tableau soit complet. Mais je vais devoir me contenter d’un siège moelleux et d’un clavier. Je vais tenter de simuler les embruns avec un verre d’eau quand même.
Je ne sais plus quand cette nouvelle réflexion s’est faite : en voiture pendant un trajet interminable, en cherchant le sommeil ou en ponçant un mur. peu importe, c’est assez tenace pour fermenter dans mon esprit.
Mais tout d’abord, musique d’ambiance .
La base de la réflexion est le concept d’amitié et, in extenso, l’importance des rapports humains. J’essayais de capter ce qui pouvait faire l’essence même de ces relations (tout à fait Grishka)
Mon esprit flottant, c’est tout mon corps qui s’est mis à faire de même. je me suis imaginé, perdu sur une mer immense, n’ayant que pour seule vision que le ciel encore plus immobile que l’océan, parfois aveuglant, parfois couvert, parfois menaçant, avec l’impossibilité de tourner la tête.
Et me voilà perdu au milieu de cette immensité, prêt à basculer dans la folie (même pas un pauvre ballon à qui parler comme dans « Seul au monde »). On est là, faisant la planche, un peu dans vent parfois, les bras en croix, sans but.
Ce qui nous sauve, c’est que parfois, notre main effleure une autre, celle d’un autre quidam, que la fortune a fait dériver en notre direction. Ce qui nous sauve, c’est que parfois, cette main saisit la nôtre et que ce contact suffit à combler le vide de notre solitude. On ne sait pas qui s’est emparé de notre main. Peu importe, la pression des phalanges l’une contre l’autre, la chaleur ressentie et la vibration du pouls suffise à combler notre besoin de communiquer.
Et c’est ainsi qu’au fil de l’existence, les âmes perdues s’agglutinent de mains en mains, pour former une grappe géante, qu’on pourrait nommer pompeusement le tissu social (et plus powerpointiquement parlant une chaine de l’amitié).
Bien sûr, rien n’est définitif, statique. La grappe est soumise à des soubresauts, des tensions. Parfois, on est tiraillé d’un côté plus que de l’autre. Les crampes se déclarent, les mains deviennent moites, on se lasse d’un contact. Le temps faisant, les poignées se délient et le courant nous fait de nouveau dériver. cette action a des conséquences personnelles mais aussi au niveau du groupe par ricochet (C’est là que je me dis qu’un dessin aurait été plus parlant).
Et nous revoilà parti, dérivant à moitié ou complètement sur l’immensité. D’autres rencontres auront lieu. Peut-etre notre main recroisera d’anciennes connaissances. Mais rien n’est moins sûr.
En espérant qu’un concept de flottaison ne vienne pas bousculer tout ça !!!
Tous les matins, je fais le même trajet pour aller bosser, soit 40 bornes d’autoroute à travers campagne et zone urbaines. La plupart du temps, cela me laisse assez indifférent. le temps s’écoulent normalement entre la permanence des choses et les événements incongrus (oh un rapace dans le ciel, oh un con qui roule vite, oh un hérisson écrasé). J’irai même parfois à me sentir de bonne humeur.
Mais des fois tout se lie pour que ce même trajet vous paraisse différent, hallucinatoire voire mystique. Il faut un contexte précis :
– Une nuit pas top : ça aide pas mal en effet avec du mal à s’endormir, des idées qui tracassent et un café qui n’y change rien.
– Un temps pourri. Pas la grosse pluie ou l’orage. Juste un ciel gris et bas, froid et une petite pluie de merde assez prolongée pour parsemer des flaques boueuses.
– un fond musical adéquat un peu comme celui-là :
– quelques bouchons qui laissent tout loisir à votre cerveau de vagabonder
Et tout est fin prêt pour que tout se mette en place et que votre cerveau turbine, mais un turbinage en mode diesel.
C’est tout d’abord l’attention flottante du conducteur qui commence, cet état de semi conscience de la route qui vous permet de conduire tout en rêvassant ou de fouiller dans votre boîte avant. Vous paramétrez, un certain nombre de points de contrôles (distance du véhicule devant, propre vitesse, connaissance du trajet) avec un certain nombre d’alerteurs (apparition des feux de freinage devant, bruit du moteur). Une fois ce pseudo-pilotage automatique mis en place, ça permet en général de libérer du temps de cerveau disponible.
Et ce matin là, j’ai du pas mal en avoir à cause des bouchons et de l’arrêt prolongé de ma caisse. Assez de temps pour carrément partir en crise existentielle. Assez pour me dire que tout ce qui m’entourait était une farce, une négation du beau et un échec de civilisation (rien que ça).
Si on regarde bien le monde qui nous entoure, on peut être saisi soit par la beauté des paysages ou leur laideur. On peut aussi comme je l’ai fait ce matin monter d’un cran et se demander le sens de tout ça.
Non mais c’est vrai. On se dit qu’on a eu le big-bang, l’expansion de l’univers, la création des galaxies, des planètes, l’évolution des espèces et tout ça pour arriver au résultat dérisoire d’une bande d’asphalte avec des engins crachotant entourées d’excroissance verdâtre et d’animaux masticateurs. cette réflexion m’a emmené tellement loin que je me suis perdu dans les agencements de matière (genre : dire qu’on vit dans des parallélépipèdes rectangle d’épaisseur divers dans un monde infini). Je ne fais pas vraiment dans l’originalité à me prendre la tête sur la finalité de l’existence. mais je suis quand même à penser que ça a du merder quelque part tellement je me sens parfois hors du monde.
Après ce petit couplet existentialiste sur le cheminement vers une réalité imposée, j’ai naturellement dévié sur le résultat de celui ci. et franchement ce n’est pas plus reluisant. Pire que les champs sans fin, les zones industrielles sordides ou les lotissements pour lapins, ce qui reste le plus révélateur du raté de l’humanité restera la bande centrale d’autoroute !!!!
La plupart du temps on ne fait pas attention à cet endroit qui s’étire vers le lointain dans les deux sens : C’est un flou gris entrecoupé de ponts, de véhicules en panne et de radars automatiques. mais ralentissez quelque peu (attention quand même) et c’est une toute autre vision qui s’offre à vous. Bien sûr le gris reste prédominant mais une présence verdâtre perce entre les gravillons, mélange de mousse, d’herbes faméliques et malades et de plantes plus originales. Parmi ces plantes originales, on retrouvera toute la panoplie mutante des cultures agricoles de notre pays égrainée par les poids lourds primesautiers : maïs devenu transgénique tout seul grâce à l’excès de CO2, tournesol qui a renoncé à chercher le soleil, blé recouvert de farines polluantes, pseudos choux, tubercules et autres variétés inconnues dont on comprend mal comment elles ont atterri là.
Rajoutez à ceci un ensemble hétéroclites de pièces détachées de véhicules entre enjoliveurs, reste de pneus éclatés, morceaux de bâches.
rajoutez y encore les cadavres plus ou moins aplatis de chats, chiens, oiseaux, renards et hérissons (qui vont la joie des corbeaux et des rapaces).
Finissez en parsemant ici et là des paquets de clopes, des canettes et des bouteilles en plastiques lestées des urines jaunasses des routiers désireux de s’en débarrasser.
Et vous avez là le tableau complet du résultat de plus de 2000 ans de civilisation humaine. car telle est notre histoire : une longue bande continue grise parsemée de cadavres, d’accidents où parfois transperce une semblant de vies épanouies et qui ne mène à rien en fait.
Et c’est bien pour ça que rien n’a de sens, car rien de sensé ne mènerait à un résultat si pitoyable, si peu rationnel, si peu intelligent et si inutile. La vie, l’univers n’est qu’une force aveugle et sans but hoquetant dans le néant se souciant peu du résultat de ses soubresauts.
Bon sinon, c’est pas tout ça mais faut que je vous laisse, ça recommence à rouler là….
Toujours en perpétuelle recherche de série pour combler mes soirées, je suis tombé inopinément sur Eastbound and down. cette petite série qui est passé inaperçu est produite par Will Ferrell que les aficionados du Frat Pack connaissent bien. Celui-ci fait une apparition dans la série en concessionnaire auto à la chevelure claude-françoitesque.
Cette série raconte les tribulations d’un joueur de baseball de haut niveau dont le génie n’enlève rien à sa crasserie totale : grossier, crétin, égocentrique. malheureusement, quand le génie s’en est allé ne reste que le beauf rechignant sur sa gloire passé. Et voici notre lascar Kenny Powers tombé de son piédestal à coups de pied au cul (stéroïdé, faiblard et gras) et contré de regagner les pénates de son bled natal et paumé. Le voici débarquant chez son frère, suivi de toutes les reliques commerciales de son passé (affiche, silhouette publicitaire, gant géant) et d’un jetsky dernier symbole peoplesque de son ancienne vie.
Pas question pour notre héros de concéder sur sa déchéance. Revendiquant son statut divin de Star, le sieur emmerde tout le monde (dans les deux sens du terme) à commencer par la famille de son frère, son ex-copine et l’ensemble des autochtones du collège local où il a hérité d’un poste de prof de sport. Même si la série est centré sur Kenny, les autres personnages n’en sont pas moins tous gratinés: le prof de musique qui voue une admiration sans bornes à kenny, le principal du collège à moitié coincé, le patron de bar qui se shoote à tout ce qui peu.
L’arrivée de Kenny va faire exploser les habitudes de la bourgade en subissant l’égocentrisme de l’ex-vedette à commencer par ses élèves (petite parenthèse : son personnage n’est pas sans faire penser à Monsieur Mégot, le prof de sport du petit Spirou). Il veut imposer à tous sa vision du monde, du battant, enfermé qu’il est dans sa bulle.
Et comme de bien entendu, la réalité lui revient à chaque fois en pleine poire comme un parpaing dans une voiture des cités. C’est toujours dans ce cas que notre empathie tente de se glisser sous l’antipathie manifeste que dégage Kenny. Mais la bêtise se relève plus vite que ne le fait le courage. Et c’est toujours regonflé (et pas que par des stéroïdes) que notre anti héros repart au combat perdu d’avance.
Pour en savoir plus, vous pouvez aller faire un tour sur le site officiel de la série et surtout le site officiel de Kenny Powers
Et pour les gourmands, une petite pépite : la vidéo promotionnelle du retour de notre héros réalisé par son fan numéro 1 dans la série (fait avec les moyens du bord)
Depuis toujours, je suis Fan des vérandas, cet assemblage magique de poutres métalliques et de vitrage, digne héritier des Crystal Palace ou autres pyramide du Louvre.
J’aime ces démarcheurs qui la sueur au front et leurs manches retroussés sillonnent les routes de France, le coffre plein d’échantillon de double vitrage et l’attaché case fourni en papier glacé.
J’aime les descentes lentes et rituelles des stores à moteur qui tel un ballet nocturne prive les insectes du plaisir de la lumière.
J’aime ces serres modernes où il fait trop chaud l’été et trop froid l’hiver à moins de dépenser autant d’énergie que trois airbus au décollage (à la louche).
J’aime les crédits sur 15 ans pour avoir le privilège de posséder ce paradis qui fera de toutes les fins de mois un enfer.
Pour toutes ces raisons, j’aime cette vidéo :
Bon blague à part, j’ai trouvé ce petit film d’auto promotion parmi les nominés des Craypion d’or, Prix qui chaque année récompensent ce qui se fait de pire sur le net. Un peu comme si les designers qui ont fait la gloire de Jacky Touch était devenus des Geeks
La liste des candidats au pire blog, site de l’année n’est pas figé. Vous pouvez encore proposer vos pépites en allant sur leur site
J’ai bossé chez Orange en 2000, ou du moins chez France Télécom Mobiles comme on l’appelait à l’époque. J’ai même bossé chez France Télécom tout court et tout ça de 1995 à 2001. Je me baladais de service en service, de contrat de qualification en CDD. On parlait déjà mutation de l’entreprise : passage en société anonyme, recentrage du métier du technique vers les services. Le président de l’époque était Michel Bon.
J’y ai beaucoup appris professionnellement et humainement. J’ai rencontré des « anciens » héritiers des postes et de la Direction générale des Télécoms. J’y ai rencontré des plus jeunes frais émoulus de diverses écoles. Mais tous sentaient que les choses allaient bouger et que la maison allait entrer dans une période de forte transformation. Au delà des peurs légitimes consécutives à de tels changements, tout le monde était partie prenante, fier d’appartenir à une société innovante disposant d’un fort capital de sympathie.
J’ai moi-même suivi les évolutions techniques et commerciales de France Télécom : premier abonnement internet avec Wanadoo (30h de connection par mois avec un pauvre modem 33kbits), premier téléphone portable Ola.
J’ai connu le changement de logo, le rachat d’Orange et, il faut le dire, le début des restructurations. Même si nos chemins se sont séparés, j’ai continué à suivre d’un œil attendri l’évolution de cette société qui m’avait tant apporté (je suis resté chez eux pour Internet et le mobile pour cette raison).
La société a continué a connaître une évolution incroyable (malgré une période de digestion d’orange difficile) et j’ai pardonné benoitement malgré ce que j’entendais dans l’actualité ou de certains ex-collègues.
Mails il faut bien dire qu’avec les dernières révélations quant à la politique plus qu’agressive envers ses employés et sa cohorte de suicides, j’ai de plus en plus de mal.
Le coup final a été porté avec la lecture d’un article des Inrocks. On y apprend que la stratégie managériale pour pressurer les employés candidatés au départ ressemblent comme deux gouttes d’eau au différents d’une personne apprenant sa mort (le déni, la violence). Pour preuve, ce beau graphique pathétiquement intitulé : les phases du deuil
Le reste de l’article vous fait l’effet d’une claque. Je vous laisse libre d’en juger en cliquant ici
L’été est fini et avec lui le temps des grillades. Et c’est parti pour le long couloir des soirées frileuses avec le soleil qui se planque à 17h.
Dans cet abime tristounet, il est d’autant plus appréciable de retrouver à l’écran nos petites séries adorées. Et elle commence à réapparaître petit à petit. Le mot d’ordre de toutes ces séries est un démarrage en mode diesel. On allume le moteur et on laisse chauffer avant de redémarrer.
HOUSE: la saison 7 reprend là où la saison 6 s’est arrêtée. On retrouve House et Cuddy encore sur le coup de leur déclaration sentimentale. pas de cas médical ici, juste un repositionnement de certains personnages et un long cheminement sur les habitudes auto-destructrices de House (va t-il tout foutre en l’air ou non).
FRINGE : Un épisode là aussi tout en emplacement subtil. on repositionne les pièces sur l’échiquier entre notre monde et l’alternatif. On retrouve ici Olivia coincé chez les « autres » soumis à des expériences et cherchant à rejoindre cet Univers. Là aussi sans dévoiler l’intrigue, elle se perdra en cours de route.
CHUCK : Cette petite série sans prétention est toujours aussi divertissante. Elle gagne en maturité à chaque saison. Elle a su passer brièvement le piège de la problématique de la relation entre Chuck et Sarah. Beaucoup de série joue tout au long de leur vie sur le « vont ils s’avouer leurs sentiments » et une fois cet objectif atteint n’arrive plus à rebondir.
DEXTER : là aussi pas de transition. On retrouve Dexter, sa femme assassinée et son fils assis dans une mare de sang. Le grand enjeu de cet épisode : comment passer pour normal quand on ne ressent pas d’émotion ou qu’on n’en montre pas. quelques passages très drôle (merci Mazuka comme d’hab).
THE MENTALIST : un épisode palichon sans grand intérêt. Cette série ne tient que par son acteur principal et son personnage. J’ai toujours trouvé les autres personnages sans grende envergure (à part Cho).
RUBICON : J’en ai déjà parlé précédemment. cette série se passant dans le milieu du renseignement (attention pas celui avec de l’informatique partout mais de bons analystes paperassiers) est avant tout un bijou esthétique : vieux décors, lenteur de l’intrigue, paranoïa insidieuse. J’avoue qu’on accroche ou pas.
NO ORDINARY FAMILY : Pour finir, une série que je n’ai pas encore vu. Normal, elle démarre ce soir. J’espère y trouver la nouvelle série pour combler mes soirées. C’est encore une série avec des gens affublés de pouvoir. Et pourtant, elle se positionne plus comme une série dramatique. Comment une famille en décomposition va t-elle survivre face à ce don (ou malédiction). La série compte parmi ses acteurs Michael Chiklis (acteur principal de THE SHIELD) et Judith Benz (la femme de DEXTER).
Vous pensez ne pas connaître ce site et pourtant vous êtes nécessairement tombé dessus. Il vous suffit de rencontrer un quelconque problème informatique et d’avoir eu le malheur de chercher sur google. 10 fois sur 10 (et parfois plus), le site est référencé comme possible élément de réponse. Ce serait anecdotique si ce site était vraiment salvateur mais c’est bien tout le contraire.
Ou quelqu’un a eu le même problème mais n’a jamais eu de réponses (malgré 65 relances : « personne pour répondre? », « personne pour répondre? »…)
Ou des gens ont répondu mais juste pour dire qu’ils ont eu le même problème mais pas sur le même appareil, bon en fait c’est pas du tout le même problème mais si vous pouviez me répondre au passage, ce serait sympa.
Ou vous avez des réponses qui ont l’air super technique mais qui en fait sont à côté de la plaque ou n’aide en rien. Un exemple classique : vous pensez avoir un virus ou un malware sur votre poste. Vous êtes sûr qu’un gonze vous demandera d’installer hijack this et de coller vos trois kilomètres de trace sur le forum. A la suite de quoi une dizaine de nostradamus vous expliquera ce qu’il en est.
Vous n’échapperez à la cohorte de trolls pour vous dire que sous linux on n’a pas le soucis et que c’est la faute à windaube. Ce qui est très productif quand on arrive pas à faire marcher sa webcam
Le pire restant le type qui a eu le même problème et qui au bout de vingt pages de pseudo aides inutiles postera triomphalement « c’est bon ça marche » et disparaîtra de la circulation.
Mais la dernière victime en soi de ce site, ce sera le mec qui s’y connait, qui fait la part des choses et qui à 23h du soir recevra un appel larmoyant de sa sœur, son père, son cousin (au choix) qui vous lâchera : « j’ai voulu effacer un virus et sur un site il m’ont dit de faire comme ça et depuis j’ai un écran bleu !!! »
Merci comment ça marche (pas)
Le pire, c’est que le site a une section médicale et une section Finance. Combien de personnes avec un bouton anodin sur la couille gauche se sont vu déclarer cancéreux. Combien de gens demandant où placer ses économies vivent sous un pont maintenant?
Je viens de me rendre compte que le système de notation des réponses est en vigueur sur ces forums aussi. ca fait froid dans le dos de classifier « meilleure réponse » au sujet « cancer en phase terminale ».
C’était il y a longtemps, avant le top 50, avant Internet, avant un peu tout en fait, pratiquement la préhistoire.
L’année exacte ne me revient pas en mémoire mais c’était avant 1986 où on tentait de bloquer l’invasion des magnétoscopes à Poitiers.
Justement, cette affaire concerne un magnétoscope, une gros parallélépipède rectangle gris d’au moins 15 cm de haut, des gros boutons et une télécommande avec fil (si si). Le nom de la bête s’affichait sur la façade tel une injure à l’industrie électronique française, fleuron des plans quinquennaux de modernisation : TOSHIBA !!! (ou Hitashi je sais plus)
C’était le début de l’apparition de ces bouffeurs de cassettes dans les foyers français et de l’arrivée des premiers vidéos clubs. Tous les mois, il fallait au moins aller louer un film pour ne pas se faire enfler niveau abonnement. D’un autre côté, ça ne se battait pas encore au niveau de la quantité disponible. En général, c’était l’occasion d’une sortie avec mon père dans ce temple de la bande magnétique.
Il arriva un jour ou mon père me permit de choisir le film qui ferait l’objet du visionnage dominical. Autant dire que le poids de la responsabilité s’abattit sur mes frêles épaules (je devais avoir 12 ans grand max). Et me voilà arpentant les allées de la boutique cherchant le film qui ferait de moi le cinéphile affirmé des soirées réussies. Mon yeux scrutaient les étagères, mon esprit imaginant le regard de mon père fier d’un choix si judicieux. Mais plus j’avançais et plus ma détermination s’effondrait.
Les jaquettes multicolores aux titres si peu évocateurs ne m’inspirait pas. La mansuétude de mon père quant au choix du film s’était en plus arrêtée au rayon Comédie. A mon âge, tout le reste ne pouvait être que violence et vilenie.
En désespoir de cause, j’activais le mode pifomètre et ma main s’empara de ce film…..
Oui je sais, l’affiche parle d’elle même. C’est un gros nanar des années 70, comédie bouffonne italienne où l’humour est aussi gras qu’une joue d’adolescent, où les allemands passent pour des cons qu’on se demande comment ils ont pu menacer le monde.
Même du haut de mes 12 ans, je n’ai pas ri à ce film, ma tête tentant de d’enfoncer dans mon corps telle la tortue apeurée.
Autant dire que ma réputation de fin connaisseur du 7ème art en avait pris un coup.
Cet épisode fut longtemps l’objet de blagues à mon encontre et on me bannit définitivement de tout ciné-club.
et presque 25 ans près, cet épisode hante encore mon esprit !!!
Anecdote : le film est ressorti sous une autre jaquette plus explicite qui aurait pu empêcher ce drame.
Erik Satie est un de ces compositeurs qu’on dit incontournable, atypique et qui mérite le détour. L’ennui c’est qu’on se détourne souvent du détour par paresse, manque de temps ou peur d’être déçu.
Et faut donc l’occasion, le déclic pour que le détour recroise votre retour.
Au boulot, j’aime bien de temps en temps écouter de la musique. Mais ne voulant pas imposer certains bruits incongrus ou répulsifs pour certains, je me rabats en général sur la musique classique.
Et c’est bien là qu’à court d’inspiration qu’Erik Satie fit son retour par une simple recherche s
La fibre est ligneuse, tortueuse et sans attache,
Sa tige coulante plante ses griffes dans la chair,
Le parfum est si fort que la douleur s’y cache,
Mais la rose n’est qu’une ronce des plus amères.
Ah bé désolé mais quand on est bloqué dans les bouchons le matin , on passe le temps comme on peut.
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