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Ça nous est tous arrivé (du moins je l’espère) : faire un rêve en boucle dans lequel on reste bloqué. On passe la nuit à se tourner et se retourner, se réveiller et immanquablement, on retombe malgré tout dans le même rêve en mode auto reverse. Il faut avouer qu’un état de crève ou une quelconque fièvre est souvent le prémisse à ce genre d’aventures. Je ne parle pas ici des rêves sans fin comme monter un escalator sans en voir le bout. Je parle de cette sensation de lutter toute la nuit contre une solution qui n’arrive jamais.
La plupart du temps, cela arrive quand on a passé trop de temps à se prendre la tête sur un problème ou focalisé trop longtemps sur une tâche répétitive. Plus jeune, quand je jouais à Tetris sur la Gameboy trop longtemps, je passais une partie de la nuit à continuer à faire des lignes en rêve. Une autre fois, j’avais vu Picsou sauter sur sa canne toute la nuit à avoir trop joué à Duck Tales. Autre rêve stressant : être bloqué dans un centre commercial et chercher en vain la sortie de rayons en rayons, de boutiques en boutiques. Et encore, dans ce dernier cas, le rêve est au moins émaillé de rencontres diverses et de rebondissements inattendus.
Mais hier soir, j’ai fait le rêve le plus usant, le plus geek, le plus inintéressant et le plus stressant qu’il m’ait été de faire. J’ai passé la nuit à voir défiler devant mes yeux, des pages de forums informatiques sautant de l’une à l’autre par liens hypertextes cherchant je ne sais quoi. Il faut dire que j’avais abusé de cette activité dans la journée mais de là à continuer en mode veille. Au final, j’ai faire des roulis toute une partie de la nuit, me réveiller la tête dans le pâté plus d’une fois.
Le plus frustrant est surtout de ne plus me souvenir ce que je cherchais !!!! Et le navigateur de mon cerveau n’a conservé aucun historique





Pas de considération philosophiques ce matin. Aucune considération matinale sur la route.
C’était dans les années 80. J’étais abonné depuis plusieurs années au journal Spirou. Il y avait un auteur que j’appréciais particulièrement : c’était Frank avec son personnage Broussaille. L’écologie était à ses balbutiements et n’avait pas envahie avec toute son hypocrisie notre société (j’entends par là que tout le monde en parle mais ne fais rien). Les histoires étaient fraiches, poétiques et engagées. C’est un personnage qui a gagné en maturité en même temps que je grandissais. Nous prenions ensemble conscience de la dureté du monde qui nous entouraient tout en essayant de ne pas renier ce que nous pensions juste. Et c’est certainement ce qui a fait de moi un éternel rêveur sous le vilain cynique que je suis. Il a exercé une influence discrète mais néanmoins efficace sur ma perception du monde, et sur cette délicatesse utilisation de l’évasion pour échapper à la grisaille du quotidien. Je me rends compte à postériori combien ces histoires sont à mettre au même niveau que les films de Miyazaki.